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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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MACHINES A VAPEUR.

MACHINES A VAPEUR.

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faire mouvoir l'hélice d’un bateau à vapeur de 80 che-vaux de force.

Le grand Watt avait fixé un instant son attentionsur la question des machines rotatives, et avait aus-sitôt imaginé le type, d’où sont nées bien des pompesrotatives, dont la plupart des machines inventées de-puis n’ont été et ne pouvaient être que des répéti-tions. Elle consiste en un piston à section rectangu-laire tournant autour de l’axe horizontal d’un cylindre,et pressé d’un coté par la vapeur, tandis que l’autreface est en communication avec l’air ou le condenseur.Ces deux zones différentes ne peuvent exister et la va-peur prendre de point d’appui pour pousser le piston,que par l’effet d’un plan s’appuyant sur l’axe et fer-mant le cylindre, plan qui, mobile, rentre dans une ca-vité disposée à cet effet quand le piston va le rencon-trer, ù moins que ce ne soit le piston lui-même quivienne s’appliquer sur le cylindre à la rencontre d’unecloison fixe, comme on l’a encore proposé.

Watt reconnut bien vite l’impossibilité d'appliquerce système ù de grandes forces, la difficulté d’cmpêcherle plan de fermeture de laisser passer la vapeur direc-tement au condenseur, et cessa de s’occuper d'unemachine si inférieure ù la machine à piston cylindriquesi bien disposée pour obtenir de bonnes garnitures dopiston, utiliser la détente, otc. La différence des che-mins parcourus par les divers points du piston diamé-tral et par suite d’usure ne peut permettre évidem-ment d'obtenir des garnitures comparables à celles dupiston de la pompe cylindrique, pour lequel l’usure estla même en tous les points.

Machine Pecqueur. —La machine rotative de M. Pcc-queur, dont nous donnons une coupe horizontale(lig. 36-i3), peut être considérée comme réalisant lemieux possible les conditions de bon travail delà ma-chine précédente, par l’emploi de dispositions excel-lentes pour de petites machines. C’est en effet dans lesateliers de pasi-omentcric, de fabrication d’articles deParis, qu’elle a trouvé et devait trouver ses meilleursdébouchés.

L’idée qui paraît avoir présidé Ma forme qu’on a don-née à son piston (celle d’un double cœur très-élargi)semble avoir été d’éviter les angles dans lesquels il estdifficile d’obtenir uns obturation complète. Le piston adonc la forme d’un cœur très-évasé, dont la pointe esccoupée, et qui est fixé, par cette section, sur un arbrecreux dans la partie comprise entre deux pièces nom-mées bouchons, parce qu’en effet ils servent à fermer lamachine ; mais ils ont une autre fonction. L’un d’eux eston même temps un véritable prolongement de la boîte àvapeur,avec laquelle il communique; un autre est con-stamment en communication avec l’échappement, et celadans les conditions convenables, par l’effet du jeu d'untiroir semblable aux tiroirs ordinaires, dont nous par-lons plus loin. La partie de l’arbre qui tourne dansces bouchons est percée de deux ouvertures dont l’une,celle de l’admission, va communiquer derrière le pis-ton, et dont l’autre, celle de l’échappement, va com-muniquer devant le piston. C'est par le vide pratiquédans l’arbre que cette communication a lieu ; un dia-phragme, placé dans ce vide, sépare la vapeur qui ar-rive de la vapeur qui s’échappe. Quant à la boîte àvapeur, elle est percée de trois lumières, dont une estconstamment en communication avec l’échappementpar le tiroir, et dont l’autre n’est momentanémentfermée par le recouvrement que pour produire la dé-tente, car si l’on veut marcher sans détente, le des-sous du piston reste constamment en communicationavec la chaudière. Si l’on déplace le tiroir de manièreque la lumière que nous venons do supposer être celled’admission soit mise en communication avec l’échap-pement, il en résulte tout naturellement un change-ment de marche instantané.

Les autres pièces essentielles de cette machine sont

deux palettes horizontales, et placées dansle même plan,qui pénètrent dans la hoîte où se meut le piston de ma-nière à pouvoir séparer cette boite en deux parties égales.Au moyen d'un système do cadres, ces palettes sont

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mises en mouvement par un excentrique qui, pendantune demi-révolution, n’agit que sur l’une d’elles et laissel'autre fixe. Le mouvement imprimé à celle qui se meutest unmouvement de retraite du dedans en dehors, mou-vement calculé de telle sorte qu’au moment où le pis-ton va passer, la palette est au point le plus éloigné dosa course, et qu’aussitût que ce passage a eu lieu, unressort la ramène brusquement de manière à produireune obturation complète. A cet instant, mais à cet in-stant seulement, les deux palettes sont fermées ; caraussitôt l’excentrique agit sur la palette qui précédem-ment était fixe, et lui imprime le mouvement de de-dans en dehors qui la fait s’éloigner successivement dol’arbre.

Le jeu de la machine est maintenant facile ù com-prendre. Aussitôt que le piston a dépassé la palettearrivée à son maximum d’éloignement, celle-ci sorapproche brusquement et vient servir d'appui, de fondde cylindre, si l’on veut, Ma vapeur qui se dégage in-cessamment derrière le piston pour le pousser. Commel’autre palette a, au même instant, par le mouvementqu’elle reçoit de l’excentrique, commencé à s’éloignerde l'arbre, tout l’espace autre que celui compris entrola palette maintenant fixe et le piston est en commu-nication avec l’échappement. Quand la demi-révolu-tion est terminée, il se passe exactement la mêmechose, seulement le rôle des deux palettes est inter-