370
INSALUBRES.
INSALUBRES.
famille qui occupait un logement où se trouvait unn-H-lc, communiquant par son tuyau avec la cheminéeilu doreur. C”c*>t encore ici l'action de la cheminée desmalades, qui appelait, par le tuyau de poêle, dans toutl'appartement le mercure en vapeur.
En résumé, Darcet a montré que pour des assainisse-ments de ce genre, il faut bien choisir l’endroit où l’on[.rend l’air pur dostiné ù alimenter les cheminées d'ap-partement. Car si l’on no fournit pas à cos cheminées del'air pur eu quantité suili.-ante,elles en prennent dans deslieux infects, comme des tuyaux de descente des lieux,des cours malsaines, des cheminées voisines, ou bienelles fumeront. La moindre ventilation, qu’elle s’opèresoit par en haut soit par en bas, suffit pour assainir unappartement. On a assaini ainsi une loge d’acteur, enla faisant communiquer par un tuyau de fer-blanc de4 cent, avec l’appel du lustre de la salle. Un calorifèreplacé dans la cave amenait dans la loge, de l’air chauden hiver et frais en été.
Huitième observation .— Un ouvrier en casquettes, safemme, son enfant et une jeune ouvrière étaient tousquatre malades, avec les gencives et les lèvres fortementenflées ; la lèvre supérieure touchait aq.ncz et la tètede la femme était enflée aussi. L’enfant'était le plusmalade.
Le médecin, qui crut trouver là les effets des émana-tions mercurielles, reconnut qu’à l’étage inférieur tra-vaillait un doreur sur métaux qui employait beaucoupde mercure dans son travail. Darcet , le lendemain, vi-sita les malades avec le médecin. L'enfant avait déjàperdu quatre dents. Le logement se composait d’unechambre avec fenêtre ouvrant sur une cour; au milieuun poêle, dont le tuyau donnait dans un coffre decheminée. L’air de la chambre était lourd et infectépar les peaux employées au travail des casquettes.
L’atelier du doreur avait des fourneaux bien faits,avec un excellent tirage. Le conduit de cheminée étaitcelui même où donnait le tuyau de poêle. La cause dola maladie était évidente, le doreur mettait sur scs four,neaux des marchandises combinées avec le mercure.Le mercure volatilisé se condensait dans le coflVc, tom-bait dans le tuyau de poêle, et, volatilisé de nouveaupar le feu, se répandait dans la chambre, où il causaitces dangereux effets. Un morceau d'or fin frotté contreles parois du poêle s’est blanchi de suite, par la pré -senee du mercure.
On fit démonter le poêle et bouclier le trou donnantdans la cheminée du doreur.
• Neuvième observation. — Un doreur sur cuivre pourbroderies habitait depuis quatre ans une maison très-peuplée, avec sa femme, deux enfant9, une bonneet un ouvrier; une petite cuisine lui servait d’atelier,mais le tirage de ses fourneaux, bien construits, em-portait au dehors toutes les vapeurs dangereuses. Per-sonne n’avait été malade chez lui ni dans les étages infé-rieurs et supérieurs. Le logement au-dessus avait changéplusieurs fois delocataircs, sans plaintes. La cheminée del’atelier était accolée aux cheminées de la maison etperdue dans les murs. En novembre, une famille dequatre personnes occupa le logement vide, et au boutde huit jours tous étaient gravement malades.
Abondante salivation, gonflement affreux des gen-cives et de la bouche, l’enfant perdit plusieurs dents.Ces symptômes indiquaient l'action des vapeurs mercu-rielles. Mais par où arrivaient-elles dans le logementsans atteindre personne chez le doreur? Des crevassesqui venaient de se produire laissaient passer les vapeursmercurielles du coffre de la cheminée du doreur dansle logement, sous l'appel de la cheminée de la chambreoù l'on faisait du feu à l'entrée de l'hiver.
La fermeture hermétique de ces crevasses supprimatout le mal.
Dijtème observation. — Navire infecté par le mercure.L’exemple le plus remarquable des dangereux effetsdes vapeurs mercurielles est dans les accidents arrivésà l’équipage du vaisseau de ligne britannique le Triom-phe. A la suite d'un orage qui, en 1810, avait jeté à lacôte un bâtiment espagnol chargé de mercure pour lescolonies, le Triomphe reçut à bord 130 tonneaux demercure. La plupart des boites qui le contenaient furentmises dans la soute au pain, où le mercure se versa, cequi occasionna de graves maladies à un grand nombred’hommes de l’équipage, à des munitionnaircs et à desofficiers. Ulcères à la bouche, paralysie partielle ducorps. Deux cents personnes furent atteintes en troissemaines. On fit promptement décharger du Triomphele mercure et les munitions, même le lest, et on lavaavec soin partout.
Malgré ces soins, un grand nombre d’hommes furentattaqués de nouveau de maladies, dans le retour à Cadix et en Angleterre.
Le navire ayant marché quelque temps vent enpoupe, on laissait les sabords ouverts, et l’équipage setint le plus possible sur le pont, ce qui diminua beaucouple nombre des malades. Quelques hommes devinrentphthisiques. Un autre mourut de salivation et d’ul •cères gangrenés à la bouche.
La cause de ces graves accidents est la vapeur dumercure, qui avait pénétré dans les bois, malgré leslavages répétés.
Séchage des bâtiments et des murs. — L’humidité desbâtiments neufs, ou établis dans de mauvaises condi-tions de salubrité, de sécheresse, ou sans caves, estune question très-importante pour la santé des per-sonnes qui les habitent, et pour la conservation desboiseries, des peintures et des papiers de tenture. Dansdes constructions faites sans que l’on ait pris des pré-cautions suffisantes contre l’invasion de l’humidité,venant d’un sol trop humide ou pénétré de sources,ou dans des constructions occupées trop tôt, outre ladestruction des papiers et peintures, la santé des habi-tants est rapidement compromise ; ils sont perclus dedouleurs rhumatismales ou de rhumatismes aigus.
Dans les constructions publiques, pour s’assurercontre toute invasion de l’humidité venant du sol, lesarchitectes habiles étendent, sous toute la construction,une nappe non interrompue de matière imperméable àl'eau.
C’est ainsi que M. Gilbert aîné de l’Institut, a misà la maison Mazas, sous toutes les parties intérieuresaux murs, une couche continue de bitume de 3 centi-mètres, et sous les murs, une feuille de plomb reliéeavec soin au bitume. Le bitume aurait été écrasé parla charge des murs.
Un bon bétonnage et l'exhaussement de la construc-tion au-dessus du sol donnent aussi de très-bons résul-tats.
Darcet a trouvé un enduit hydrofuge, que nousavons donné dans le I er volume de ses Mémoircs y et quiest composé de :
1 partie de cire ’ ;
3 parties huile cuite avec -^de son poids de litharge.
Cet enduit, appliqué à plusieurs couches et à chaud,sur les murs, les protège de la manière la plus com-plète contre toute pénétration de l'eau ou de l'humi-dité extérieure, sous condition que les murs serontséchés à fond d’avance. C’est avec cet enduit queDarcet et Thénard ont fait préparer et enduire la cou-pole du Panthéon pour recevoir les peintures de Gros.Jamais trace de pluie ou d’humidité n’est venue al-térer depuis ces magnifiques peintures.
Drainage des ateliers. — Nous avons fait employer