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ot grattage, comme s’il s’agissait d'une ébauche mou-lée; ou obtient de la sorte des saillies as.-ez vives, très-nettes, si le réparage est fait avec tout le soin néces-saire. Cette méthode permet de conserver religieusementla touche du sculpteur, si souvent altérée par les opé-rations du moulage. Elle ajoute encore à la valeur ar-tistique de la pièce faite par ce moyen le mérite deconstituer en quelque sorte un objet unique, puisqu’iln’a pas été confectionné dans le but de multiplier lesépreuves. Le même motif, encadré différemment, ajustédans d'autres données, peut présenter, sans frais decomposition la plus grande variété d'aspects. Par lemoulage, au contraire, pratiqué comme on est dansl’usage de le faire, on n’obtient qu'une reproductionfâcheuse pour des objets d'art.
Lorsqu’on fait usage de pâtes de diverses couleurs, onpeut produire les effets les plus heureux, et les plusbelles productions en ce genre qu’ait offertes la manufac-ture de Sèvres sont les vases dits en céladon, rehaussésde sculptures en pâte blanche Au lieu des pâtes vertd’eau, on peut faire un fond de toute autre nuance, etcréer de la sorte des poteries très-variées et du meilleurgoût. L’industrie privée n’aurait assurément qu’à ga-gner en entrant dans cette voie nouvelle ouverte par lamanufacture impériale. Les pâtes colorées parla pech-blende, l’oxyde d’urane et d’autres oxydes conduiraientinfailliblement à des pièces recherchées. L’oxyde dechrome sous le poids de 3 à 4 pour 100 donne avec lapâte de service une couleur olivâtre avec une nuancede rose qui acquiert à la lumière artificielle une cou-leur rose du plus vif éclat.
Nous n'aurons pas l'occasion de revenir plus tardsur ce sujet. Pour l’épuiser, nous signalerons ici quel-ques accidents que peuvent présenter les pâtes céladon,et les moyens d’y obvier. Quelque soin qu’on ait prispour enlever le sel soluble de chrome que l’oxyde mêlédans la pâte blanche emporte avec lui, lorsque, pourune cause ou pour une autre, le four se charge pendantla cuisson d’une grande quantité d’humidité, il se dé-veloppe et se répand, sur les reliefs blancs ou sur cer-taines parties de la pièce, un sel soluble de chromequi dépose plus tard de l’oxyde vert ou brun. La pâtecéladon cuit généralement avec un ton plus agréabledans une atmosphère réductrice que dans une atmo-sphère oxydante; on vient de voir que, dans tous lescas, pour obtenir des nuances unies, il est indispen-sable de cuire dans une atmosphère dépouillée d’inmii-dité.
L 'évidage* qui consiste à faire des jours dans les pa-rois des pièces suivant des traits indiqués par. lemoule, l’estampage et le moletage, le collage et l’ap-plicage, qui consistent dans la réunion des garnituresou des différentes parties d’une même pièce, complè-tent la série des opérations au* moyen dequelles les po-teries sont mises en état de supporter l’action du feuqui doit leur donner consistance et dureté, imperméa-bilité ou brillant. Il n’y a plus, pour ne pas perdre lebénéfice des mains-d’œuvre déjà faites, qu’à conserversi la pièce sa forme intacte, sans fente ^i déformation,par une dessiccation très-lente. A cet effet, les pote-ries, qu’elles soient simples ou composées, doivent êtreplacées dans des séchoirs convenablement aménagés,sur des planches superposées, exposées à des tempé-ratures progressives.
L’établissement de ces séchoirs laisse encore beau-coup à désirer dans un grand nombre d’usines. Onprofite souvent des jours de soleil pour exposer au de-hors les marchandises prêtes à porter au four. Il fautveiller au temps, et s’il vient à pleuvoir subitement,la rentrée brusque de toutes les pièces, rentrée qui nepeut être exécutée que par le plus grand nombre debras, met la perturbation dans tous Jes ateliers. Ce sys-tème d’ailleuis ne dispense pas, pendant l’hiver, de sé-
choirs artificiels ; et c’est peut être cette partie de lafabrication qui devrait devenir le sujet des plus sé-rieuses études.
Le chauffage des ateliers, dans lesquels on place lesmoules et marchandises terminées pour les sécher, a lieupresque partout au moyen de poêles dispo-és au centrede la pièce, et dont les longs tuyaux servent de surfacede chauffe. Mais il ne suffit pas d’élever la température,i! faut chasser, au moyen d’une ventilation bien réglée,la vapeur d’eau qui se répand dans l’atmosphèie. Ordinairement le chauffage est intérieur, et la présencedans l’atelier d’appareils à feu répandant des pous-sières n’est pas sans inconvénients pour les poteries,d’ailleurs irrégulièrement échauffées.
Toute disposition qui permettrait d’employer au sé-chage des pièces fabriquées la chaleur perdue des foursde cuisson remédierait à beaucoup d’embarras, et de-viendrait économique au point de vue du combus-tible, tout aussi bien qu’à celui de la perfection du tra-vail.
Je donne ici celle que les manufacturiers anglais emploient aujourd’hui. La description peut être suffi-samment comprise, sans qu’on ait besoin de recourir àdes dessins représentant les appareils.
Deux fours accolés sont placés près d’une cheminéecommune; les fours, dont le laboratoire forme un cônesurmonté d’une calotte sphérique, sont séparés par unegalerie qui donne accès, d’une face à l’autre, à deuxchambres où se tiennent les cuisours ; les alandiers, aunombre de six par chaque four, trois de chaque côté, sontplacés immédiatement au-dessous du volume des mar-chandises à cuire. Les produits de la combustion s’élè-vent au travers d’arcaclons dont la surface supérieureforme le sol du four; ils traversent les matériaux qu’ilsdoivent porter à la température rouge, et s’échappentensuite par une ouverture qui existe dans la calottesphérique limitant le laboratoire dans sa partie supé-rieure. Les fours n’ont donc pas de cheminée commeles fours ordinaires. Un canal horizontal, qui se re-courbe pour passer dans les ateliers dits séchoirs con-duit ces gaz chargés de fumées épaisses, et portantencore une température élevée dans des tuyaux circu-lant dans l’atelier, . de manière à maintenir l’atmo-sphère à 30 ou 40 degrés centigrades. La vapeur d’eauproduite par la dessiccation des matériaux encore hu-mides est conduite, au moyen d’ouvertures communi-quant avec le canal qui dirige les fumées et les gazchauds, dans la cheminée d’appel.
Eu sortant des séchoirs qu’ils ont échauffés sans dé-pense nouvelle, les gaz et les fumées reviennent dansla partie inférieure du four, se partageant en deuxcourants qui circulent entre les trois rangées de four-neaux ; là, rencontrant les plaques de foute portées aurouge, qui forment les parois latérales du foyer, ils sobrûlent en dégageant une chaleur a^sez intense pourdéterminer un tirage très-\iolcnt dans la cheminéeverticale dont la hauteur règle l’appel de l'air froid surles grilles des alandiers chargés de charbon de terre.
Avec deux systèmes de fours accolés, placés chacunà l’extrémité des séchoirs, on pourrait chauffer d’unemanière continue; car on peut toujours avoir un fouren feu, pendant qu’on en emplit un ou qn’on vide lesdeux autres; on a de la sorte toute facilité pour cuireun four tous les trois jours. Différentes espèces de re-gistres permettent d’interrompre à volonté la commu-nication des conduits d’un four avec la cheminée d’ap-pel, pour qu’il y ait isolement d’un appareil pendantqu’il ne fonctionne pas, c’est-à-dire pendant qu’onl’emplit ou pendant qu’on le vide.
On voit que cette méthode peut s’appliquer facile-ment, et qu’un des grands avantages qu’elle présenteest de pouvoir s’adapter, sans de grandes dépenses, àdes fours déjà construits. Du reste, le procédé de l'au-