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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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INSALUBRE?.

INSALUBRES.

.Yo ir animal, sel ammoniac. — D’après Darcet , leslubriques de noir animal et celles de sel ammoniac nesont autorisées que sous condition.

4° De placer leurs fourneaux au centre d’une pro-priété de grande étendue, et de ne jamais les adosserà des maisons ou h des propriétés voisines.

2° Do n’employer que des fourneaux fumivores etqui brûlent même les vapeurs produites parla distilla-tion des os, en les faisant passer sur un foyer d’ap-pel.

Quelques soins que l’on prenne, la fabrication dusel ammoniac est accompagnée de quelques vapeursammoniacales et cmpyreumatiqnes qui se font sentirassez loin, mais qui n’ont rien de dangereux pour lasanté des hommes, ni pour les cultures ou les arbres.

Ces fabriques sont ordinairement éloignées des villesainsi que des villages, et maintenues isolées.

N° 5. Assainissement des ateliers d’affinaged’or et d’argent.

L’assainissement des ateliers d’affinage, l’une desindustries les plus dangereuses pour les industriels quil’exercent, pour les ouvriers et pour les voisins, est dûtout entier à Darcct, qui a aussi rédigé des instructionsofficielles sur cet assainissement.

Le bel et vaste atelier de MM. Toisât, Saint-Andréet O - , est le premier où ces procédés complets d’assai-nissement aient été appliqués, et il est impossible auxvoisins de s’apercevoir qu’ils sont auprès d’un atelieroù des masses énormes de matières sont affinées cha-que jour.

L’affinage est l’art de traiter les matières d’or etd’argent, pour les séparer les unes des autres et desmétaux auxquels elles sont mélangées. Il consisteà former un alliage dans lequel entre une certaineproportion d’argent et de cuivre, proportion la plusfavorable à la complète séparation de l’or et de l’ar-gent. Ensuite on grenaille cet alliage que l’on a fondu,en le coulant rouge dans l’eau froide, pour le diviser etle rendre très-attaquable aux acides. On place cettegrenaille dans des chaudières de platine closes etmunies d’un chapiteau et d’un tuyau pour la sortie dosvapeurs. On y jette de l’acide sulfurique à 66°, quel’on a porté à un degré supérieur do concentration parune ébullition nouvelle. Cet acide dissout l’argent et lecuivre que l’alliage contient, et dégage de l’acide sul-fureux provenant de la décomposition de l’acide sulfu-rique par l’argent et le cuivre, et des vapeurs chargéesd’acide sulfurique. Tout l’argent et le cuivre sont dis-sous, et l’or que peut contenir l’alliage reste non dis-sous dans la chaudière, où on le traite une seconde foispar de l’acide nouveau.

Les chaudières de platine sont placées sous une hotteventilée par la cheminée générale de l’établissement,pour que les gaz et les vapeurs dégagés en ouvrantles cornues ne s’échappent pas dans l’atelier. Puis onlave l’or à l’eau, et on le met en masses compactes en lecomprimant à la presse hydraulique; on le fond enfindans des creusets réfractaires.

L’argent est séparé de la dissolution acide par ducuivre métallique; on le lave, on le comprime à lapresse hydraulique, et on le fond dans des creusets enfçr forgé ou en terre réfractaire.

Ainsi les vapeurs incommodes et dangereuses quecette industrie émet, et qui nuisaient gravement aux pro-priétés voisines, sont de l’acide sulfureux chargé d’unegrande quantité de vapeurs sulfuriques.

Le système créé par Darcet pour assainir le tra-vail de l’affinage consiste à condenser les vapeursacides en faisant passer les produits sortant des cornuesen platine dans de gros tuyaux en plomb, entourésd’eau, et dans cinq ou six grands tambours en charpentegarnis intérieurement en plomb, remplis à la partie

inférieure d'eau froide, qui passe d’un tambour à l’autre,en descendant et en sens contraire des gaz produits parla distillation.

Les gaz entrent dans chaque tambour par le haut eten sortent par le bas, à l’angle opposé, de manière àcontrarier les courants et à forcer les vapeurs, qui sonttoujours très-lourdes, à se condenser en passant surl’eau. Cette eau, chargée d'acide sulfurique, arrive à undegré de concentration assez fort dans les premierstambours, et on l’employé dans d’autres industries,comme la fabrication du sulfate de fer artificiel, le tra-vail des peaux, etc., etc.

L’acide sulfureux provenant de la décomposition del’acide sulfurique par les métaux dissous est ensuiteabsorbé par de l’hydrate de chaux placé dans unecaisse mue mécaniquement sur son axe, ou dans unecaisse munie de plusieurs grillages superposes recou-verts tous de chaux, comme les épurateurs à gaz.

Une cheminée de 55 mètres jette très-haut dansl’atmosphère les vapeurs, les gaz et la fumée du com-bustible brûlé.

Dans l'atelier de MM. Poisat et C®, il y a trois ouquatre tambours en plomb placés à la suite l’un de l’au-tre dans la cave qui est au-dessous de l’atelier. Làl’acidosulfureux, débarrassé de vapeurs acides, dans les tam-bours, vient se condenser sur l’hydrate de chaux;ce qui n’est pas condensé est conduit à une certainehauteur, dans la cheminée générale de l’atelier, qui leverse à 60 mètres de hauteur dans l’atmosphère, avecla fumée des fourneaux et les vapeurs acides échappéesaux chaudières de platine, pendant qu’on les remplit ouqu’on lave l’or qui y reste.

Au-dessus du fourneau des chaudières de platineest établie une hotte qui recouvre les chaudières etla table sur laquelle se fait leur charge et leur vi-dange, le lavage et le décantage de l’or qui y reste.Cette hotte est fermée en avant par trois tabliers mo-biles en tôle, manœuvres par des poulies et des contre-poids. Ces tabliers permettent de faire tout ce travailsans qu’aucune vapeur se répande au dehors, en rétré-cissant à volonté l’ouverture antérieure de lahotte, pouren activer le tirage.

La hotte est mise en communication avec la grandecheminée par un canal souterrain qui passe sous losol de l’atelier.

Le tirage déjà puissant d’une cheminée de 55 mètresde hauteur est encore activé par les chaudières d’éva-poration du sulfate de cuivre, montées au pied de lacheminée, et qui, avec tous les foyers si nombreux dol’usine, produit jusqu’au point le plus éloigné de l’appa-reil d’assainissement un appel si énergique, que jamaisaucune vapeur ne peut être versée dans l’atelier.

Pour manœuvrer l’appareil, on met en place leschaudières de platine avec leur charge de métal ; onréunit le col du chapiteau au tuyau général de plombOn abaisse presque entièrement les trappes en tôle, eton allume les fourneaux.

Un appel très-puissant est ainsi déterminé dans lahotte, et la dissolution des matières par l’acide a lieusans que rien se dégage au dehors.

Quant à la décomposition du sulfate d’argent et àl'évaporation du sulfate de cuivre, pour que ces opéra-tions se fassent sans inconvénients, il suffit de ne pastraiter ces dissolutions à une trop haute température,avant de les avoir amenées à l’état neutre, ce que l’onfait sans peine avec du carbonate ou de l’oxyde decuivre.

L’atelier de MM. Gftichard et Legendre, où Dar-cet neveu, créateur de l'affinage par l’acide sulfurique,réalisa avec avantage les nouveaux procédés trouvéspar lui en 4802, avait donné lieu à des plaintes de lapart des voisins.

J.-P. Darcet y établit un système d’appareils d’a3-