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assez grands et assez isolés des constructions voisinespour ne pas être un danger d’incendie ou une sourced’odeurs désagréables pour les voisins; les ateliers detravail du caoutchouc, et les étuves où l’on chauffe àune haute température les produits préparés avec lecaoutchouc, vulcanisé ou non, sont avec raison toujoursisolés des murs d’enceinte, par conséquent des pro-priétés qui les entourent.
N° 12. Fulminate de mercure.
Cette fabrication est très-dangereuse. Le conseil desalubrité de la Seine interdit le transport du fulminatehors de la fabrique où on le produit, avant qu’il ne soitconverti en amorces fulminantes, quoique quelques fa-bricants affirment qu’humide, il ne peut faire explosionni par le choc, ni par le contact d’un corps enflammé.Les fabriques doivent être aussi isolées de toute habi-tation. (Voy. Capsules.)
N° 13. Cuirs, toiles et cartons vernis; fanons
DE HALEINE.
Les inconvénients des premières fabriques sont desincendies fréquents et des odeurs désagréables, dont levoisinage souffre beaucoup.
Quant aux dernières : 1° les eaux de macération desfanons , qui se putréfient très-promptement, ne doiventpas avoir d’écoulement dans les ruisseaux de la rue,mais directement dans un égout ;
2° Des précautions doivent être prises pour jeter labuée de la chaudière de macération dans une cheminéeplus haute de 3 ou 4 mètres que les toits voisins.
3° On ne doit jamais non plus brûler sous cette chau-dière les résidus de la division et de la préparation desfanons.
4° Los fourneaux doivent être disposés comme ceuxde la fonte de suif, pour être parfaitement fumivores.
5° Les eaux de macération doivent être entièrementdésinfectées avant d’être jetées dans les égouts, ouportées à la rivière dans un tonneau clos.
Les industries principales qui travaillent la baleine,sont :
1° Les apîatisseurs : les fanons sont le plus souventaplatis et refendus dans le travail de macération;
2° Les fabricants de peignes ;
3°-Les ateliers de cuisson de fanons de baleine ;
D’après Darcet, l’eau de macération des fanons debaleine est alcaline et contient de l'ammoniaque. Par lerepos, il s’y fait un dépôt noir.
Le plâtre cru enlève son odeur et la clarifie en enprécipitant le noir; le plâtre cuit développe au contraireson odeur ; le chlorure de chaux filtré la désinfecte,mais employé à petite dose.
Cette industrie est rangée dans la troisièmo classe-(Ordonnance du 27 mai 1838.)
N°. 14. Galvanisation du fer.
Cette industrie, qui est encore récente, a déjà faitdes progrès depuis sa création, par M. Sorel.
Il est toujours très-facile d’assainir complètementce travail de la galvanisation, en y appliquant le sys-tème trouvé par Darcet pour les fabriques de fer-blanc,que nous donnons plus loin. Cette industrie sera un jourplacée dans la troisième classe, mais comme la galvani-sation est encore nouvcllo et recevra évidemment desperfectionnements importants, elle a été mise d’aborddans la deuxième classe des établissements insalubres,pour lui laisser le temps de se développer et de se con-stituer complètement.
INSALUBRES.
N° 15. Fabrication du tabac.
Des véritables influetices que le tabac peut avoir sur lasanté des ouvriers occupés aux différentes préparationsqu’on lui fait subir. — Fourneau fumivore pour brûlerles côtes de tabac.
Un travail très-complet et très-remarquable a étéfait sur cette grave question, par Darcet et Parent-Duchâtelet , en voici le résumé et les conclusions :
En récapitulant tout ce que les auteurs du mémoireont vu dans la fabrique de Paris et ce que rappellentdes observations semblables, faites dans les huit autresmanufactures de France , c’est-à-dire sur un nombrede 4,518 ouvriers, on voit :
1° Quedansla plupart des fabriques il est sans exemplequ’un individu ait été dans l’impossibilité de s’accoutu-mer aux émanations du tabac; qu’il n’y a guère que ladémolition des masses qui ait été nuisible à quelques-uns, et qu'en général ceux qui sont exposés à toutes lesémanations de cette substance, pendant un, deux outrois mois, n’en sont pas incommodés ;
2° Que si le travail du tabac laisse ceux qui le fontexposés à toutes les infirmités humaines, ce qu’ils ontde commun avec les autres classes de la société, livréesà des occupations qui n’ont aucune analogie avec celle-ci, c’est à tort qu’on la regarde comme la cause d’unemultitude de maux dont on trouve l’énumération dansles ouvrages de plusieurs auteurs qui ont écrit sur l’in-fluence des professions.
Tout ce qu'on a publié sur la fréquence des nausées,des vomissements, des diarrhées, des coliques, des hé-morragies chez les ràpeurs de tabac , peut être considérécomme une pure supposition ; il en est de même descéphalalgies,des sternutations, delà perte d’appétit, de lafétidité de l’haleine, des affections aiguës et chroniquesde la poitrine, des cancers et autres maladies sembla-bles; ce que disent les mêmes auteurs sur la décolora-tion de la peau des ouvriers employés au tabac, sur lateinte jaunâtre de leur faciès, sur leur maigreur et leurémaciation, prouve qu’ils n’ont pas observé par eux-mêmes, ou, du moins, qu’ils n’ont vu que les excep-tions à la règle générale; ils n’ont pas non plus miscette classe de la population en parallèle avec d’autresouvriers de la même ville, occupés à des travaux toutdifférents. Les auteurs de ces remarques se sont lon-guement étendus sur ce point important d’hygiènepublique, et ont multiplié les preuves ; la fabrique deParis leur en a fourni beaucoup.
Nous engageons donc ceux qui seraient curieux des’instruire par eux-mêmes à visiter les ateliers de lamanufacture du Gros-Caillou, pour se procurer en peude temps une conviction parfaite.
3° Loin de déterminer chez ceux qui le préparentla mort et le narcotisme, comme le disent quelquesauteurs, et comme le croient encore beaucoup de per-sonnes, le travail du tabac n’a aucune influence sur leur. système nerveux, et les vertiges, les syncopes, les trem-blements musculaires et autres maux semblables qu’onlui a reprochés n’ont jamais existé dans les manufac-tures, ou au moins ne peuvent pas leur être attribués.
Tout prouve donc que les accidents observés parPercy sur des soldats qui manœuvraient au Champ deMars, et dont il attribue la cause à du tabac contenudans leurs shakos, n’ont pas pu être déterminés parcette substance. Les faits que nous avons rapportés ledémontrent jusqu'à l’évidence. Une chaleur très-in-tense n’est-elle pas capable, à elle seule, de produire lasyncope, surtout lorsqu’on reste exposé à un soleil ar-dent, pendant tout le temps que durent des manœu-vres longues et fatigantes? Les exemples de syncopes,et même de morts subites, arrivées en pareilles circon-stances, sont trop nombreux pour que nous les rap-portions.