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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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PRODUCTION DU FROID.

minime, dont les effets devenaient sensibles aprèstrente minutes de travail.

Dans ces conditions, les effets calorifiques produitsont été les suivants, que nous traduirons en calories.

Calorimètre, Glace dans les 18 cylindres. 67 k

Glace enveloppant le bas du cylindre. . 33

400

Soit à 79,55 par kil., 7955 calories.

Le réchauffement par la surface métallique supé-rieure est difficile à évaluer ; la comparaison des ré-sultats obtenus par M. Péclet pour le chauffage à la va-peur n’est pas applicable ici, vu qu’il n’y a pas decondensation de vapeur sur une des faces, cause prin-cipale d’une rapide déperdition.

Nous serons donc peu éloignés de la vérité en ad-mettant 8,000 calories pour mesure de la quantité totaleabsorbée.

L’éther, revenant du condenseur à + 1 4° au moins(voir plus loin) et passant à — 10,80 environ dans lecalorimètre, est refroidi en consommant une chaleurpour 85 kilogr. d’éther qui ont circulé (chiffre déter-miné plus loin) de 85 X 0,51 X 24 = 1040 calories,quantité importante dont l'effet sur le haut des cy-lindres de glace est très-sensible; car leur centre nepeut s’y congeler à cause de l’action de cette quantitéde chaleur.

Pendant ce travail, un indicateur du vide de Bouv- vdon indiquait 61 ou 62 centimètres de mercure, soit14 à 15 centimètres pour la pression de l'éther à— 10 °.

En même temps que le froid se produit dans le ca-lorimètre, delà chaleur, avons-nous dit, se produit parla compression de la vapeur, et peut se mesurer parréchauffement de l’eau qui sort du condenseur, ce quenous n’avons pu faire qu’avec une précision assez mé-diocre, l’emplacement ne nous permettant pas de re-cueillir et jauger l’eau échauffée. Le volume de cetteeau, dans notre expérience, a été trouvé par le jaugeagedu réservoir à eau froide d’où elle provenait , de2 ,nc ,750 (diamètre 2,72 du réservoir cylindrique,différence de niveau du commencement à la fin del’expérience 0 rn ,48;, 2,750 kilogr. d’eau à 10" dansle réservoir sortaient à 1 2,80 du condenseur, empor-tant 2750 X 2.8 = 7700 calories. De cette quantitéil faudrait déduire la chaleur d’une petite quantitéd’eau chaude que l’on fait couler sur le cylindre de lamachine pour empêcher l’éther de s’y liquéfier, et quise réunit ensuite à l’eau du condenseur, et ajouter unequantité de chaleur assez notable qui se dégage par leconduit qui mène la vapeur d’éther comprimée par lapompe au condenseur, dans des conditions qui se rap-prochent de celles des expériences de M. Péclet, carde l’éther condensé garnit sûrement alors la face in-terne de la paroi.

Admettant que ces deux effets, tous deux relative-ment assez faibles, se balancent à peu près, on voit qtienous trouvons presque égalité entre la chaleur qui sortdu condenseur et celle empruntée au calorimètre ,sauf le dernier élément sur lequel nous aurons àrevenir.

La chaleur qui sort du condenseur donnera la me-sure de la quantité d’éther qu’elle a servi à condenser,et dont la chaleur latente est 91. Elle est donc de7700

-jjy- = 8 ü kilogr., nombre un peu trop grand toute-

fois, car la compression dépasse toujours nécessaire-ment le point précis où la condensation peut se pro-duire , et le condenseur reçoit ainsi une certainequantité de chaleur qui ne répond pas à une conden-sation, puisque celle-ci ne so produit avec quelque

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rapidité qu’en raison de l’excès de la température de lavapeur sur celle du condenseur.

Le vide du condenseur est mesuré théoriquementpar 46 centimètres de mercure, d’après la loi appro-chée de Dalton, la pression de l’étber à -f- 14° au moins(supérieure nécessairement, comme nous venons do levoir, à celle de l’eau du condenseur) étant 0,76 — 0, 46= 30 centimètres de mercure. Dans l’appareil qui nepermet pas de prendre ccttc mesure exactement, lapression se rapproche plus ou moins de cette limitesans l’atteindre jamais ; le vide, en raison de l’état del'appareil, se réduit à 25 quand il est imparfait.

Venons maintenant au travail moteur.

• Ayant placé un frein sur le volant de la locomobileet obtenu la meme vitesse que lorsqu'elle conduisaitl’appareil, à une pression peu élevée de 4 14 à 4 12atmosphères qui n’avait guère été dépassée, nous avonstrouvé 2,3 cliev. vap., sûrement moins de 2 1,2 che-vaux.

Avec les chiffres précédents nous pouvons concluredéjà, au point de vue industriel, ce qu’on peutattendre de la machine actuelle. Avec une dépense decombustible nécessaire pour l’alimentation de 2,5 che-vaux vapeur pendant 1 h ,66, c’est-à-dire avec de puis-santes et bonnes machines brûlant 1,5 kilogr. parcheval et par heure, au moyen de 1,6 X 2,5 X 1,66— 6 k .2o de houille et de 2750 kilog. d’eau de conden-sation à un niveau convenable (avec un poids moindre,une condensation moins efficace, effectuée à une plushaute température, exigerait plus de travail) on a pro-duit 100 kilog. de glace.

La dépense en argent, déjà très-faible, serait encoreréduite si on employait pour moteur une chute d’eau,fournissant le travail moteur à meilleur marché que lamachine à vapeur, et toujours l'eau de condensation àune hauteur suffisante sans aucune dépense pour sonélévation.

Il faut remarquer, toutefois, que dans ces dépensesnous ne faisons nullement entrer les frais généraux,c’est-à-dire les dépenses de chauffeur, de mécanicien,du personnel nécessaire pour le travail, dépenses quidiminuent à mesure que la fabrication est plus impor-tante, ni surtout les dépenses d’achat et d'entretien dela machine. Ce dernier article est impossible à prévoir ,la durée d'un appareil que la moindre fuite forced’arrêter ne peut être qu’un résultat d’expérience ;mais le bon service de celui que nous avons expéri-menté, et qui est le premier établi dans des propor-tions un peu grandes, permet de penser que lesdépenses d’entretien ne seront pas très-considérables.

Le prix fût-il plusieurs fois supérieur à celui qu'es-père l’inventeur, le succès de l’apparsil de M. Carré,pourvu qu’il résiste à un service prolongé, ne nousparaît pas moins devoir récompenser les intelligentsefforts de l’inventeur. Sans doute, on ne le placera pasen Norvège ou dans les pays septentrionaux où laglace est si abondante une grande partie de l'année, etoù il est si facile d’en conserver j mais à mesure qu’ons’approche du Midi, dans des pays comme la France ,où l’hiver est souvent assez peu rigoureux pour ne paspermettre de remplir les glacières, l’appareil deM. Carrédevient indispensable au moins comme puissant auxi-liaire pour les entreprises de commerce de glace. Maiscombien son utilité va en croissant, si on passe auxpays méridionaux, à ceux surtout comme la Havane,Calcutta , etc., dont les chaleurs, si dangereuses pourles Européens, font de la glace itne nécessité absolue !Avec quelle supériorité, par exemple, cet appareilpourra, dans l'Inde , lutter avec la glace amenée deBoston !

Ayons soin de bien faire remarquer, ce qui n’échap-pera à l’attention de personne, que la fabrication de laglace u’est ici qu’une application à une production