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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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IXSALUBKES.

INSALUBRES.

fie l’air dans l'atelier, et donnant un bon tirage dans lacheminée, avec son tuyau de fumée, qui montera ver-ticalement do 2 m , au moins, et qui aura un coude.

Pour que le tirage soit très-rapide sous le manteaude la forge, l'ouverture antérieure de celle-ci, où l'ou-vrier travaille, doit.être rétrécie par une cloison enplâtre, on par des châssis vitrés, s’ouvrant vertica -lement, avec des contre-poids et des rideaux qui serventh régler le tirage suivant le besoin, et à faire avec sécu-rité et commodément les opérations les plus dangereu-ses de la dorure sur bronze.

Nous donnons ici trois figures, tirées de la forge deLcnoir-Ravrio et qui représentent d’une manièreclaire les dispositions d’une forge de doreur complèteet parfaitement salubre.

On y voit les châssis vitrés, les contre-poid3 et lesrideaux de toile, le foyer .d'appel avec ses détails,portant le poêlon au mat, la forge où est allumé lecharbon de bois, le baquet à dérocher, et celui à trem-per les objets au mat. Une forge complète doit avoirau moins six divisions, séparées par des cloisons verti-cales, mais soumises au même appel de la cheminéegénérale et du foyer d’appel.

Le combustible placé sur la grille du foyer d’appelbrûle à flamme renversée. Nous n'entrerons pas dansle détail de la marche que doit suivre l’ouvrier dans sontravail ; on doit laisser toujours refroidir les pièces sousle manteau ventilé, et no passer à une autre opérationquo quand les pièces sont parfaitement refroidies, sousla hotte à ventiler.

Toutes les opérations accessoires auxquelles sontsoumises- ces pièces dorées sont faites avec les mêmesprécautions do salubrité quo celles dont nous avonsparlé. On a pensé qu’en supprimant le mercure du tra-vail de la dorure, on rendrait cette industrie salubre :c'est Une erronr, car les causes d’insakibrité do ce tra-vail, sont, en grande partie, indépendantes du mercure.D’ailleurs, tous les efforts faits pour dorer ù chaud sansmercure ont été tout à fait infructueux.

On doit insister beaucoup sur la nécessité, pour lesouvriers, de se laver avec soin en finissant leur travail,et de ne jamais manger dans l’atelier; avec ces soins,l’industrie de la dorure au mercuro sera parfaitementsalubre. Les eaux acides du dérochagedétruiraient bienvite les égouts et la voie publique, on doit les satureravec de la craie, avant de le laisser couler au dehors.

La dorure au trempage, employée pour les bijoux decuivre, so fait en les plongeant parfaitement décapés,dérochés et avivés, dan9 une dissolution bouillante dechlorure d’or, dans un carbonate alcalin ; au bout d'unedemi-minute, ils ont pris ce qu’ils peuvent prendred’or.

Les mesures prescrites par le conseil do salubrité deParis , sur le rapport de Darcct, sont :

1° De rétrécir le plus possible l’ouverture do chaquefoyer, sans gêner le tou ail.

2° De donner û la cheminée 2 m , nu moins, au-des-sus du faîtage des maisons voisines.

3° De faire établir un bon lover d’appel dans chaqueforge, et un bon vasistas ùsoufflet dans l’atelier.

4® D’avoir dans l’atelier un flacon d’ammoniaque, encas d’accident causé par des vapeurs nitreuses et ducarbonate do chaux, pour saturer de suite les eaux aci-des. Les établissements des doreurs sur métaux sontrangés dans la troisième classe.

Assainissement de ïa dorure par la voie humide et par leprocédé galvanique. — Ces procédés ont donné desproduits do dorure si économiques et si abondants,qu’ils ont envahi en partie l’ancien travail au mer-cure, mais sans le remplacer entièrement.

1 3Iémoirct de Parcel, tome r r , chez Lacroix et Baudrv.libraire-éditeur.

On avait espéré que la dorure, par la voie humide,rendrait cette industrie tout à fait salubre.

Les vapeurs nitreuses dégagées dans le dérochagcdes pièces, au milieu d’une fabrication excessivementactive, ont été plus dangereuses encore que celles dumercure.

Dans un rapport fait au préfet de police, en 1842,'sur l’assainissement des ateliers do dorure par la voiehumide, et en particulier celui de M. Klambert, Darcctconstate que les anciens ateliers de dorure au mercuroétaient rendus bien plus insalubres par les vapeurs aci-des provenant, soit du dérocliage, soit de l'applicationde l’amalgame sur le bronze, soit de la mise au mat,que par le contact du mercuro et do vapeurs mercu-rielles avec les organes des ouvriers.

Dans le procédé par la voie humide, l’ouvrier a nomseulement à recuire et à dérocher les pièces plus for-tement encoro que quand il met au mat, il doit opérertout à fait en grand avec l’eau régale, l’acide nitriqueet l’acide sulfurique, pour dissoudre For, le platine etl’argeut.

Les ateliers do dorure par la voie humide sont doncbien plus insalubres que ceux au mercure, et l’altéra-tion rapide de la santé, la mort même, résultat néces-saire do la respiration des vapeurs acides dans un petitatelier où se fait une immense fabrication, sont bien plu»graves qu'nn accident paT le mercure, toujours guéripromptement. Les beaux services rendus par ltavrioaux ouvriers doreurs conservent donc toute leur ac-tualité , car tout cc qui a été fait pouf assainir les ate-liers do dorure au mercure doit êtro fait, à plus forteraison, pour ceux par la voie humide; mais les dispo-sitions, si utiles pour les premiers, suffiront largementpour rendre les autres ateliers parfaitement salubres,et pour préserver entièrement les voisins des dangerset des incommodités d’un pareil atelier.

En conséquence, sur la proposition de Darcet, il aété arrêté, par le conseil de salubrité de Paris , quetontes les dispositions d’assainissement prescrites pourles ateliers de doreur ou mercure seraient exigée»aussi pour les ateliers par la voie humide.

Forge salubre. — Les figures 3033, 3034 et 3035 re-présentent la forge assainie de Lenoir Ravrio.

Fig. 3633. Elévation générale de la forge de doreurvue de faco.

A. l'orge à recuire.

‘ B. Baquet à dérocher.

; C. Forge à passer ; on y volatilise toutle mercure quia servi à dorer.

D. Forge où l’on met au mat les pièces dorées; euenlevant la plaquo de fonte qui sépare ces deux der-nières forges, on a le moyen de pouvoir dorer sansdanger de très-grandes pièces.

E. Tonneau dans lequel se trempent les objets misau mat.

II. Forge où l’on fait sécher les pièces de bronze do-rées, lorsqu’elles sont achevées et lavées avec soin.

G. Cases réservées sous la forge adorer pour y met-tre en magasin du charbon de bois, ou tout autre objet.

Des rideaux servent à fermer, en tout ou en partie,l’ouverture do la forge à recuire, la niche où sc trouveplacé le tonneau au mat, et la forgo ù sécher. Deschâssis vitrés sont destinés ù rétrécir, par le haut, l'ou-verture de la forge et la forge ù sécher ; les rideauxservent à couvrir le reste de l’ouverture de ces foyers.

La figure 3035 représente une coupe verticale dufourneau d’appel placé au milieu. On voit que le char-bon placé en A brûle ù flamme renversée, comme dansles alandiers des fours à porcelaine, tandis que le bois,le coke ou le charbon de terre, se brûlent sur les grillespar le procédé ordinaire. Les gaz produits par la com-bustion de ces deux grilles se réunissent dans le pas-sage voûte et sc rendent dans la cheminée du fourneau