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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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REVOLVER.

ROTATION.

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et taraudés, en sorte qu’après avoir subi vingt-deuxopérations distinctes, le corps de platine est prêt pourl’achèvement manuel, travail qui consiste seulementdans l’enlèvement des éharbures, radoucissement desarêtes, la trempe et le dernier poli.

Le tambour I> est tiré d’une barre d’acier fondumassif; on le forge, on le tourne, on le creuse, on letaraude, on le polit et on le grave, puis on y fore lestonnerres sur une machine . ce qui assure la parfaiteuniformité du travail.

Le canon est aussi pris dans une barre d’acierfondu; on le forge plein; puis, après l'avoir foré etcalibré, on le soumet à différents appareils qui le dres-sent et y façonnent la saillie qui sert à le fixer aumoyen d’une goupille ; on le taraude ensuite et on leraye intérieurement au moyen d’une machine quis’ajuste d’elle-même et qui y trace une hélice dont lepas se resserre de plus en plus à mesure que le filets’éloigne de la culasse.

Lu un mot, toutes les pièces du revolver sont fabri-quées séparément et arrivent presque finies par lesmachines outils, mais tout à fait isolées les unes desautres, dans l’atelier des ajusteurs, qui les assortissent,les terminent et les montent.

M. Adams a fabriqué un autre revolver qu’il a faitbreveter, et qui porte un caractère particulier et dif-férent ; car la pression du doigt sur la détente suffitpour armer d'abord le pistolet, puis pour faire partir lecoup , tandis que le revolver Colt doit être armé sixfois par un mouvement spécial pour que les six chargesfassent explosion.

Les partisans du système du colonel ont réponduque cette disposition avait déjà été essayée et aban-donnée en Amérique ; qu’elle exige un ressort faiblemû par le faible effet du doigt pour faire tourner letonnerre et sujet à manquer promptement de puissance,si l’on veut que la détente no soit pas très-dure ; enfinqu’elle est défavorable à la justesse du tir, lorsque leressort est assez fort.

Révolter Devisme. — M. Devisme, arquebusier àParis , a inventé un genre de pistolet revolver qui offrediverses dispositions nouvelles et heureusement com-binées.

Les revolvers semblent à priori devoir être de3 armestrès-défectueuses, au point de vue de la portée et aupoint de vue de la justesse du tir. Toutefois , si l’onne peut espérer obtenir d’une arme dont le canon estpartagé en deux parties une justesse absolument par-faite, il était assez naturel de penser qu’il était possiblede la rendre assez satisfaisante en lui appliquanttous les perfectionnements apportés à la carabine parMM. Delvignc, Tamisicr, etc.,etc.,qui ont rendu cettedernière arme si précieuse. C’est cette idée parfaite-ment juste qui a guidé M. Devisme et lui a inspiré leperfectionnement qui donne une grande valeur à soninvention ; nous voulons parler de la tige qu’il as-semble à la culasse et dans chaque chambre par leprolongement de la cheminée, et sûr laquelle il forcepar percussion sa balle cylindro-conique.

Dans ces conditions, la balle, recevant une vitesseconsidérable de l’inflammation d’une quantité de poudresuffisante (plus grande que celle qu’on emploieraitpour un pistolet ordinaire), vient traverser le canonrayé en hélice et conserve une vitesse considérablemalgré son forcement, tout en prenant un mouve-ment de rotation autour de son axe qui assure la jus-tesse du tir.

Dans des expériences comparatives que nous avonsfaites, la balle s’est rarement écartée de plus de 10 à-15 centimètres de la mouche (le tireur étant assezhabile); elle a traversé à *25 pas trois planches de sapinde plus de deux centimètres d’épaisseur chacune, tandisque, avec les mêmes charges, les balles des revolvers

Colt et Adams n’en onttraversé que deux. Il est juste dodire que nous avons employé pour le tir des revolversdu colonel Colt des balles sphériques, qu’on peutemployer aussi avec cette arme des balles cylindro-co-r.iques, mais jamais dans les conditions de la carabine àtige. En effet, il ne parvient à forcer la balle dans lecanon, sans écraser la poudre, qu’en lui donnant uneforme conique ; mais malgré, l’ingénieuse combinaisonde son levier pour bourrer, il ne peut écraser la balle(supposée fondue avec une précision mathématique),de manière à la faire adhérer très-fortement, de tellesorte que ce pistolet se décharge fréquemment quandon le place dans les fontes d’un cavalier, inconvénientgrave dans un (les cas où l’application de ces armesa le plus d’avenir.

Les diverses parties (les revolvers Devisme sontcombinées en raison de la nécessité de faire le char-gement de la balle par percussion, et en vue de remé-dier à quelques inconvénients révélés par la pratiquede ce genre d’armes.

Pour charger le pistolet, on le démonte en tournantune clef qui permet de retirer le canon, monté sur unaxe central ; puis on retire le tambour qui glisse sur lemême axe. Rien de plus facile que de charger celui-ci,d’y déposer la poudre, y entrer les balles, les forceren frappant avec la crosse du pistolet sur une petiteétampe cylindrique portant en creux la forme de l’ex-trémité de la balle (et montée à vis sur la crosse j5ourqu’on l’ait toujours sous la main). On y place enfinles capsules ; puis, faisant glisser les deux pièces surl’axe et serrant la clef, le pis'olet est prêt à faire feu.

Ou ne peut se dissimuler qu’il n’y ait quelque chosedo fâcheux danscctteobiigation de démonter le pistoleten trois pièces pour procéder nu chargement, mais ily a des compensations à cet inconvénient, même ensupposant qu’on puisse charger dans les conditions indi-quées ci-dcssus sans cette précaution ; nous voulonsparler de l’impossibilité pour les capsules d’abandonnerles cheminées et de la grande rapidité (lu chargement.Toutefois ce dernier avantage n’est pas de très grandeimportance, pas plus que l’mconvénient du démontagedont nous avons parlé’n’est grave, parce qu’avec sessix coups, le revolver n'est pas une arme à rechargercontinuellement en présence de l'ennemi. Aussi ouadmettra facilement que la pratique pui.-se donner touteraison à un système comme celui dont nous parlons,s’il est bien établi dans ses détails. Sous ce rapportencore, le revolver deM. Devisme offre beaucoup d’in-térêt.

Les inconvénients des soins nécessaires pouv lechargement de ces armes et les perfectionnementsapportés aux cartouches ù culot, font donner la pré-férence aujourd'hui par beaucoup de personnes auxrevolvers qui emploient de semblables cartouches pré-parées à l’avance : tels sont ; eux construits par M. Lefaucheux, arquebusier à Taris.

ROTATION. La granulation des métaux , leurréduction en poussière fine est souvent utile pour plu-sieurs opérations industrielles, notamment pour mul-tiplier les surfaces, afin de faciliter leur oxydation,leur attaque par les acides. Pour les métaux facilementfusibles, l’étain notamment, on emploie quelquefois unprocédé qui consiste à le verser dans une capacitémétallique qu’on secoue vivement jusqu’à ce qu’il soitsolide. Mais ce procédé, difficilement praticable sur unequantité un peu grande de matières, ne pourrait nulle-ment être employé pour des substances difficilementfusibles. Au contraire, celui que nous allons décrireici , et dont l’invention est due à M. de Rostaing ,s’applique aussi facilement à la fonte de fer, à desmattes cuivreuses qu’à du zinc ou du plomb.

L’appareil qu’il a disposé est représenté fig. 3711,et consiste essentiellement en un axe vertical mis eu