Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
395
JPEG-Download
 

MARCHE.

MEXUISERIE-ÜBÊNISTERIE.

3115

«lui se rapportât au mouvement circulaire continu ,mouvement capital dans les machines et impossibledans les corps organisés (si ce n’est peut-être desmoyens de diminuer les frottements des axes de rota-tion rendus si minimes dans les corps vivants ), maispour ce qui est des leviers et combinaisons de leviersarticulés les uns aux autres, on y trouve des modèlesvariés à l'infini. Nous en indiquerons un cas particu-lier en analysant la marche chez l’homme.

La fig. 3661, représentant la position de l’hommeau départ : m étant le cen-tre de gravité, m’le fémur,

»n” le tibia : ces os, commeceux du pied, sont articulésautour des centres de ro-tation O, P, Q.

Le mouvement de cesleviers est produit par latraction des muscles quileur sontattachés. En se re-dressant, ils élèvent le cen-tre de gravité,, et cela assezlentement dans le cas dela marche. Le corps, étantreporté sur la jambe gau-che, par exemple, par l’ac-tion du pied droit, la jambedroite devient libre et seporte en avant. La mêmeaction est répétée sur l’autre pied, et la progression seproduit.

Un curieux résultat des recherches de M. Weber,physicien allemand fort distingué, c’est que le mem •bre inférieur tend à osciller autour de l’articula-tion O comme un pendule, que la durée de l’oscillationnaturelle peut se déterminer d’après la loi du pendulepesant, et que par suite, le pas de marche, qui cause lemoins de fatigue, bien moins qu’une vitesse inférieureà celle qui correspond à ce seul mouvement pendulaire,est uniquement en raison de la longueur et du poidsde ces membres.

Il en résulte que pour des hommes ne différant quepar la grandeur des dimensions respectives de leurcorps, tout étant égal d’ailleurs, le pas du plus grandembrassera une étendue plus grande, mais le cheminparcouru ne sera pas pour cela plus considérable , caren même temps la durée de chaque oscillation sera plusgrande; par suite, le nombre des pas dans un tempsdonné sera moindre.

Ce qui précède fait bien comprendre le peu de tra-vail que consomme la marche en terrain horizontal ; ilse réduit presque aux frottements des articulations siparfaites, le centre de gravité du corps ne sc dépla-çant pas sensiblement, n’éprouvant que des balance-ments insensibles, et qui ne consomment pas de travailà cause de l’élasticité des supports. Nous supposons,bien entendu, qu’il s’agit d’un terrain incompressible,car il y aurait à ajouter sur un terrain mou, sur laneige, tout celui employé à la compression du sol.

Nous avons supposé que l’action moléculaire quiproduit le redressement des leviers se faisait assez len-tement dans la marche pour ne pas imprimer au corpsune vitesse sensible. S’il en est autrement, si l’effetest brusque et est aidé par le mouvement articulairedu pied qui s’appuie sur le sol, on a le saut. La vitesseacquise par le haut du corps entraîne la séparationmomentanée du sol et du corps ; la partie supérieure enmouvement rappelant à elle les extrémités inférieures.

Chez les quadrupèdes, ce sont les jambes posté-rieures toujours bien plus longues, si on les supposeallongées en ligne droite, que les membres antérieurs,qui projettent en avant la masse du corps pour le sautou la marche. La disproportion devient considérable

dans les races exercées à lu marche rapide ou au saut,comme celle des chevaux de course. Les membres pos-térieurs subsistent presque seuls avec un développement considérable chez les animaux sauteurs tel quele kangourou.

SÏENUISEKIE-ÉBÊNISTEIÎIE. Le travail du boisest fait en général par des artisans dans de petitsateliers, et comme il s’exerce sur une substance qui.doit être prise en masses proportionnées à la pièce hfabriquer, et nécessite souvent l'attention de l’ouvrierpour tirer parti d’une pièce de bois strictement suffi-sante, avec des précautions couvcnablcs, on comprendfacilement comment les machines ont été peu appli-quées au travail du bois.

Dans des cas où il s’agit de fabriquer un grand nom -bre de pièces semblables, quelques belles industries biencomplètes ont été fondées sur le travail mécanique dubois. Je citerai d’abord la fabrication des poulies parM. Brunei , le modèle déjà ancien de l’organisation coin •plète d’une industrie de cette nature rendue entièrementmécanique ; dans ces dernières années, la fabrication de?»roues de voiture à la mécanique a été également orga-nisée très-parfaitement par M. Philippe, dont nousavons décrit les scieries. C’est, en effet, le perfection-nement de ce mode si rapide de travailler le bois quia permis surtout de rendre ces diverses fabricationspresque entièrement automatiques; c’est^surtout l’em-ploi delà scie circulaire de Brunei , si facilement con-duite et guidée sur un chariot, qui a permis de prati-quer avec rapidité des sillons parallèles. Nous donnonsà scie le dernier perfectionnement de la scie , l’inven-tion de la scie continue, qui, n’ayant qu’une largeur1 minime, et mue avec une grande vitesse, est parfaite-j ment propre à obtenir à très-bon marché une foule dei formes à génératrice rectiligne que réclame l’ébénis-terie.

Un mode de travail du bois, qui utilise très-bien letravail mécanique et a réduit le prix de fabricationdes parquets et produits analogues, c’est la dispositioncirculaire du fer du rabot, le rabot circulaire.

Le rabot, qui a évidemment donné l’idée de la ma-chine à raboter les métaux, est peu propre à être mûmécaniquement. Si on ne cherche pus à travailler plusrapidement qu’à la main, si l’on ne donne pas plus defer, il est plus simple de laisser à l’ouvrier le soin depousser le rabot que de l’employer à surveiller tinemachine; si l’on donne plus de fer, celui-ci pénètredans les fibres du bois et le fait éclater. Ces inconvé-nients sont évités, et la machine réduite à une grandesimplicité, si l’on dispose les fers de rabot autour d’unaxe .tournant, que l’on peut approcher ou éloigner dela surface adresser, tout en lui conservant un mouve-ment rapide de rotation. On peut ainsi enlever le boisrapidement, et par la nature de son mouvement le forne saurait s’engager dans ses fibres et le faire éclater.

Les machines à percer, à mortaiser peuvent s’éta-blir pour le bois comme pour le fer, et ou a vu à l'Ex-position de 1855 les machines de l’usine de Graffensta-den, construites avec la même solidité que les machines-outils ordinaires, qui travaillaient le bois avec unerapidité et une netteté remarquables.

Il est clair toutefois que les machines ainsi construi-tes ont un excès de solidité pour le travail du bois,ce qui se traduit par une exagération de prix qui lesempêche de pénétrer dans les ateliers de peu d’impor-tance, qui seront toujours les plus nombreux pour letravail du bois. Pour la plupart des pièces, pour lesbalanciers, les bâtis, etc., la fonte peut parfaitement1 être remplacée par le bois , et c’est ce qui se fait avec, grand succès,i

I Machine à débiter le bois de placarje de M. Garand.I — Couper le-> bois en plaque* minces par procédés