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ramique, c’est assurément celle îles boutons en pâtefeldspathique ; il est vrai que la petite dimension desobjets fabriqués se prêtait à merveille à leur façonnagepar la voie des machines.
La fabrication des boutons en pâte céramique serapprocherait de l’art de la vitrification si les procédésde lour façonnage avaient le moindre rapport avec- ceuxemployés par le verrier. Lu nature de la masse fondueest plutôt vitreuse, et la composition de la pâte ne ren-ferme aucun élément plastique soit à froid, soit à chaud.Mais les procédés employés pour façonner eus boutons,l’introduction du phosphate de chaux dans la prépa-ration, les méthodes de cuisson appliquées à leur cuitesoit en blanc, soit en couleur, ont tant d’analogie avecles moyens correspondants employés par la potier deterre, que ces boutons ont reçu dans le commerce lenom de boutons en pute céramique. Créée en An -gleterre par Botter, cette fabrication a été reprise, ily a vingt uns, par M. Brosser, qui substitua la pâte deporcelaine tendre à celle de porcelaine dure, et quimodifia complètement les procédés de fabrication. Lesbrevets furent exploités simultanément par deux ma-nufactures, celle de M, Minton et celle de M. Cham-berlain, de Worcester .
En France , la fabrication des boutons est pratiquéesur une très-grande échelle ; dans la manufacture deCrcil, on suit à peu près les méthodes anglaises. ABriare, où M. Bapterosses a transporté son établisse-ment de la rue de la Muette, on travaille suivant leprocédé dont il est l’inventeur et que nous avons dé-crit à l’article boutons de ce Dictionnaire, t. I. Nousindiquerons ici seulement quelques données numéri-ques qui complètent notre premier travail.
Pour préparer la pâte dite agate , on ajoute à5,000 kilogrammes de pâte feldspathique légèrementhumide, puisqu’à la dernière dessiccation ils se relui-sent à 1,930 kilogrammes, 125 kilogrammes de phos-phate de chaux. On emploie, pour débarrasser cettequantité de feldspath de l’oxyde de fer qu’elle con-tient, 140 kilogrammes d’acide sulfurique. Ce passageà l’acide est nécessaire pour obtenir une pâte qui cuiseblanc ; nous avons vu qu’il fallait attribuer à l’oxyde dofer la cause de la coloration des pâtes de porcelainequand elles cuisent dans une atmosphère oxydante;c’est ici le cas d’enlever jusqu’aux dernières tracesd’oxyde de fer.
Une petite quantité de lait est introduite dans lapâte, quelle que soit sa nature, pour la rendre facile àmouler. On ajoute pour la quantité de pâte indiquéeplus haut 45 litres de lait. Dans la manufacture deCreil , on se sert d’huile de lin au lieu de lait. Ce mé-lange empêche la rouille des machines ; le fer et le cuivrepeuvent être employés dans la confection des presses.
Une presse marche souvent deux heures sans répa-ration des picots, poinçons, etc. Dans l’origine, chaquepresse donnait 350 boutons I : c’étaient les plus pe-tits; on en faisait 3,520 avec chaque kilogramme depâte ; les frappeurs étaient payés à la journée, à raisonde 3 f ,25 par journée de dix heures.
En sortant de la presse, les boutons viennent seranger d’eux-mêmes sur une feuille de papier main-tenue dans un fer rectangulaire, d’où, par un tour demain très-sfcnple, ils se trouvent placés sur la plaquede terre qui doit les supporter dans le four.
La cuisson se paye aux ouvriers chargés de ce tra-vail à raison du poids de boutons cuits : dans le prin-cipe, lorsque l’établissement était à Paris , rue de laMuette, on payait 36 francs les 1 00 kilog. de boutonsstrass ou transparents, et 32 francs les 100 kilog. deboutons agate.
Si l’on n’avait la précaution d’enlever par des lavagesacides l’oxyde de fer contenu daus la pâte, les boutonscuiraient jaune ou rougeâtre ; ils sont d’un blanc parfait
quand on enlève les dernières traces de cet oxyde.
Un même ouvrier chargé de la surveillance d’unemême rangée de moufles travaille pendant douze heuresconsécutives.
La manœuvre des plaques est facilitée par la tour-nette : c’est une plaque métallique à deux rebords ver-ticaux de la largeur des plaques de terre qu’elle doit #recevoir, fixée horizontalement sur un axe vertical quipeut recevoir un mouvement de rotation.
Les boutons cuits sont reçus dans des espèces decaisses à claire-voie, disposées par juxtaposition, demanière à tourner autour d’un axe vertical, ce qui leurpermet de se présenter tour à tour devant l’ouvrier sepréparant à vider sa plaque de terre incandescente etchargée de boutons cuits.
X'ne plate-forme fixe est solidement rivée sur lacaisse commune qui doit réunir après leur refroidisse-ment les boutons provenant d’une série de cuissonssuccessives ; chacune des caisses à claire-voie a sonfond mobile autour d’une arête qui fait charnière. 11suffit d’appuyer sur de petites tiges attachées à ce fondpour le faire descendre ; les boutons tombent dans làcaisse commune, et lorsque la pression ne s’exerceplus, des ressorts à boudin ramènent le fond dans saposition primitive et ferment les caisses. Le refroidis-sement a lieu pendant que les caisses font leur circon-volution autour de l’axe. On les vide quand elles scprésentent devant la plate-forme fixe sur laquelle onplace la plaque incandescente.
En introduisant dans la pâte des boutons différentsoxydes métalliques, on obtient des boutons teints dansla masse ; ces pâtes colorées se cuisent exactementcomme si les boutons étaient en pâte blanche.
Les boutons blancs ou colorés dans la masse sonttriés et livrés à l’encartage, mais ils peuvent être dorésou peints des couleurs très-variées que fournit la pa-lette du peintre en porcelaine. La dorure et la peinturese font au moyen de l’impression. Des cylindres d'aciergravés permettent d'obtenir le transport de la couleursur un papier sans fin. L’impression s’exécute par desmoyens très-économiques sur des boutons collés préa-lablement sur une feuille de papier, et la cuisson s’o-père dans des fours analogues à ceux qui servent à cuireles boutons blancs, c’est à-dire à feu continu, à simplevue et très-rapidement.
La dorure appliquée par ces moyens deviendraitdispendieuse ; on l’emploie volontiers pour faire desfilets sur le bouton. 11 doit alors recevoir du brunis-sage un éclat qui le complète. Les boutons à brunirsont placés circulairement sur une plate-forme qui estmobile sur son axe et les présente tour à tour devantl’outil brunisscur. Indépendamment de ce mouvement,chaque bouton est porté par un pivot qui le fait tour-ner sur lui-même pour en présenter tous les points àl’action du brunissoir.
L’encartage se fait sur des cartes piquées à la machine ; l'encartage proprement dit est la seule opéra-tion qui ne se fasse pas mécaniquement ; aussi coûtait-il d’abord 48 à 50 centimes par masse, c’est-à-dire enmoyenne les 0,30 du prix de la masse des boutonsblancs. Cette façon ne coûte plus que 10 ou 15 cen-times par masse.
Les moyens perfectionnés par M. Bapterosses, et laconcurrence qui se maintient entre ses produits etceux des manufactures où les procédés anglais sont enusage, ont amené sur les prix de vente une baisse con-sidérable. L’accroissement de la consommation a dûs’en ressentir. Les prix se sont abaissés de 8 francs,la masse encartée (prix de 1818) à 1 fr. 75 c. et même1 fr. 25 c. La fabrication de M. Bapterosses atteint au-jourd’hui de 800 à 1,000 masses par jour, y compris150 masses de boutons imprimés, ces derniers au prixmoyen de 4 francs la masse.