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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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POTERIES.

POTERIES.

Lu fournée an bois coûtant.1319, M

il y a pour la fournée au charbon de terre une écono-mie de 70G fr. 81 c.

Si nous prenons le rapport de la capacité du four aucombustible brûlé, on trouve 129 kilog. par mètrecube. Ces chiffres donnent la mesure île l’économiequi résulte de l’emploi du système Mourut. En s’enrapportant aux documents recueillis sur le terrain del'expérience, le Berry brûle en moyenne dans des foursde 100 mètres cubes 210 à 220 hectolitres do houillede Commentry , c’est-à-dire de 180 à lyü kilog. parmètre cube.

Quant à la marche et à la conduite des appareils dansle nouveau système, l’élévation des charges se faitavec rapidité, le travail du chauffeur est commode etpeu fatigant ; il était cependant quelque peu gêné parla chute des escarbilles qui dérangeaient le jeu des or-ganes du petit mécanisme au moyen duquel on soute-nait la grille mobile dans l’appareil primitif ; la chaleurrayonnée se trouve être si faible qu’elle n’élève passensiblement la température de la cage du four. Lesgrilles restent, après les feux, dans un parfait état deconservation.

Depuis que M. Marquct a donné le mouvement dansLimoges , le système Mourot a reçu de nouvelles appli-cations : il devait en être ainsi ; car il représente unperfectionnement notable sur les premières méthodesdans lesquelles on s’était contenté de remplacer l’alan-dier au bois par une grille pour recevoir le combustibleminéral. On compte aujourd’hui plus de dix fabricantsqui Tout adopté dans leurs manufactures. Je tiens cesrenseignements de M. Marquct, qui a bien voulu m’ad-mettre dans l’usine, et chez lequel j’ai vu pratiquercette méthode dont les avantages ne sont plus dou-teux.

On sait que la manufacture de Bordeaux fait aujour-d’hui des quantités considérables do porcelaine dure :cette fabrication n’y eût pas été possible, si M. Vieillardn’avait appliqué l’un des premiers la cuisson à la houilledans une localité complètement privée de combustiblevégétal.

J’ai visité plusieurs fois cette belle manufacture, etce n’est pas sans étonnement qu’on y voit des foursd’une dimension si considérable cuits avec un combus-tible auquel on reprochait tout d’abord de ne pas don-ner de flamme.

Une dimension plus grande encore des fours ne seraitpas un obstacle à la régularité de la chauffe : M. Gossea fait breveter une disposition qui, par un foyer spécial,déverse au centre du four les quantités de chaleur quin’y arriveraient pas par les seuls foyers de la circon-férence.

Le système fonctionne économiquement dans l’usinede Bayeux , où je l’ai vu mettre en pratique. Si les ren-seignements qui me sont parvenus sont exacts, il estprobable que plusieurs fabriques d’Allemagne l’ontégalement adopté.

FABRICATIONS SPÉCIALES.

Nous terminerons cet article, qui comble quelqueslacunes présentées par celui du Dictionnaire , en dé-crivant trois produits céramiques nouveaux dont l’im-mense succès à leur apparition n’est que parfaitementmérité. Je veux parler de la confection du parian, decelle des boutons en pâte feldspathique par les procé-dés ingénieux deM. Bapterosses et des carreaux incrus-tés que M. Minton a fabriqués en Angleterre sous lenom d’ffirausftcs tiles.

Les Impositions de Londres et de Paris ont de suiteclassé ces produits parmi les plus intéressants.

Parian ou Paros.

! .c parian ou porcelaine imitant le paros est d’origine

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anglaise ; il parait avoir été fait pour la première foispar M Copehuid vers 1848 ; quelques auteurs en attri-buent la découverte à M. Battam, d’autres à M. Min-ton : des discussions ouvertes à ce sujet, il nous a paruque M. Copeînnd était le fabricant qui l’avait préparéle premier. On en a tiré dès le principe un parti très-avantageux pour les objets de sculpture. Plusieurs fa-bricants anglais et français le font maintenant avecsuccès.

L’idée d’une pâte céramique imitant le paros n’estpas nouvelle ; il existé, parmi les produits de M. Kiilmde Meïssen , des médaillons d’une composition particulière se rapprochant assez du ton des calcaires exploi-tés comme marbre dans Tantiquité. On trouve dememe, parmi les figurines fabriquées à Nymjdiembourg,de petites statuettes présentant avec le marbre sta-tuaire beaucoup d’analogie; ccs productions tiennent,par leur composition, de la porcelaine dure. Le parianprésente des avantages réels sur le biscuit de cetteporcelaine; la teinte est plus jaunâtre, moins froide,plus analogue à celle du marbre des antiques. Elle estaussi plus fusible, et pivn 1 par l’action du feu, sanssecours d’aucun vernis, un glacé bien plus flatteur quecelui des biscuits de porcelaine. Cette qualité rend cettepâte propre surtout à la reproduction des objets d’art.

La composition de cette pâte est assez variable; lacoloration s’obtient sans addition de matières colo-rantes ; elle est simplement due à la quantité de l’oxydede fer accidentellement et naturellement contenu dansles matériaux que fournissent les éléments; elle tientaussi, soit à lu température qui n’est pas assez fortepour réduire tout le fer à l’état de silicate de protoxyde,soit à la séparation du peroxyde pendant le refroidis,sèment. Dans tous les cas, les fours à faïence fine pa-raissant sali>fairc à toutes les conditions convenablesau développement de cette teinte et comme tempéra-ture et comme, composition d’atmosplière gazeuse.

La pâte est peu plastique ; elle se rapproche par sunature de la pâte de porcelaine tendre anglaise; elleprend 30 p. 100 de retraite, et ne se façonne avec faci-lité que par le procédé de coulage. Cependant elle peutêtre moulée; le façonnage au moyen du tour ne lui se-rait appliqué qu’avec les plus grandes difficultés. Ellecuit en une seule fois dans le four à faïence line, mais ellopeut recevoir une glaçure plombifere dure et brillante,et s’appliquer de la sorte aux articles de consommationménagère. Dans le Staffordshire , on cuit à plusieursfeux de biscuit, jusqu’à ce que le ton ait acquis lanuance jaunâtre qui plaît au consommateur.

L’Exposition de Londres , en mettant sous les veux«les fabricants français les produits remarquables de lafabrication si variée de M. Minton, a stimulé le zèle deplusieurs manufacturiers; Creil, Bordeaux , Sarreguo-mines et Choisy-lc-Roi font aujourd’hui cette poteried’une manière remarquable.

J’ai fait une pâte qui donne de bons résultats, et jela donne ici comme exemple autour duquel peuventosciller les compositions de ces diverses fabriques :

Feldspath cristallisé de Bayonne . . . 100

Kaolin lavé. 40

Argile de Dreux .., 10

On fait cuire au feu de porcelaine tendre. L’urgilede Dreux et le feldspath de Bayonne peuvent être rem-placés par des matériaux analogues. La proportion dekaolin peut être diminuée si le ton n’est pas assez jau-nâtre et si la fusibilité n’est pas assez considérable; onaugmente, pour obtenir la coloration, le dosage de l’ar-gile, qui doit être plastique.

Boulons en pâte feldspathûfuc.

S’il est une fabrication qui puisse donner une idée dol’avantage des procédés mécaniques appliqués à la cé-