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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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rOTKRIES,

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Kn Angleterre, les argiles du StafTordshire et do Bro-seley sont réputées les seules propres à fournir une bellecouleur rouge, qui se conserve meme sous lu glaçure ;elles sont employées presque exclusivement pour lescarreaux encaustiques; M. Minton, en mettant en lu-mière cette précieuse qualité des terres du Staffords-hire, s’est assuré pour longtemps une grande supério-rité dans ce genre de fabrication, et se3 concurrentsont jugé convenable de s’établir sur les carrièresmemes de Broseley. MM. Maw et C'sont aujourd’huides concurrents sérieux. Quoi qu’il en soit, M. Her-bert Minton a le mérite incontestable, je dis plus, in-contesté, d’avoir fait revivre les carreaux encaustiqueset d’en avoir porté la fabrication à son plus haut de-gré de perfection. Les difficultés qu’il a vaincues ontété nombreuses, mais aussi les succès qu’ont obtenusses produits ont été en raison meme de l’importancedes obstacles à surmonter. Les carreaux de Stoke-upon-Trent sont aujourd’hui répandus dans les églises, leschapelles, les hôtels, les habitations particulières et lesétablissements publics; on cite comme étant des plusremarquables les pavages des parlements d’Osborne,de Washington , du palais de Saint-Georges et del’hotel de ville de Liverpool, des cathédrales d’Ely,Salishury et Gloucester . Une fabrication similairemanque complètement en Franco .

§ III. DES POTEKIES

Considérées dans leurs rapports arec les beaux-arts.

Il n’est à ma connaissance que bien peu d’industriesqui puissent offrir avec les beaux-arts autant de rap-ports que celle qui nous occupe en ce moment. A l’ex-ception des bronzes et de l'ameublement, qui nécessitentl’application immédiate et générale des arts du dessin,la sculpture et la peinture, je ne vois aucun fabricantqui ait plus que lo potier à se préoccuper de l'applica-tion des beaux-arts à son industrie. Lt cette situationn’est nullement moderne. Nous trouvons dans la céra-mique antique des types très-recherchés au doublepoint de vue de la forme et du dessin, et les spécimensles plus authentiques de l’art chez les peuples civilisésde l’ancien comme du nouveau monde nous sont four-nis par les poteries que certains usages ont fait parve-nir jusqu’à nous beaucoup mieux conservées que lesbronzes et les édifices.

Sans vouloir présenter ici les principes de ce qu’onpeut appeler lefceau dans les arts , il nous suffira deconstater la grande variété qu’on rencontre dans lespièces d’usage ou d’ornement, tant vases et ustensilesdivers que figures, groupes et sculptures que les potiersfies différentes époques ont produits tour à tour. On apu voir par une étude attentive du musée céramiquede Sèvres , en suivant l’ordre chronologique des pro-ductions de la Manufacture impériale, l’histoire la plusévidente de l’art céramique dans ses transformationsou scs rapports avec le goût du jour. Cet établisse-ment, qui a généralement pris la tete du mouvement,fait voir par conséquent toutes les variations de ceque, suivant des époques peu séparées les unes desmitres, les gens de l’art réputés hommes d'un goûtexquis ont regardé comme beau.

Nous devons dire à la gloire de notre pays que de-puis le commencement du siècle, il marche le premierdans la voie de l’application des beaux-arts à l’indus-trie; il est inutile de rappeler ici la supériorité qu’ontmise en lumière les Expositions universelles de Lon-dres et de Paris pour tout ce qui touche aux objets degoût. Nos voisins eux-mêmes se sont émus de cettetendance, qui contribue dans une large proportion àmaintenir la prépondérance des produits de fabrica-tion française sur les marchés étrangers ; ils ont biencompris leur infériorité sous ce rapport dès la premièreexposition universelle, et c’est sur une grande échelle,

avec des ressources immenses, qu’ils ont cherché desuite à répandre chez le peuple la vue des objets debon goût, à faire sans fatigue l’éducation artistique deleurs ouvriers. On les a vus créer Marlborough-house,et pour ce qui regarde particulièrement la poterie, in-stituer dans leur centre de fabrication des écoles gra-tuites de dessin, de sculpture et de peinture. On aremarqué en France l’influence salutaire de ces éta-blissements, presqu’au début de leur installation, àl’époque de l’Exposition de Paris , et personne n’a, jele pense, oublié l’effet produit sur le publie par l’exhi-bition de M. Minton. Les meilleurs modèles de la ma-nufacture de Sèvres avaient été reproduits à ce point,que l'administration jugea prudent, pour conserverson rang et ses droits, de faire placer dans son expo-sition les plâtres, avec leur date, des objets reproduitset exposés par les fabricants anglais .

On commence en France à profiter de l’influence dela manufacture de Sèvres . Il faut qu’on sache que toutesles richesses accumulées dans le musée céramique ysont déposées tout autant pour servir au développementde l’industrie que pour conserver les bonnes traditionset condamner les formes d’un style équivoque. Depuisvingt ans surtout, les collections ont pris un accroisse-ment considérable. Et si, dès l’origine, on acceptait depréférence un vase grec, romain, étrusque ou mexicain ,avec des défauts qui font connaître les principes de safabrication, à un vase grec, romain ou mexicain quireprésenterait le sujet le plus instructif pour l’histoire deces peuples, on a quelque peu modifié cette loi ; le côtéque je nomme artistique a conquis sa place, et fortheureusement aujourd’hui le musée céramique pré-sente un égal intérêt à ceux qui s’occupent de technolo-gie comme à ceux qui suivent la fabrication des pote -ries dans ses rapports avec les beaux-arts. 11 devait enêtre ainsi. Le musée reçoit, en effet, de trois sourcesses éléments de formation et d’accroissement : ce sontcelles où puisent ordinairement toutes les collections,les achats, les échanges et les dons volontaires. Lapremière a été peu employée, mais la dernière a été laplus féconde; elle a fourni plus des sept huitièmes despièces que le musée possède. Or, une très-grande par-tie des dons a suivi les expositions et portent sur desobjets artistiques créés à grands frais en vue des con-cours nationaux ou universels.

Il suffit de dire ici les avantages que le musée céra-mique de Sèvres peut procurer aux fabricants français pour empêcher que cette institution ne soit utile qu’auxétrangers, et la faire servir, conformément aux inten-tions libérales de l’administration supérieure, aux pro-grès de Finie des plus remarquables industries du pays.

Nous ne sommes sans doute pas éloignés non plusde l’époque où le Conservatoire des arts et métiers (archives naturelles de l’industrie française ) sera dotéd’une chaire de céramique, bien utile, au sens de tousles fabricants, pour répandre les notions indispensablesà leur succès et compléter une œuvre violemment in-terrompue par la mort d’un savant dont le concoursavait été le plus précieux à la rédaction de ce Diction-naire. Nous avons nommé M. Ebelmen , l’habile admi-nistrateur de la Manufacture impériale de Sèvres.

§ IV. DES POTEltlES

Considérées dans leurs rapports avec les douanes.

Depuis que les chapitres qui précèdent ont été rédi-gés, le traité de commerce conclu, le janvier 1860,entre la France et le Royaume-Uni de la Grande-Bre-tagne et d’Irlande a fait justice du régime des prohi-bitions. Les poteries, telles que les faïences fines et lesgrès fins, qui étaient protégées par l’exclusion complètedes produits anglais , vont avoir à lutter avec les pote-ries similaires fabriquées en Angleterre. Les droits d’en-trée des autres produits céramiques vont être singuliè-