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PAPIER.
PAPIER.
la céréaline et la réduit à l’inaction. Pour séparer leson abandonné par le gruau, on tamise le liquide et ons’en sert comme de levain pour faire la pâte avec lafarine de première qualité. Par ce moyen on simplifiela mouture, on laisse tomber en désuétude la sérieempirique du levain de chef, du levain de première,du levain de seconde, du levain de tout point, et l'onconvertit en pain blanc toute la substance assimilabledu grain , à l’exception de quatre ou cinq centièmesqui restent adhérents au son. Somme toute, cette mé-thode doit élever le rendement du blé en farine depremière marque de 70 à 80 pour 100, et supprimer lepain bis de la consommation.
PAPIER. Dans son si excellent et si complet ar-ticle sur la fabrication du papier. M. Ilanriot a bienfait comprendre l’impossibilité de trouver des sub-stances du règne végétal aussi avantageuses pour lafabrication du papier que les chiffons de chanvre etde lin, si bien préparés, euxjuclque sorte, par de nom-breuses lessives. Toutefois, la rareté des chiffons, leurinsuffisance relativement à la consommation sans cessecroissante du papier, a fait multiplier dans cette voieles recherches, dont les résultats sont dignes d’inté-rêt, car ils seront sûrement quelque jour le point dedépart de très-importantes industries. Nous en em-pruntons 1’cXposé à une intéressante brochure deM. Van den Corput, professeur de chimie au Muséeroyal de l’Industrie à Bruxelles.
« Lemoyenquidutnaturelleinentse présenter,dit-il,fut de chercher à remplacer les chiffons, devenus raves,par d'autres matières formées comme ceux-ci de celluloseà Vctat fibreux , et possédant la même propriété de sefeutrer en feuilles minces, tout en étant d’un prixmoins élevé.
*< Vers la fin du siècle dernier, la Convention natio-nale fit faire dans cette direction de nombreuses re-cherches que l’intérêt privé a depuis continuées, et desrécompenses considérables ont été récemment encoreproposées en Angleterre et en Amérique , par quelquesgrands journaux tels que le Times ot le New-York-Herald , pour la découverte d’une substance qui pour-rait avantageusement remplacer le chiffon.
« Il ne manque point de matières filamenteuses ren-fermant dans leur tissu les éléments propres à la con-fection du papier; mais, dans la plupart, les fibres setrouvent agrégées de telle manière, que l’obstacle àleur emploi se rencontre surtout dans la difficulté d’iso-ler les filaments qui les constituent et de les amener àun degré convenable de blancheur sans attaquer leurorganisation intime. D’autres ont reçu des applicationsdifférentes, desquelles ce nouvel emploi les détour-nerait, sans avantages bien marqués. Quelques sub-stances enfin sont d’un prix trop élevé, au moins dansnos contrées, pour que l’on puisse sérieusement son-ger à les appliquer à la fabrication du papier.
« Toutefois, les recherches sérieuses qu’ont suscitéesles prix proposés en France par la Société d’encoura-gement ont conduit à ce résultat important, que cer-taines plantes, très-communes dans nos climats, pour-vaientêtre amenées, par des manipulations convenables,à fournir des papiers dont quelques-uns jouissent dequalités peu différentes de celles du papier de chif-fons.
« Ee foin,Vortie, le houblon, la maure, le chiendent, larérjlisse, la guimauce, les tiges de pois, de haricots, desarrasin, les joncs, les roseaux, l’écorce de tilleul , lesbrindilles de hêtre, de saule, de tremble, les lichens, lesfeuilles de' châtaignier, Vulve marine, les fanes de pom-mes de terre , les tiges de maïs, sur lesquelles le doc-teur Pallas attira le premier l’attention, celles del 'artichaut, si abondamment cultivé aujourd’hui auxenvirons d’Alger , ont successivement été proposéscomme matières ouvrable* pour la papeterie; mais la
plupart de ces végétaux ne donnent que des papiers dequalité assez inférieure.
« Cependant, à en juger par la quantité de brevetsqui, chaque année, sont sollicités pour la découvertede matériaux propres à la fabrication du papier, ilsemble que la généralité des intéressés n’a aucuneconnaissance des nombreuses expériences qui ont étéantérieurement entreprises dans ce sens. Mais ilsuffit, pour se convaincre de l'ancienneté de la plu-part de ces prétendues découvertes, de jeter les’yeuxsur un livre très-curieux dont un exemplaire se trouvedéposé au British-Musenm de Londres . En effet, celivre, écrit en langue hollandaise et publié en 1772,est imprimé sur soixante-douze espèces de papiersprovenant d’autant de matières différentes, et témoi-gne, par conséquent, d'une manière matérielle, irré-cusable, des nombreux essais qui ont été tentésdepuis longtemps pour trouver des succédanés auxchiffons.
« La paille, qui constitue le clumme des graminées,fut utilisée pour la préparation du papier, dès l’an-née 17 g 6, par un fabricant allemand , et en 1800 lemarquis de Salisbury présenta au roi d’Angleterre unlivre imprimé sur papier de cette matière.
« Proposée de nouveau, au commencement de notresiècle, par Arm. Séguin, elle paraît être, malgré la du-reté que lui donne son épiderme siliceux, l’une dessubstances qui se blanchit le mieux et qui donne,au moins sous ce rapport, les résultats les plus favo-rables.
« C’est particulièrement en Allemagne , en Angle-terre et en Belgique , que cette nouvelle industrie s’estperfectionnée. Il existe dans ces pays depuis plusieursannées et aussi en France et à Snventhem, près deBruxelles , des fabriques de papier de paille dont lesproduits trouvent, comme papier d’emballage, un pla-cement avantageux par leur bas prix et leur soliditérelative.
*« Les pailles employées pour la confection des pa-piers peuvent être divisées en deux classes, celles desdivers blés : froment, orge, seigle, etc., et celles deslégumineuses, telles que pois, haricots, lentilles, aux-quelles on peut joindre la paille du colza, qui a étéégalement proposée, etc.
« La paille de maïs a été aussi récemment préconiséecomme l’une des substances les plus propres à rem-placer le chiffon. D’après les essais qui ont été faits àla papeterie royale de Prusse, elle paraît fournir unpapier d’une solidité remarquable, circonstance quirendrait son emploi précieux pour le papier destinéaux actes officiels, si cette matière ne laissait quelquepeu à désirer sous le rapport de la blancheur et de lapureté. Son application est du reste loin d’être neuve,car, dès le dix-septième siècle, il existait dans lesenvirons de Rimini un moulin à papier qui ne travail-lait que la paille de maïs, et dont les produits acquirentune grande réputation.
« La préparation de la paille de blé ou de maïs con-siste à faire bouillir, sous une pression de six à huitatmosphères, la paille préalablement hachée, avec uneforte lessive caustique contenant environ cinq partiesde soude pour cent de la quantité de pâte sèche. Ceslessivages, qui ont pour but d’enlever la silice à lapaille et d’en désagréger les fibres, doivent être ordi-nairement réitérés, et il importe, après chaque opé-ration d’exécuter avec beaucoup de soin des lavagesà grande eau. Le contact de la lessive alcaline avec lacellulose a pour effet de donner à celle-ci une colora-tion plus ou moins brune, mais il est aisé de la luienlever en partie, en passant la matière effilochée dansun bain d’acide contenant trois parties d’acide sulfu-rique pour cinq de sonde employée. Le blanchimentordinaire fait le reste*