rVROSCOPES.
PYROSCOPES.
493
gueur, d’après sa couleur plus ou moins bleuâtre, plusou moins fuligineuse.
Couleur du feu. — Lorsque les pièces qui sont dansle four commencent à rougir, on examine, par desouvertures réservées à cet effet dans les différentes par-ties du four, la couleur du feu ; l'état d’incandescencedes pièces placées dans le four peut donner aux prati-ciens expérimentés le moyen de juger de la force et dela régularité du feu.
D'après M. Pouillet, les divers degrés d’incandes-cence correspondant à des températures que nousréunissons dans lo tableau suivant, en plaçant enregard du nombre de degrés centigrades le point defusion de-quelques métaux, sont les suivants :
Rouge naissant. . 525 degrés.
Rouge sombre. . . 700 —
Cerise naissant. . 800 —
Cerise. 900 —
Cerise clair.*. . . 1000Orangé très-foncé. 1050
Orangé foncé. . .Orangé clair. . »Blanc naissant. .Blanc éclatant. . .Blanc éblouissant.Blanc éblouissant.
1Î00
1200
1300
1400
1500
1600
fusion de l’argent,fusion de la fonteblanche.
fusion de lafontegrise.fusion de l’or,fusion de l’acier.
j fusion du fer forgé ;< cuisson do la por-( celaine dure.
Montres ou Pyroscopes. — Pour ne pas être ex-posé dans les fabriques aux erreurs auxquelles la vueseule pourrait donner lieu , on place dans divers en-droits du four des pièces de même nature que lespoteries à cuire : on les retire vers la fin de la cuissonpour les examiner avec attention : ces petites piècesprennent le nom de montres ou pyroscopes ; elles diffè-rent de forme avec les fabriques et les usages des pays.
A Sèvres , ce sont des fragments d’assiette percéed’un trou qui permet de les aller saisir dans le four aumoyeu d’un ringard en fer et placés sur un patin deterre à cazottc. Pour que le four ne se refroidisse paspar le courant d’air qui pénétrerait dans le labora-toire, chaque fois qu’on veut juger de la couleur dufeu, on empêche l’air froid d’avoir accè3 dans l’inté-rieur du four : on dispose à cet effet des visières qu’onenlève au moment de retirer les montres ; ces visièress’engagent par un talon carré dans un*trou de mêmeforme réservé dans la porte ; elles se terminent parune partie conique portant sur la gorge antérieure ,enchâssée dans une rainure, une petite plaque en verreà vitre qui bouche complètement l’ouverture. Lorsqu’onveut voir la couleur du four, on soulève une petite tôlequi glisse dans une seconde rainure.
Dans quelques fabriques les montres sont de petitestasses carrées ou-légèrement coniques qu’on enlève,soit par un trou fait exprès , soit au moyen de l’anse.
L’état dans lequel sont ces pièces fait connaître assezexactement le degré de cuisson de la poterie qui rem-plit le four , car les changements physiques qu’elleséprouvent indiquent la manière dont la températures’élève ; en comparant entre elles les montres d’unemême fournée dans un même moment, on voit com-ment la chaleur s'est répartie dans les, diverses partiesdu four ; en comparant entre elles les montres do plu -sieurs fournées consécutives, on établit expérimenta-lement à quel degré de cuisson il faut les amener pourdonner à chaque fournée le feu qui lui convint.
J’ai dit que les montres faisaient connaître assezexactement l’état de cuisson des pièces placées dansle four ; il est évident qu’étant mises dans des étuisouverts recevant directement l’air froid quand on lesretire, refroidies promptement, elles doivent être géné-ralement un peu moins cuites et peut-être aussi m'oinsbrillantes que les pièces contenues dans le four.
Plusieurs fabriques, comme celles de Creil et deMontcreau , jugent expérimentalement et d’une ma-nière rigoureuse l’état d’avancement du feu d’aprèsla coloration d’un mélange de terres plus ou moinsmanganésîennes et ferrugineuses, ou par la retraitequ’elles prennent en cuisant. On façonne ces pyros-copes sous forme de sphères ou de boules creusesqui doivent, lorsque la pâte est cuite, passer par untrou déterminé ; elles sont percées de part en part.Après la cuisson elles prennent une couleur qui variedu rouge pâle au rouge brun, en passant par le tonrougeâtre qui dénote une cuisson convenable.
Pour cuire le vernis, on a recouvert les pyroscopesrougeâtresd’un vernis plombifèretrès-fusible, qui prendune couleur déterminée sous l’influence d une mêmetempérature. La coloration de ces boules varie alorsdu rouge clair au brun rouge très-foncé, suivant latempérature qu’ils ont reçue.
Quoiqu’on admette aujourd'hui que ces méthodes dejuger le feu soient les plus convenables, il serait erronéde penser qu’on n’ait jusqu’à ce jour fait aucune re-cherche pour doter les arts céramiques et les autresindustries qui réclament l’emploi de la chaleur rougede pyromètres exacts. Or, les conditions que ces instru-ments ont à remplir suffisent pour faire comprendreles difficultés du problème, augmentées encore par lahaute température à laquelle il s’agit de monter.*
L’exposé fait par M. Brongniart des conditionsauxquelles un bon pyromètre doit satisfaire indiqueles obstacles à surmonter.
Il faut en effet, et ces conditions sont d’impérieusenécessité :
« 1 ° Qu’il soit d’un emploi facile, c’est la première detoutes les conditions auxquelles il doive satisfaire pourque son usage puisse s’introduire dans l’industrie;
« 2° Qu’il fasse connaître promptementlatempératuredu four dans lequel sont placées les pièces à cuire;
« 3° Qu’il indique sûrement la marche du feu dans lefour;
« 4° Qu’il donne ces indications avec exactitude, d’unemanière précise, absolue, transmissible dans tous leslieux et dans tous les temps. » (Brongnjakt.)
' Le premier pyromètre employé fut celui de "Wedg-wood ; il est fondé sur la propriété qu’ont les pâtesargileuses de diminuer de volume sous l’influence dela chaleur ; les indications de cet instrument, dont onne se sert plus guère qu’en Angleterre, ne sont pasassez précises pour qu’on puisse recommander actuel-lement le pyromètre de Wedgwood ; la nature del’argile dont on a fait usage pour former les billespyrométriques a des influences sur la retraite de lapâte pour une même température donnée : d'ailleurs,suivant qu’on élève la température plus ou moins ra-pidement, suivant que les cylindres ont été moulés outournés, les indications de l'instrument pour une mêmetempérature et pour une même pâte argileuse sonttrès-variables.
Malgré ses imperfections cet appareil est très-connu ;nous allons néanmoins en donner ici la descriptionexacte.
Sur une plaque métallique ordinairement en cuivre,on soude deux règles dont l’une est divisée en deuxcent quarante divisions égales ; ces règles formententre elles un canal de 61 centimètres; l’extrémité laplus large donne une ouverture de 14 millimètres; oncompte les degrés depuis l’ouverture large jusqu’à laplus étroite. Cette dernière correspond à 240, la pre-mière indiquant 0 degré; c’est sur cette extrémité quedoit être ajustée la bille pyrométrique avant d’êtremise en usage.
Wedgwood composait ses billes pyrométriques avecun mélange à parties égales d’argile de Cornouailles ,et d’alumine calcinée provenant de la décomposition