PISCICULTURE.
PISCICULTURE.
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1° La pêche des poissons destinés aux opérations defécondation artificielle doit être faite de telle sorte queles œufs et la laitance soient arrivés à un état conve-nable de maturité et se présentent dans un état parfai-tement sain. A cet effet, il recommande de faire la pê-che, autant que possible, sur les frayères mêmes ou àproximité de ces frayères. 11 indique qu'on doit éviteravec soin do tenir le poisson en captivité, parce queplusieurs espèces (l’ombre notamment) ne sauraientsupporter cet état, dans lequel les œufs et la laitancetendent toujours à s’altérer.
2° Pour plusieurs de nos meilleures espèces, conti-nue l'auteur, telles que saumon, truite, ombre, etc., laponte est successive et s'opère souvent à plusieursjours d’intervalle ; aussi doit-on tenir compte de cettecirconstance pour ne prendre les œufs et la laitanceque lorsqu’ils sont complètement mûrs, ou bien lors-qu'ils s’écoulent soit naturellement, soit sous une fai-ble pression.
3° La vitalité des spermatozoïdes, et, par consé-quent, l’action fécondante de la laitance sont de très-courte durée, notamment chez les salmonoïdes ( sau-mon, truite, ombre, etc.) ; cette durée n’étant souventque de quelques secondes, les œufs doivent donc êtremis en contact avec les particules de la laitance à me-sure qu’elles tombent dans l’eau. En conséquence, ondoit opérer simultanément d’une part avec une femelle,et d’autre part avec un mâle, en ayant soin de ne pasdiluer la laitance dans l’eau.
4° Toute eau contenant en dissolution, comme l’eaude mer, du chlorure de sodium, fut-ce même en faibleproportion, agit d’une manière très-énergique sur lesœufs et ia laitance des poissons d’eau douce; elle para-lyse ou annihile les mouvements des spermatozoïdes etleur fait perdre leur pouvoir fécondant : elle cause, enoutre, dans l’œuf, une perturbation telle, que toutgenre d'organisation y est promptement détruit ; ce-pendant cette action ne s’exerce que dans la premièrepériode de l’incubation.
b° Le développement de l'embryon peut s’effectueren dehors de l’eau, pourvu qu’il ait lieu dans un milieuhumide et aéré et sous des conditions de températureappropriées à chaque espèce. Cette propriété permetde transporter, à de grandes distances, des œufs fécon-dés. Pour cela, on les place par couches dans descaisses en bois, en ayant soin de les disposer de tellesorte que chaque couche soit comprise entre deux lingeshumides. Grâce à ces soins, des œufs de saumon, detruite et d’ombre ont pu, sans souffrir la moindre alté-ration, supporter des transports d'une durée de trente-cinq à quarante jours.
6° I/incubation s’effectue dans d'excellentes condi-tions lorsque les œufs reposent sur des claies tenuesen suspension dans l’eau, ou mieux encore lorsqu’ilssont disposés au milieu des eaux naturelles dans desappareils flottants.
7° Dans la nature, le saumon, la truite, etc., enter-rent en quelque sorte leurs œufs entre des pierres pourque l’éclosion puisse avoir lieu à l’ombre ; aussi doit-on éviter d’exposer les œufs des salmonoïdes à l’actiond’une vive lumière ou à celle des rayons solaires, si onne veut les voir promptement périr. Selon M. Millet,c’est à ce manque de précaution que doit être attribuél’insuccès de grand nombre de pisciculteurs qui ontexposé leurs œufs à l’action des rayons solaires, et n’ontfait que rendre cette influence plus nuisible encore enles plaçant sur des claies formées de baguettes deverre.
8° Pendant la première période de l’incubation, ondoit s’abstenir de remuer et de nettoyer les œufs. Toutdéplacement ou nettoyage, soit à J’aide (l’une plume,soit avec une brosse ou un pinceau, a pour effet de
nuire au développement de l’embryon et de détruireune grande quantité d’œufs.
( J° Au lieu d’élever et de nourrir les jeunes poissonsdans des espaces circonscrits, il est préférable de lesabandonner à eux-mêmes dans les eaux naturelles, enayant soin, toutefois, de les protéger contre leurs en-nemis.
10° En résumé, la pisciculture consiste moins dansla fécondation artificielle que dans l’art de favoriser lafécondation naturelle. Ainsi la fécondation artificiellene peut être utilisée que pour un certain nombre d’es-pèces, et encore pour ces espèces ne donne- t-elle sou-vent que des résultats inférieurs à ceux que fournit lafécondation naturelle favorisée avec soin. De là l’utilitédes frayères artificielles.
Frayères artificielles. — Les frayères artificielles ontpour but de venir en aide à la nature. M. Millet les or-ganise de deux manières différentes, suivant le modede ponte des diverses espèces de poissons :
Pour les poissons dont les œufs sont libres ou s’at-tachent aux pierres (saumon, truite, ombre, bar-beau, etc.), il dispose le gravier ou les cailloux entas ;
Pour ceux, au contraire, dont les œufs se fixent auxplantes aquatiques (carpe, tanche, brème, perche, etc.),il établit, sur les eaux, des claies garnies do brindillesou de rameaux, et les munit de flotteurs qui leur per -mettent de suivre tous les mouvements de hausse oude baisse du niveau, tout en conservant aux œufs l’hu-midité nécessaire.
Transport des poissons vivants. — Le transport despoissons vivants offre un grand intérêt, tant sous lerapport de l’approvisionnement des marchés qu’aupoint de vuo des diverses opérations de pisciculture.
Quand il s’agit d’un long trajet et que le récipientest de petite dimension, le transport présente de gran-des difficultés. Pour satisfaire aux exigences de la res-piration des poissons, on est obligé d’agiter l’eau, dela fouetter pour l’alimenter d’air, et souvent même dela renouveler quand il s’agit d’espèces à respirationtrès-active.
Il a été récemment inventé, dans les Vosges , un ap-pareil de transport à l’aide duquel on obtient l’agita-tion nécessaire do l’eau par la rotation continue d’unechaîne à godets; mais, suivant M. Millet, cet appareilne semble pas devoir réunir de bonnes conditions, sur-tout au point de vue de la simplicité et de la dépense.L’auteur cite alors le mode de transport qu’il a ima-giné, et qui a servi à amener les poissons vivants quiont figuré à l’Exposition de l'industrie et au Concoursuniversel agricole. En étudiant le mode de respirationdes poissons et les conditions d’absorption de l’air parl’eau, il a été conduit à injecter ou même à insuffler del’air dans le liquide. Son appareil consiste en un souf-flet ordinaire muni d'un tube qui plonge au fond durécipient, et l’on comprend la facilité avec laquelle onpeut injecter de l’air suivant le besoin des diversesespèces à transporter, Lorsqu’il s’agit de faire voyagerune grande quantité de poissons, ce qui nécessitel’emploi de plusieurs bâches ou cuves, on met tousces récipients en communication, soit par des tuyauxadaptés à leur partie inférieure, soit au moyen desiphons, et à l’aide d’une petite pompe on prend l’eaudans la dernière cuve pour la rejeter dans la premièrepar une pompe d’arrosoir. De cette manière, il s’établitun courant continu qui permet à l’eau d’absorber toutela quantité d’air nécessaire.
Des moyens d’alimentation. — On doit conclure desrecherches sur la pisciculture, que sauf les ras d'ac-climatation d’espèces nouvelles , l’alevin est toujoursassez abondant, que l’assistance de frayères artificiel-les, tout au plus, est bien suffisant pour le rendro