POTKUIES.
POTERIE?.
Wcdgwood, avaient amené vers la fin <lu dix-huitièmesiècle les poteries anglaises à un degré de perfectionfort avancé. Wedgwood créait encore, vers la memeépoque, scs grès fins aux formes imitées de l'antique,aux sculptures pleines d’élégance et de délicatessedans l’exécution. La fabrication de la porcelaine, deson côté, réalisait de nouveaux progrès ; on découvraitles kaolins et les pegmatites altérées de Cormvall. Lesgrandes guerres de la Révolution n’avaient pas arrêtél’essor industriel du Royaume-Uni ; celles du premierEmpire n’avaient pu gêner le développement de sesateliers, ni ralentir ses exportations. Maîtresse desmers, l’Angleterre avait vu ses débouchés s’accroîtrede tous ceux qu'elle avait enlevés au commerce des na-tions rivales.
A la paix générale de 18IC, l’Angleterre possédaitune fabrication très-développéc de ces terres de pipeperfectionnées que nous nommons cailloutage, de grèscérame, de porcelaine tendre. En variant la compo-sition des pâtes et des vernis, "Wedgwood et scs imita-teurs avaient créé plusieurs sortes de poteries généra-lement d’un bon usage, et bien supérieures par l’aspectou la solidité aux terres de pipe et aux faïences émail-lées, c'est-à-dire à glaçurcs stanniferes, qu’on fabriquaitalors sur le continent. La bonne fabrication de cesproduits et leur forme commode leur auraient conquistous les marchés de l'Europe , si les gouvernementsn’avaient cru devoir protéger les industries similairespar des tarifs de douane très-élevés, ou même main-tenu, comme en France , une prohibition complète desproduits anglais . La loi du 15 mars 1791, autorisantl’importation en France de la poterie commune et dela porcelaine, avait été rapportée par le décret du I ermars 1793, qui interdisait toute relation commercialeavec les nations coalisées contre la France , et rangeaitles poteries des deux dernières espèces parmi cellesdont le commerce était expressément défendu. La loidu 10 brumaire an V confirma cette prohibition, et siles lois de douane postérieures n’ont pas modifié cetétat de choses, elles ont changé tacitement du moinscette mesure de guerre en un moyen de protection.
Si l'Exposition universelle de Londres avait eu lieutrente ans plus tôt, elle aurait permis de constatercertainement en faveur de l’Angleterre, en dépit desefforts de toutes les autres nations, une immense supé-riorité dans la fabrication des poteries à l’usage desclasses moyennes ; mais l’exemple donné chez nosvoisins et l’expérience qu’ils avaient acquise n’ont pasété sans porter leur fruit, surtout chez nous, et lesprogrès que l’art céramique a faits en France depuis lecommencement de ce siècle sont de la plus grande im-portance. Bien plus, la fabrication des cailloutages se-rait capable, au point de vue de la qualité, de lutteraujourd’hui contre ces produits similaires anglais , sides considérations d’un tout autre ordre, la questionéconomique, qui domine de si haut ce sujet, n’engageaitencore à présent à n’admettre qu’avec la plus granderéserve, en concurrence sur nos marches avec les pro-duits français , les productions des fabriques étrangères.
Les expositions de Londres et de Paris ont mis enprésence l’industrie céramique anglaise et celle detoute l’Europe manufacturière ; on a pu constater, dansces deux circonstances, combien est générale, supé-rieure et variée la céramique moderne ; l’ensemble detoutes ces fabrications, qui forment un faisceau desplus complets et des plus instructifs, met en lumière ;les causes de ces améliorations, évidemment liées avecle développement et la diffusion des sciences qui prê-tent ou des matériaux ou leur concours efficace auxarts céramiques. L'Exposition de Londres n’a guèreprécédé que de cinq années celle de Paris , et personnen a manqué d’observer l'amélioration générale que lesproduits anglais , au point de vue de la forme, doivent à
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la vue des produits sortis de la manufacture de Sèvres A peine hors du Palais de l'industrie, la fabricationde Limoges , comprenant qu’il ne fallait pas laisser àl’Angleterre seule le droit de nous copier, a fait dessacrifices considérables pour modifier ses formes et la ,perfection de son travail. Tous ceux qui ont eu le bon- \heur do voir l'Exposition de la France centrale en1858 ont été surpris du développement réalisé par lesmanufactures limousines, depuis longtemps endormiessur leur vieille réputation. Les expositions régionalesque le gouvernement semble prendre à tâche d& pro- »téger offrent une arène nouvelle aux nouveaux venusqui, trop jeunes pour se présenter en concurrenceavec des réputations justement classées, aiment à setenir à l’écart lors des expositions universelles, et pré-fèrent le silence à des classements incertains. Los con-cours régionaux nous paraissent appelés maintenant àrendre les services qu’on attendait autrefois des exposi-tions nationales ; elles stimulent au même degré l’in-dustrie locale, source des progrès généraux. Cette ma-nière de voir est parfaitement d’accord avec l’opiniondu public, et l’empressement avec lequel il a visitécette année les expositions de Rouen et de Bordeaux .Quant à l’industrie nationale, il finit plus aujourd’hui :e’e?t avec le monde entier qu’elle doit compter, et desexpositions universelles séparées par des intervallesd’une dizaine d’années peuvent seules lui profiterQu’on me permette d’émettre ici un vœu, celui de voiraccepter en principe la mise hors concours de tous lesvainqueurs des expositions précédentes, lorsqu’ils ontprogressé. Cette mise hors concours, avec citation ho-norable, ajouterait un degré de plus aux récompensesque le jury décerne. Daus cette situation, dans unedirection donnée, les seconds auraient chance de de-venir premiers ; à cette seule condition l’émulationserait stimulée, les abstentions Impossibles.
Pour en revenir aux poteries, les expositions qui onteu lieu depuis le commencement de ce siècle permet-tent d’établir des faits incontestables qui donnent àl’historien impartial le moyen de s’y reconnaître dansl’exposé de tous les perfectionnements dont le consom-mateur constate la succession rapide.
Cherche-t-on à se faire une idée réelle des progrèsréalisés pendant ces cinquante dernières années dans lafabrication des poteries ; veut-on eonnaîtrece qu’étaient,au commencement do ce siècle, les différentes indus-tries qui s’y rattachent et ce qu’elles sont aujourd’hui ;nous remarquerons que toute l'action utile pour amé-liorer ces produits doit être partagée pendant cette pé-riode entre trois puissances : l’Angleterre, la France etles pays allemands . Nous croyons qu’on nous accor-dera que nulle part la transformation des produits etleur amélioration n’a été plus profonde qu'en France .Cette circonstunce nous paraît tenir, non pas à ce quenous avons pu suivre avec plus de facilité chez nousque partout ailleurs la marche des progrès céramiques,mais à ce que notre fabrication était restée dans leplus grand état de médiocrité. Nos terres de pipe, laseule poterie à la portée de la majeure partie des con-sommateurs, était restée stationnaire, tandis qu’en An-gleterre, depuis les travaux do Wedgwood, cette fabri-cation s’était transformée d’une manière complète endes cailloutages de qualité très-remarquable. Quantà l’Allemagne proprement dite, la fabrication de laporcelaine dure était beaucoup plus répandue, mêmeà l’usage des masses, que dans tout autre pays, etl’on s’y était à peine préoccupé de la fabrication desfaïences fines, qui devaient bientôt prendre un très-grand développement dans les provinces rhénanes.
Les améliorations dontles faïences finesont été l’objettirent presque toutes leur.origine de l’Angleterre. Eta-blie ensuite sur les bords du Rhin , cette fabricationavait pénétré chez nous. Les terres de pipe françaises ,