PORTE-AMARRES.
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l’extrémité (l’un cordage. Proposé plusieurs fois, cesystème fut, en Angleterre, l’objet de nombreuses ex-périences du capitaine Manby. Le projectile était unboulet armé d’un grappin ; la corde était lovée sur lesol en roud ou en zigzag dans une caisse. Il est bienclair que ce système rencontre un obstacle très-granddans l’inertie de la corde, qui doit se rompre pour peuque la vitesse du boulet, qui doit lui être communiquéeimmédiatement, est considérable. D’un autre coté, sicette vitesse est faible, elle est amortie presque aussitôtpar la communication de mouvement à la corde et larésistance de l’air. Aussi, malgré quelques succès dansles expériences, le système Manby était oublié quandM. Delvigne, l'ingénieux inventeur de la carabine Del-vigne, fit connaître son porte-amarres dont nous em-prunterons la description au Rapport du jury de 1853.Il se compose d’une enveloppe très-légère et de la cordeservant à établir le va-et-vient, laquelle, roulée en bo-bine dans cette enveloppe, constitue le projectile et luidonne, à cause de sa forme allongée, un poids supérieurà celui d’une bombe ou d’un obus de même diamètre.Ce projectile se lance avec toute pièce d’artillerie donton dispose. On le fait d’un calibre en rapport avec celuide la pièce que l'on veut employer ; il se lance commeles projectiles ordinaires, en fixant seulement près dela pièce l’extrémité de la corde, qui se dévide de labobine renfermée dans l'enveloppe pendant sa course.
Aussi, dans son mouvement de translation, ce pro-jectile n’éprouve-t-il, au lieu de la grande résistancedue à l'entraînement de la corde, que celle qui résultedu dévidement intérieur, résistance qui est presquenulle.
En outre, à mesure que diminue la force d’impul-sion qui lui a été communiquée par l’explosion de lacharge de poudre, la corde se dévide, et diminue gra-duellement le poids du projectile, jusqu’à ce que, com-plètement vidé, il ne reste plus que l’enveloppe, qui,faite de bois et fermée à sa partie supérieure par unfort bouchon en liège, Hotte et forme une petite bouéeque l’on peut facilement saisir, et qui, si elle tombesur terre ou sur un navire, ne peut occasionner aucunaccident, à cause de sa légèreté.
Quant aux applications, elles sont aussi simples quenombreuses ; car, en outre du cas de naufrage, le porte-amarres Delvigne peut simplifier des mauœuvres lon-gues et souvent difficiles, soit pour transmettre desdépêches entre deux navires, lorsque la mer est grosseet qu’il devient dangereux de hasarder une embarca-tion, soit pour prendre une remorque, soit pour portersecours à un homme tombé à la mer, en envoyant danssa direction ce projectile flottant, qui peut le souteniret lui donner une amarr£ pour le faire ramener à bord.
En outre de ces avantages, le prix de revient duporte-amarres est très-minime, et sa construction assezfacile pour permettre de l’employer et de le confection-ner partout.
C’est là surtout son avantage, et M. Delvigne aainsi rendu un service éminent-à la navigation. Nousne nous dissimulons pas cependant, d’une part, que lacorde lancée par son appareil est très-mince : elle estde 7 à 8 millimètres de diamètre; et en second lieu,que la bobine qui sert de projectile ne peut rester fixéesur le sol, là ou elle tombe. Il faut quelqu’un pour lasaisir. En outre, la corde qu’elle a entraînée, qui esttrès-faible, ne peut servir que pour amener à terre uneautre corde plus forte, destinée à devenir le va-et-vientqui doit sauver les naufragés.
Un autre système de porte-amarres figurait aussi àl’Exposition, celui de M. Trembla}', capitaine d'artl-lerie de marine. Son appareil est plus puissant quecelui de M. Delvigne. Il consiste en un grappin enfer, dont la verge est enveloppée d’un bourrelet enbois, et à l’organeau duquel est fixée une chaîne de
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quelques mètres, au bout de laquelle s’attache lacorde, qui est l’amarre que l’on veut lancer. Cettecorde est roulée dans une caisse, d’où elle se dévide àl’appel du grappin projectile. C’est une fusée de guerrequi lance ce grappin ; les premiers essais ont été faitsavec une fusée de 9 centimètres, de la marine ; lesderniers, avec une fusée de 12 centimètres, de laguerre.
Une série d’expériences a démontré que le grappinatteignait des distances de 3 à 400 mètres ; c’est unedistance égale à celle qu’atteint le projectile de M. Del-vigne. Mais, contrairement au système de ce dernier,la corde que lance M. Tremblay n’a pas moins de13 millimètres de diamètre; elle peut donc servirelle-même tout d’abord de va-ct-vicnt, et en outre legrappin qui l’entraîne se fixe dans le sol où il tombe,et on peut exercer 6ur lui tout l’effort nécessaire ausauvetage que l’on veut opérer.
L’appareil Tremblay est incontestablement pluspuissant et plus efficace que l’appareil Delvigne ; maisla nécessité de l’emploi d’une fusée de guerre fait qu’iln’est à la portée que des bâtiments de l’Etat, et à terredans des stations d’une certaine importance, par con-séquent d’un usage restreint.
Il est arrivé que dans une expérience faite parM. Tremblay, en présence de l’Empereur, la cordes’est rompue. On ne doit pas en inférer l’inefficacité del'instrument. On connaît en kilogrammes la force deprojection de chaque fusée, on peut régler la force dela corde en proportion. C’est une sorte de dosage queM. Tremblay sait faire aujourd’hui. Il n’est plus àcraindre que la corde casse.
Quoi qu’il en soit, MM. Delvigne et Tremblay ontinventé des appareils qui ne manquent pas de valeurpratique. 11 faut espérer que les navires, aussi bien quedos stations à terre, ne tarderont pas à être pourvus del’un ou de l'autre. Nous aurons moins souvent la dou-leur d’apprendre que des hommes ont péri en vue deterre, quelquefois presque à toucher la terre, fauted’avoir pu établir un va-ct-vicnt entre leur navire prêtà sombrer et le rivage.
Voici donc deux moyens de résoudre le problème,l'un qui consiste à supprimer l’inertie delà corde, enen faisant le projectile même et par suite le déroulantpendant le mouvement; l’autre faisant naître succes-sivement la force motrice qui entraîne la corde. L’unet l’autre ont surmonté la difficulté capitale de l’em-ploi de la poudre à canon pour envoyer une corde àterre ; la précision du tir n’est pas très-grande, maislorsqu’il s’agit de viser au rivage, cela n’a qu’une mé-diocre importance.
Le système Tremblay, disposé de telle sorte que lenavire en danger puisse se suffire, qui peut le mieuxobtenir des portées étendues (celles des expériences duChamp de Mars n’ont pas dépassé 400 mètres) en em-ployant des fusées de fort calibre, en nombre suffisant(M. Tremblay ên emploie souvent trois), nous paraitsurtoutappelé à rendre de véritables services, si on peutl'établir à un prix peuélevéet demanière qu’il sc trouveen état au moment du danger. En évitant le cercle vi-cieux de ne pouvoir lancer à grande distance une grossecorde par une explosion instantanée, parce que le poidset l’inertie croissant, la puissance instantanément dé-veloppée fait rompre la corde ; en faisant développersuccessivement le travail, il a fait faire un grand pasà la question ; et il faut espérer que l’on verra prochainement passer dans la pratique ce moyen de diminuerles malheurs qu’entraînent les échouages près deseûtes.
POTERIES. Nous avons déjà fait connaître, à l'ar-ticle poterie de la 2 e édition de ce Dictionnaire , lesdifferents procédés à l’aide «lesquels l’homme trans-forme des terres ou limons sans valeur, en ustensiles
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