Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
390
JPEG-Download
 

390

MACHINES-OUTILS.

MACHINES-OUTILS .

travail par des procédés pjiremcnt mécaniques. C’est à jSoho, dans l’atelier de J. Watt, quia mérité peut-êtreautant de la postérité comme ingénieur constructeurque comme inventeur, seul titre qui lui soit généra-lement reconnu, qu’il faudrait aller chercher le typeprimitif et la réalisation ch grand de ces belles et puis-santes machines-outils à aléser, forer, tourner le fer etla fonte. C’est de là qu’elles se répandirent peu detemps après dans les ateliers des Rennie, des Woolf,des Maudslay, des Stcphenson, etc., dont les travauxhonorèrent et enrichirent l’Angleterre pendant que laFrance et l’Europe presque entière étaient plongéesdans les horreurs de la guerre.

1° Machines à raboter, à planer. — Nous compléte-rons les articles kaüot et mkcaniqi'h géom. , oùnous avons déjà parlé de ces machines, en donnant icile dessin d’une petite machine mue à bras, où le mou-vement du plateau porte-pièce est imprimé à l’aided’une manivelle qui fait tourner une longue vis fixéeau bâti et traversant un écrou fixé au porte-pièce.C’est aussi à l’aide de petites manivelles et de vis quel’on donne au ciseau les mouvements intermittents,soit de déplacement latéral, soit de descente aprèschaque passe (fig. 36bt).

La vis à filet carré a été conservée par Whitworth,

deux outils à retournement automatique dans un four-reau très-solide, dont la fig. 3652 montre la disposition.Le burin est assujetti à l’aide de vis dans un cylindreA, qui lui-même est ajusté à frottement doux dans uncylindre i’>, faisant partie du porte-outil de la machine.La partie supérieure du cylindre A porte une rainurehélicoïdale qui coupe toutes les génératrices situéesd’un même coté d’un plan diamétral. Le cylindre J>porte une rainure verticale e, et une barre C porte unepartie repliée en équerre qui traverse cette rainure etentre dans la rainure hélicoïdale de A. Le mouvementrectiligne alternatif de cette barre fait, à chaque os-cillation, tourner le cylindre porte-outil exactementd'un demi-tour par suite do la longueur convenable dela rainure hélicoïdale.

Le mouvement est donné au commencement et à lafin de chaque course du chariot par un embrayageà double effet mis en jeu par des taquets adaptés auxparties glissantes , c’est-à-dire au moyen d’une com-binaison de cordelles sans fin et de poulies de renvoifort ingénieuse, mais aussi passablement compliquée,et qui empêchera peut être de l’adopter généralement,malgré la suppression des temps perdus et la diminu-tion des frottements.

A bien prendre, dit M. Poncelet après avoir rendu

3651,

le célèbre constructeur anglais de machines-outils,pour ses plus grandes machines, y trouvant une grandedouceur et une grande régularité, et il a cherché àfaire disparaître le grand inconvénient de ce système,le frottement considérable de la vis dans son écrou. Acet effet, il supprime ce dernier et fait agir la vis surdeux petites roues verticales établies sous une entre-toise, et que l’auteur nomme rouesantifriction , parce que leurs rebordsdentelés, en s’engageant dans lesintervalles des filets de la via dontelles reçoivent la pression longitu-dinale, parallèle et motrice du cha-riot, sont tellement tracés et dispo-sés, que, sons la simple action tan-gcntielle du frottement des dents,ces roues peuvent tourner librementautour de leurs axes respectifs parlesquels le chariot est poussé, lelong de ses glissières latérales, demanière à réduire ainsi, dans uneénorme proportion, la dépense de travail qu’entraîne-rait le frottement direct et tangentiel des filets.

La grande machine à planer de Whitworth possède

pleine justice aux excellentes constructions anglaisesde machines-outils que nous montrait l’exposition deLondres , les grandes planeuses à outil mobile imagi-nées par M. de Lamorinière, exécutées, perfectionnéespar des artistes aus-i habiles que MM. Pihet, Cave,Decoster , (alla et autres mécaniciens français distin-gués, ne paraissent pas devoir le céder aux machinesanalogues, mais à outils fixes, auxquelles, sans doute,les constructeurs anglais ne continueront pas long-temps à donner une préférence exclusive. Si ce systèmedonne plus de sécurité pour l’excellence du travailquand il s'agit de pièces d un poids modéré, il n'estplus soutenable quand il s’agit de pièces de dimensionset de poids énormes, de machines de très-grande tailledans lesquelles le porte-outil étant d’un poids considéra-ble, ne peut nullement par suite être déplacé par la ré-sistance du rabotage.

Dans la plupart des machines à planer, l’outil estsimplement assemblé à charnières sur le devant dubâti, contre lequel il s’appuie quand la pièce à tra-vailler le rencontre et qui ne l’empêche pas de se re-lever lorsqu’au contraire celle-ci s’éloigne. Le granddéfaut de ce système est que l’on pcid la moitié dutemps pendant lequel la machine est en mouvement.

3652.