PRODUCTION DU FROID.
PYROSCOrUS.
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déterminée d’un moyen puissant de produire du froid,qui pourra trouver bien d’autres applications indus-trielles, ou plutôt qui s’appliquera naturellementtoutes les fois qu’un refroidissement sera utile. Lesbrasseries, les exploitations de marais salants, qui,pour l'application de P admirable procédé Balard, ontalternativement besoin du froid et du chaud, sont déjàà l’œuvre pour l’appliquer sur une grande échelle.
Après avoir applaudi aux chances de succès de l’in-génieux inventeur dont nous avons rapporté les tra-vaux, revenons sur le grand intérêt que présente sonappareil au point de vue de la science, aux progrès delaquelle il peut, croyons-nous, prêter un utile concours.
Obtenir par une action mécanique un froid de 10 ou4 2°, comme celui produit dajis l’expérience décrite ci-dessus, est déjà un résultat important, et qui, indus-triellement, a un grand prix, puisqu’il répond à tousles cas nombreux où il faut employer des mélangesréfrigérants de glace et de sel assez coûteux. Maisl’effet possible n’est pas limité à cette température.Dans une expérience, nous avons fait marcher lapompe sans mettre de l’eau dans le calorimètre, etnous avons obtenu, en moins d’une heure de marche,un froid de — 35°. L’indicateur marquait 708, ce quidonnerait pour la tension de l’éther, à cette tempéra-ture , 50 millimètres environ. La loi de Daltondonne 30.
Outre la possibilité de vérifier la loi de la tensiondes vapeurs aux diverses températures, ce qui seraitfacile en employant un instrument précis au lieu dumanomètre de Bourdon placé sur la machine, on voitcomment, en faisant, au besoin, se succéder des liquidesconvenables, elle peut permettre de produire, d’unemanière durable, des températures extrêmementbasses, en opérant sur des masses considérables avecun appareil suffisamment puissant. Nous nous conten-terons de rappeler les célèbres travaux de M. Faraday-sur la liquéfaction du gaz, pour indiquer l’intérêt dela production facile de très-basses températures, enemployant un mode d’action semblable.
Le second point de vue auquel nous voulons consi-dérer l'appareil de M. Carré est celui des relations dutravail mécanique et de la chaleur qui préoccupe à sijuste titre les savants qui sentent que l’on approche,dans cette direction, d’un grand progrès.
Nous avons vu que le calorimètre se refroidissaitd’une quantité supérieure de 1040 -|- 300 = 1340 ca-lories à colle qui se trouve dans le condenseur. Cettequantité est celle qui correspond au travail mécaniquede la pompe qui comprime les vapeurs d’éther dans lecondenseur, et l’analyse de cet effet permet de biencomprendre la manière dont les phénomènes sepassent dans la machine.
Dans le calorimètre, l’éther donne des vapeurs dontla température est — 10° et la pression de 15 centi-mètres de mercure. Cette vapeur, si clic était conduitedans un condenseur renfermant de l’eau à -}- 10°, nepourrait que s’y surchauffer et nullement s'y con-denser. Mais si, par l’effet d’une pompe et d’un tra-vail mécanique, on la comprime de manière à augmen-ter sa densité et ainsi élever sa température à -j- l() rt ,elle deviendra susceptible de se liquéfier dans le con-denseur, mais non de perdre la chaleur sensible produitepar ce travail, puisqu’elle n’a pas une température su-périeure à celle du condenseur. On peut ainsi fairedoux parts de la chaleur : celle latente de vaporisationengendrant le refroidissement du calorimètre et le ré-chauffement de l’eau du condenseur, et la chaleur sen-sible qui réchauffe l’éther et se perd en partie parrayonnement. L'équilibre stable du système, l’égalitéentre le refroidissement du calorimètre et le réchauffe-ment du condenseur n’existe que si l’on tient compte dutravail consommé par la pompe, car la quantité de cha-
leur sensible conservée par l’éther liquéfié qui repassedans le calorimètre est celle produite directement parle travail mécanique de la pompe, et elle est assez con-sidérable pour que son calcul puisse offrir de l’intérêt.
T étant le travail produit, E l’équivalent mécanique
do la chaleur, on doit avoir
T
E
1340 calories, ré-
chauffement des 85 kilocr. d’éther produit par le tra-vail mécanique, plus la différence trouvée en commen-çant, qui comprend surtout les pertes de chaleur parles surfaces.
La quantité T peut se calculer assez facilement d’a-près le volume et la pression de la vapeur d’éther.
La densité de la vapeur d’éther est 2,54, celle del’air étant 1 sous la pression 0,76 sera, pour 15 cen-timètres de mercure, 0,50 à température constante età — 10°, 0,54, 1 mètre cube pèsera 0 k ,70, et 85 kilog.auront un volume de 4 21 mètres cubes. La pression
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passant de 15 à 30, comme — = 5, on a :
'1 i)
T = x Î21 = 2i928G; d’oùb
E — 186 kil. met.
Nous ne donnons cette première détermination quecomme approximation grossière, et pour montrer com-ment la machine installée convenablement pourra con-duire à de bonnes valeurs de l’équivalent mécanique de5a chaleur, les phénomènes qui s’y passent étant bienconnus, ne pouvant donner de pertes difficilementappréciables, comme cela a lieu quand on emploie desfrottements pour produire de la chaleur, et tous leséléments du calcul, et surtout les pressions, pouvant s’ymesurer avec précision.
Le volume décrit par la pompe de la machine deM. Carré étant de 0 m ,06l, on aurait dû, en
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(MÏ6Ï
= 2015 coups de piston, produire lo résultat ob-
tenu dans notre expérience. En réalité, il fallait plus dodeux fois ce nombre, ce qui prouve que la perfectiond’exécution peut encore améliorer l’appareil, faire éviterdes compressions et dilatations alternatives de vapeurpar suite du jeu imparfait des soupapes, des espacesnuisibles, etc.
On conçoit, d’après ce qui précède, tout l’intérêt quemérite l’invention de M. Carré. Création d’un appareilpouvant pratiquement fournir du froid dans une foulede cas comme avec un fourneau on produit de la chaleur,c’est-à-dire conquête pour l’industrie d’un moyen d’ac-tion tout à fait capital, constitution d’une industrie sé-rieuse, progrès scientifiques pouvant résulter du degrédo perfection déjà atteint grâce aux ingénieuses dispo-sitions que l'inventeur a su combiner pour la solutionde difficiles problèmes ; voici ce qui est déjà acquis, ettoutes ces conséquences grandiront et se développerontavec le succès industriel, qui ne me paraît pas douteux,de l’appareil.
PYROSCOPES. Nous compléterons, en insistantsur la cuisson des poteries, les documents que nousavons donnés à l’article tiiermo.mktkk. Il faut unetrès-grande expérience, un coup d’œil sûr pour appré-cier exactement dans les diverses industries qui sontbasées sur l’emploi des températures élevées la marchedu feu, son accélération ; il faut une habitude qui nes’acquiert qu’après de longues années pour savoir re-connaître si la température s’élève également danstoutes les parties d’un four, et s’il convient, les objetsayant atteint leur degré de cuisson, d’arrêter le feu brus-quement pour l’empêcher de dépasser le degré voulu.
Lorsqu’on cuit des poteries , on juge si le tirageest bon et égal d'après la flamme qui s’échappe doscheminées et des carneaux, c’est-à-dire d’après sa Ion -