POTERIES
POTERIES.
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d’une manière très-circonstanciée dans les Leçons decéramique que nous avons déjà citées, et que je signalede nouveau à l'attention du lecteur qui voudrait lireavec fruit les ouvrages qui traitent de la céramique.Nous nous bornerons à faire apprécier ici le rôle quechaque élément peut remplir dans la constitution despâtes.
Constitution des jnites.
Si l'on examine toutes les pâtes céramiques cuites,quelle que soit l’espèce à laquelle on les rapporte, onles voit formées de silice, quelquefois de silice presqueexclusivement, mais^est l’exception ; quelquefois ausside silice en combinaison avec l'alumine, et c’est le casle plus général; quelquefois enfin, le silicate d’alumineest en mélange avec des silicates étrangers alcalins outerreux, de l'introduction desquels il résulte pour lapâte des inconvénients ou des qualités. Pans certainespâtes, le silicate d’alumine peut être remplacé, en toutou en partie , par des silicates de magnésie, mais cecas se présente assez rarement. En général donc, lespâtes céramiques sont formées de silice en combinai-son ou en mélange avec divers principes, accessoiresutiles ou nuisibles. Quels sont ces principes? Quelrôle peuvent-ils jouer? Nommons-les d’abord, pour étu-dier une question dont la solution donne la clef debien des véactions qui se passent dans la fabrication despoteries; ce sont, comme l’analyse chimique les dé-cèle : l’alumine, l’oxyde de fer, l’oxvde de manganèse,la chaux, lu baryte, la magnésie, la potasse et la soude.On y rencontre aussi parfois les acides carbonique,sulfurique et phosphorique.
Alumine. — Les poteries qui renferment le plus d’a-lumine sont celles qui cuisent à la plus haute tempé-rature, lorsqu’elles ne renferment que peu d’élémentsétrangers; le maximum correspond aux porcelainesdures de Sèvres , le minimum correspond aux pâtes deporcelaine tendre françaises.
Les silicates doubles qui se trouvent souvent enmélange intime avec le silicate d’alumine introduisentdans les pâtes céramiques des principes différents, telsque l’oxyde de fer et l’oxyde do manganèse, la chauxet la magnésie, la potasse et la soude, qui variententre certaines limites, et qui, sans nul doute, exercentl’influence la plus considérable sur la température àlaquelle ces poteries peuvent être soumises sans se dé-former, et sur la qualité que ees poteries peuvent ac-quérir par le fait d’une cuisson produite dans les meil-leures condition de fabrication (température et atmo-sphère).
Oxyde de fer. — Les nombreuses analyses qui sontconnues maintenant démontrent que les proportions del’oxyde de fer varient, dans les pâtes céramiques, dansdes limites étendues. L’oxyde do fer ne peut existerdans les pâtes de porcelaine dure ou tendre qu’en pro-portions très-minimes : on sait que ces pâtes tirentleur caractère principal de leur blancheur complète.Cette condition n’est plus impérative dans la fabrica-tion des grès fins, blancs ou communs, ou dans la terrede pipe; une quantité d’oxyde de fer surpassant 0,10conduit à des compositions qui ne peuvent supporterdes températures élevées sans se déformer. Il est ur-gent alors de ne les cuire que dans des conditions d’at-mosphère parfaitement étudiées, en arrêtant au pointconvenable la température nécessaire à la cuisson.
Je ferai remarquer ici que la coloration que présenteune poterie cuite, meme en biscuit, n’est pas toujoursen rapport avec la quantité d’oxyde de fer qu’elle donneà l’analyse. Cette coloration, liée tout d’abord à la na-ture comme à la quantité des matières introduites dansla pâte, telles que le charbon dans les poteries à pâtenoire, dépend considérablement et de l’état d’oxyda-tion et de l’état de combinaison de l’oxyde de fer; elle
tient en général, moins de la composition centésimaledu composé que de l’atmosphère dans laquelle la piècea cuit ou s’est refroidie.
Des expériences précises empruntées à des fabrica-tions variées ont fait voir :
1° Que plusieurs briques faites avec une memeterre, renfermant par conséquent la même quantitéd’oxyde de fer, suivant la place qu’elles occupentdans le four, sont tantôt incolores, tantôt roses ourouges, tantôt enfin complètement brunes.
2° Que les biscuits de faïence commune, quoiquetrès-chargés d’oxyde de fer, sont tantôt d’un jaunepresque clair, tantôt d’un rouge pâle, tantôt d’un rougebrun , tantôt d’un jaune légèrement verdâtre : cesteintes si diverses sont souvent offertes par les diffé-rentes parties d’une même pièce. Il importe au fabri-cant de faïence de produire un biscuit peu coloré, caron cherche à masquer sous une couche d’émail opaquele ton rougeâtre de la pâte : plus la coloration de lapâte est foncée, plus il faut d’opacité dans l’émail;cette opacité coûte cher ; on évite la coloration en cui-sant dans une atmosphère réductrice.
3° Que certaines pâtes de terre de pipe, en généralpeu colorées, cuisent avec une teinte jaunâtre, lorsquel’atmosphère dans laquelle elles cuisent n’est pas en-fumée.
•i° Que les mêmes pâtes de porcelaine, souvent très-colorées en rouge au dégourdi, ne le sont plus lors-qu'elles ont été transformées, dans le grand feu deporcelaine, en porcelaine transparente, l’oxyde defer passant alors à l’état de silicate de protoxydede fer.
5° Que la même pâte de porcelaine cuit tantôt blan-che et translucide, tantôt opaque et jaune; blanche sil’oxyde de fer est maintenu, surtout pendant la périodeà laquelle la glaçure commence à fondre, à l’état desilicate de protoxyde, ce qui a toujours lieu dans uneatmosphère réductive; jaune, au contraire, lorsquel’oxyde de fer peut se séparer à l’état de peroxyde dofer,-ce qui se présente au sein d’une atmosphère oxy-dante ; la coloration jaune se fait moins sentir, touteschoses égales d’ailleurs, dans les pâtes très-chargéesde silice.
6° Les poteries cuites avec glaçure offrent des co-lorations plus ou moins intenses que la même poteriesimple, suivant la nature de la glaçure et suivant la quan-tité de ferque le corps de pâte contient. Les cailloutagesanglais dont le biscuit n’est pas entièrement blanc ac-quièrent une grande blancheur par le fait de l’applicationde la glaçure, dans la composition de laquelle on faitentrer du borax ou de l’acide borique; l’oxyde de fer quicolore l’épiderme de la pâte en contact avec la glaçureest dissous par le borax ; si l’on considère en effet lacassure fraîche d’une pièce en faïence fine, oo observeune coloration jaunâtre marquée, dissimulée sous laglaçure. On ne peut attribuer cet effet à l’espèce d’o-pacité que présente la glaçure. puisqu’elle laisse par-faitement apercevoir les impressions bleues, noires,vertes, roses, appliquées sur biscuit sous glaçure.
Oxyde de manganèse. — L’oxyde de manganèse nose rencontre qu’accidentellement dans les pâtes céra-miques; il accompagne d’ailleurs presque toujoursl’oxyde de fer dans les terres qui contiennent cetoxyde.
Chaux. — Personne n’ignore que la chaux introduitedans les pâtes ajoute à leur fusibilité, lorsque cet élé-ment n’arrive pas à des proportions par trop considé-rables. En effet, la chaux diminue la valeur des ar-giles comme produits réfractaires; sa présence dansles pâtes céramiques facilite leur déformation par af-faissement ou ramollissement, aussitôt qu’on les cuit àdes températures élevées.