MOISSONNEUSE.
chOmagcs qui ralentissent considérablement la pro-duction, quand on vise h obtenir des feuilles nette-ment tranchées et d’une épaisseur uniforme dans touteleur étendue ; ce qui suppose des ouvriers aussi intel-ligents qu’attentifs, outre un biseau d’acier très-aigu,non cassant et néanmoins assez fortement épaulé pourrésister dans toute sa longueur à l’inégalité d’action desfibres du bois.
Dans le fait, le système par déroulement, malgrél’avantage de la rapidité, ne parait pas destiné à rem-placer complètement, pour certains bois, le débit parsections véritablement planes, lequel donne lieu à deseffets très-différents, souvent préférables et dépendantessentiellement de la disposition des nœuds ou desveines dans les diverses essences; mais, comme l’em-ploi des scies dentées entraîne forcément des déchetstrès-appréciables, on est revenu dans ces dernierstemps, avec une nouvelle ardeur, aux machines à tran-cher à plat, particulièrement favorables aux bois ron-ceux.
MOISSONNEUSE. Nous avons déjà indiqué, à l’ar-ticle économie agricole, la grande importance de lasubstitution du travail des machines mues par des che-vaux aux bras de l’homme dans les travaux agricoles,et notamment de la nouvelle espèce de machine dontnous voulons parler.
Bien des personnes croient que la solution du pro-blème de.la construction des moissonneuses est d’in-vention récente. L’histoire apprend que les Gaulois employèrent longtemps, pour opérer la récolte desblés qu’ils cultivaient, une moissonneuse qu'il faut re-garder comme curieuse pour l’époque où clic fut in •ventée. D’après la description qu’en a donnée Pline,cette machine était montée sur deux roues, et sa par-tie antérieure, aune hauteur de 1 mètre environ,étaitarmée d’une longue série de petites dents écartées etdestinées à couper les tiges du blé. C’était lorsque cettemoissonneuse était poussée par un bœuf contre le bléencore debout, que les tiges étaient coupées par lescisailles. Les épis, après cette opération, tombaientdans une caisse placée en arrière des parties tran-chantes.
Cette moissonneuse, très-appréciée dans la Gaule,très-commune, au rapport de Palladius , dans les plainesoù la paille n’était pas nécessaire à l’existence des ani-maux domestiques, dut être entièrement abandonnéele jour où l’agriculture reconnut qu’elle devait récol-ter la paille pour l’employer comme aliment ou commelitière. C’est ce qui eut lieu en effet.
Dix-huit siècles plus tard, elle fixa de nouveau l’at-tention des agriculteurs. Toutefois, ce ne furentplus lespeuples du midi de l’Europe qui la proclamèrent commeindispensable aux localités qui n’avaient plus les brasnécessaires pour exécuter promptement la moisson descéréales. Cette tâche devint la mission des agriculteursanglais , qui se trouvaient alors dans une position ana-logue à celle qui avait autrefois si vivement préoc-cupé les cultivateurs des plaines de la Gaule.
Smith de Deatson, et l’Écossais Bell, eurent le mé-rite d’apprécier les avantages que présente une mois-sonneuse bien construite, et d’avancer, par de premiersessais, la solution du problème.
Ee manque de bras, dont se plaignaient avec justeraison les Américains,-conduisit Mac-Cormick à per-fectionner la moissonneuse de Bell. Cette dernièremachine était poussée par les animaux contre le blé surpied, comme celle des Romains. La moissonneuse mo-difiée, métamorphosée avec tant de bonheur par Mac-Cormick, est au contraire traînée par deux chevaux.En outre, dans cette moissonneuse, les dents, en ferde lance, traînaient, pour ainsi dire, sur la couche ara-ble, afin de pouvoir couper les céréale aussi bas que
MOISSONNEUSE. 3!>7.
possible, et ménager par cette disposition toute lapaille.
Toute roue, dit le rapport du jury de 1855, qui e6ttraînée sur le sol de manière à y rouler autour de sonaxe est une machine sur laquelle peut être appliquéeune résistance égale à la force de traction. Que cetterésistance provienne d’un fardeau placé sur une voitureportée par la roue, qu’elle soit due à un organe méca-nique prenant son mouvement sur le même axe etchargé d’exécuter diverses fonctions, les conditionsd’équilibre sont les mêmes. De même qu’on ne peutplacer qu’une charge déterminée sur les essieux d’unevoiture, de même on ne pourra demander à la rouemotrice d’une machine à moissonner que des effortslimités.
Qu’on imagine, placée concentriquement à cetteroue motrice, une roue dentée venant s’engrener avecun pignon, on aura autour de l’axe de ce pignon unarbre de couche où on pourra venir prendre tous lesmouvements à exécuter pour obtenir le résultat de-mandé ; ces mouvements ont pour but de couper lamoisson, de la courber sur une plate-forme ou su\* unplan incliné de manière à ce qu’elle y tombe par sonpoids, de former et de rejeter la javelle sur le sol à côtéde la machine.
Les tiges des plantes sont coupées par des scies sou-mises à un mouvement rectiligne de va-et-vient à tra-vers des guides convenables, ayant en général la formede fer de lance, propres a réunir les tiges et à écarterles obstacles qui endommageraient les scies. La vitessedont est animé l’organe tranchant est, en général, la plusgrande dans les machines qui ont eu le plus de succès,et beaucoup moindre dans celles de MM. Crosskill,Laurent et Moody, toutes les trois construites en imi-tation de celle imaginée en 4818 par l’inventeur écos-sais Bell. On peut donc affirmer que l’idée d’augmen-ter la vitesse de l’appareil chargé de couper la mois-son a contribué à résoudre le problème posé ; c’est làun des perfectionnements dus à M. Mac-Cormick, dontl’invention date de 4 834. Le mouvement de va-et-vientest infiniméht supérieur, pour obtenir le résultat cher-ché, à un mouvement circulaire continu tel que celuique Smith (le Deaatson avait employé dans sa machinede 4808. Malgré la grande*vitesse dont il cherchait àdouer la scie dont il se servait, Smith n’avait qu’unemachine imparfaite, qui avait besoin d’être lancée pourfaire sa fonction et qui, par conséquent, s’engorgeaitau moindre obstacle. Il faut que les sécateurs, dansles machines à moissonner, aient une vitesse considé-rable, même lorsque la roue motrice ne marche quelentement. Sous ce rapport, il y a encore perfectionne-ment dans la machine de M. Mac-Cormick par rapport taux inventions antérieures.
C’est M. Bell qui a imaginé de prendre sur l’arbrede couche principal que nous avons indiqué un mou-vement nécessaire pour faire tourner l’appareil destinéà courber les tiges de la récolte à faucher. Cet appareilconsiste en un moulinet à ailes hélicoïdales qui s’enga-gent entre les tiges debout, et, en tournant, les inflé-chissent vers la plate-forme, sur laquelle elles tombenten vertu delà pesanteur, après avoir été coupées parle pied.
Il y a tantôt trente ans, lorsque M. Mac-Cormickeut fait ses premières machines, elles furent importéesen Europe . Dans les vastes domaines de quelques par-ties de l’Autriche , on les employa même avec succès,mais non régulièrement, parce qu’elles se dérangeaientfacilement; elles étaient comme une sorte de réponsetoute prête aux exigences des ouvriers moissonneurs,qui avaient vu qu’on pourrait, à la rigueur, se passerd’eux. Mais l’Amérique , qui, n’ayant pas de bras enquantité suffisante, était trop heureuse de faire samoisson, même imparfaitement, après avoir été pou-