POTERIES.
POTERIES.
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suivant la composition chimique qui lui est propre, lesnoms de vernis, émail, couverte, et que j-e nommeraiglaçure. L’enduit peut être terreux ; ce sera l’enrobede certaines poteries, dont nous avons déjà parlé dansl’article décoration céramique.
Dans tous les cas, la fabrication des poteries exigel’intervention du feu : une température plus ou moinsélevée devient nécessaire pour donner au corps de puteune dureté, une solidité, une imperméabilité suffi-santes ; on peut prendre une idée de l'influence du feusur le développement de ces propriétés en comparantune assiette de porcelaine crue, une assiette dégourdieet une même pièce cuite au grand fou des fours à por-celaine.
La glaçure exige aussi l’emploi d’une températureélevée. C cst un verre appliqué par couche mince surla surface de la poterie, et l’on sait que les matières 'pulvérulentes destinées à donner des verres ont besoin,pour prendre l’aspect vitreux, d’une température aumoins égale à la chaleur rouge.
Ainsi, que les poteries soient simples ou composées,leur fabrication implique la connaissance la plus com-plète des terres et des verres, celle des agents de com-bustion et des combustibles : nous n’avons qu’à rap-peler ici de quel secours sont ces notions pour la déco-ration de ces memes produits. On peut dire avec raisonque la céramique est l’étude spéciale des composésque la chimie désigne sons les noms de silicates, bo-rates, phosphates, etc., alcalins terreux et métal-liques simples ou multiples.
Le potier de terre devrait être familiarisé non-seule-ment avec le langage chimique, mais avec les notionsles plus étendues de cette science, car si quelques-unsdes silicates qu’il emploie sont directement fournis parla nature, beaucoup de ces corps doivent être préparéspar lui, suivant ses besoins et dans des conditionsvoulues de pureté ; le fabricant doit savoir reconnaîtreles substances qu’il met en œuvre, vérifier la com-position par les propriétés, passer des formules auxpoids au moyen des calculs convenables, et s'assurerpar lui-même de l’état de pureté dans lequel on luilivre les matériaux qu’il doit transformer, et qu’il n’apas économie à faire préparer sous ses yeux.
Les réactions qui se passent sons l’influence de lachaleur au contact des divers éléments que le potiermet en jeu sont essentiellement du domaine de la chi-mie : l’aspect particulier que présente le composé,formé quant à la fusibilité, devient un sujet intéres-sant de recherches, et personne ne niera que l’étude dela fusibilité des silicates, des borates et des phosphatesne résume toutes les connaissances du fabricant depoteries. Tous ses efforts doivent en effet se diriger versces différents buts :
Diminuer la fusibilité pour établir des pâtes qui puis-sent résister à la déformation, acquérir de la résistancesans fragilité, etc.
Augmenter la fusibilité , pour obtenir des vernis(glaçure, lustre, émaux, couvertes).
Mettre en rapport la fusibilité de la glaçure avec lacomposition de lapàtc, afin d’éviter le coulage, le res-sui, le truitage.
S’opposer aux réactions qui peuvent intervenir entreles éléments des glaçures et ceux des pâtes, lorsqueces réactions ont pour effet de faire naître des préci-pitations d’oxydes ou de sels basiques qui, ne se dis-solvant plus, donneraient à la surface un aspect ru-gueux.
Corriger ces défauts quand, accidentellement, ils sesont produits. Dans tous les actes de la fabrication despoteries, ces notions sont indispensables, ainsique nousallons l’établir.
Tout produit céramique doit être examiné sous qua-tre points de vue très-différents : la composition, le
façonnage, la cuisson et la décoration. Nous ne dironsrien de ce dernier objet, que nous avons suffisammentétudié dans ce Supplément, pages 126 et suivantes.
A la composition se rattache la connaissance de tousles matériaux des pâtes céramiques, leur histoire,leur origine, leur position dans la nature.
An façonnage appaitientriiistoiredesmachinesctdcsprocédés, soitmécauiques,soitcliimiques, au moyen des-quels on prépare, on mélange, on combine ces matièrespour en faire des poteries. A la fabrication se rattacheencore le dosage des divers matériaux destinés à la con-fection des différents objets que le commerce réclame.
La cuisson comporte.l’étude des combustibles, celledes appareils dans lesquels la poterie acquiert la dureténécessaire aux diverses usages pour lesquels elle estcréée, celle enfin des moyens à l’aide desquels on pro-tège dans le four les objets fabriqués contre l’action dela flamme, des cendres, de la fumée. Il convient en-core d’v rattacher les méthodes de conduire et dejuger le feu. Nous insisterons surtout sur la nature del’atmosphère au sein de laquelle a lieu la cuisson :cette dernière notion, introduite récemment dans l’artde fabriquer la porcelaine est appelée sans contredit àrégulariser le travail, en assurant le succès de l’opé-ration. Non-seulement la force du feu , c’est-à-direl’inten3ité de la chaleur, exerce sur la qualité des pro-duits une influence considérable, mais la nature desgaz qui remplissent le four est en rapport avec la colo-ration que ces produits peuvent présenter.
La composition, le façonnage et la cuisson des pâtesd’une nature déterminée présentent d’ailleurs certainsrapports essentiels dont l’existence complique la questionet qu’il faut savoir apprécier. La composition de la pâtelimite les procédés de façonnage, car si presque toutesles pâtes sont plastiques, quelques-unes n’ont aucuneplasticité; on leur en donne une artificielle au moyen demucilages et de savons; les diverses poteries offrent àcet égard des intermédiaires nombreux. La cuissonfait apparaître plusieurs défaut? inhérents aux procédésde façonnage. Les méthodes d’application de glaçurosont variées avec l’état dans lequel sont les pièces aumoment de la pose de la glaçure. Quant aux relationsque la composition présente avec les phénomènes quise rattachent à la cuisson, ils sont tellement évidentsqu’il suffit de rappeler que toutes les poteries, même laplupart des grès cérames, se déformeraient et fon-draient souvent en prenant l’aspect vitreux ou cristal-lisé, si nous les soumettions avec ou sans glaçure auxtempératures qu’exige la porcelaine dure pour abquérirla translucidité qui la caractérise.
Pour moi, j'attache une telle importance à la con-naissance des modifications que la chaleur engendredans les terres ou les mélanges terreux et métalliques,colorés ou non, que je. regarde, dans une fabricationquelconque, la température à laquelle on doit cuire lecorps de pâte et la glaçure comme le premier point àfixer. Ce point d’abord établi sert à faire déterminerla forme des appareils de cuisson qui, dans leurs dis-positions et dans leurs dimensions, peuvent offrir desdifférences considérables. Ce n’est qu’après être fixécomplètement à cet égard qu’on peut passer à la com-position des pâtes et des glaçures. Les qualités de lapoterie résultent de la nature et des propriétés des-si-licates qui la forment, qualités qu’il est possible d'ap-précier à priori. Il ne restera plus à chercher parmi lesmatériaux que le potier peut mettre en œuvre que ceuxqui le conduiront, avec le plus d'économie, avec lesmeilleures chances de succès, à la poterie possédant lesqualités qu’il désire.
Nous ne saurions, sans trop de longueur pour cet ar-ticle, donner tous les caractères des silicates, borateset phosphates simples ou composés, considérés au pointde vue de leur fusibilité ; on les trouvera détaillés