TEINTURE.
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méthodes en usage dans la filature du coton. L’entièreréussite devait au contraire avoir pour base et pourpoint de départ ce que la pratique avait appris dansla filature à la main; il fallait faire exactement ceque fait la fileuse ellc-môme : aller chercher dans lapoignée de lin la petite quantité de brins dont elle abesoin, les démêler, les tendre et les humecter avecde la salive. Inventés en 1810, comme le prouvent lesbrevets pris à cette époque par Philippe de Girard ,puis appliqués à Paris, en Autriche , en Saxe, ces pro-cédés, basés, d'une part, sur l'emploi de peignes quibasculent les uns sur les autres, vont chercher et étirerles filaments pour les conduire au cylindre étireur,d’autre part, sur l’emploi deTcau tiède pour dissoudrela matière glutineuse qui soude les fibrilles composantle filament de lin, ces procédés restèrent inconnus enAngleterre jusqu’en 1819. Des documents irrécusablesprouvent en effet que c’est dans la période qui sépare1S20 de 1824 que la filature mécanique du lin futétablie dans le Royaume-Uni . Des essais plus ou moinsheureux avaient été faits, mais ils ne conduisirent pasà des résultats complets. L’invention ne doit dater quedu jour où la révolution s’est accomplie, et nous avonsdit qu’elle l’avait été par l’emploi de l’eau chaude etdes peignes sans fin créés par Philippe de Girard . Telleest la part de la France dans l’application de la méca-nique à la filature du lin. La part de l’Angleterre estconsidérable, surtout dans les perfectionnements, carc’est elle qui a réglé les machines préparatoires, c’estelle qui a complété le système de l’assortiment desmachines, c’est elle encore qui a trouvé le filage à secdes étoupes.
L’importance du blanchiment dans ses rapports avecles étoffes de lin motive l'exposé que nous allons pré-senter ici des détails sur l’importance de l’industrielinièro en Angleterre comme en France . Ces détailssont extraits presque textuellement du rapport deM. Legentil sur l’Exposition universelle de Londres en 1851.
Si la France a tardé trop longtemps à s’approprierla filature mécanique du lin, la Belgique et l’Allemagne ont encore montré moins d’empressement. On trouvela cause de cette situation dans la culture même du lintrès-répandue sur ce territoire. Le lin était filé, puistissé manuellement par des ouvriers débiles, ce travails’alliant du reste aux travaux des champs; les capitauxd’ailleurs étaient beaucoup moins pressés de se portersur cette industrie exercée déjà dans des conditionsd’un salaire très-modique.
En Angleterre de nombreux et très-habiles méca-niciens, une population ouvrière familiarisée depuislongtemps avec l’usage des machines, la vue de for-tunes colossales créées par l’exploitation de l’industriecotonnière, tous ces puissants mobiles entraînèrent lesspéculateurs. L’Angleterre marcha donc d’un pasferme dans cette carrière, après avoir pris une avanceconsidérable sur toutes les autres nations.
L’accroissement annuel de la filature et du tissagedu lin devrait être le plus puissant encouragement àla culture de cette matière textile dans les pays qui lacultivent et la mettent en œuvre. Il n’en est cependantrien, comme le prouvent les données statistiques qu’ona pu recueillir. Une des grandes difficultés de la cul-ture du lin réside dans l’opération du rouissage ; c’esttout à la fois une cause de retard dans la solde dutravail du producteur, une cause d'insalubrité dans lalocalité qui se charge de miasmes, surtout lorsque lerouissage s’opère dans des eaux stagnantes.
Depuis 1847 des essais ont été faits pour fafre dis-paraître les inconvénients de cette préparation ; l’eauchaude proposée par M. Schenck n’exige déjà pluspour les tiges de lin que soixante heures d’immersion.En 1850. M. Doulan a proposé le broyage mécanique
du lin qui sépare la tige ligneuse du filament, et quisupprime le rouissage; on file la filasse à sec, et l’onfait bouillir le fil avant le tissage. Ce moyen ne peutservir qu’à l’obtention de fils très-communs. Enfin,M. Claussen propose de plonger la tige dans une solu-tion chimique appropriée; trois heures d’immersionsuffisent pour détacher la filasse de la tige ligneusequ'elle enveloppe. Il va plus loin : il blanchit complète-ment la filasse, la divise et la cofomse en quelque sorte.Mais y a-t-il avantage à faire du coton avec du lin?pourquoi ne pas réserver le cœur du lin qui produit unélément textile plus précieux que le coton?
De toutes les nations, celle qui cherche le plus ac-tuellement à répandre la culture du lin est l’Angle-terre ; elle fonde ses espérances de succès sur la divi-sion du travail ; on veut séparer les deux industries,celle de la production du lin et celle do la préparationde cette matière textile. La culture s’augmentera dujour où le cultivateur pourra vendre et livrer sa récoltosur pied. La préparation, le rouissage et le teillage dulin se feront beaucoup mieux, lorsque ces deux opéra-tions s’exécuteront dans des ateliers spéciaux, ondehors des champs, où le filateur pourra réunir intel-ligence, économie, activité.
L’Irlande peut suffire aux besoins do l’Angleterre;l’étendue du sol de cette contrée qu’il est possible decultiver peut s’estimer à 15 millions d’acres (I acre= 65 ares 60 centiares); il est admis que chaque acredonne 250 kilogr. de filasse, ce qui équivaut à 380kilogr. par hectare.
Or, la Grande-Bretagne possède un million cinqcent mille broches, qui consomment annuellement 120à 125 kilogr. défilasse, dont elle tire les trois quartsde l’étranger. Pour trouver chez elle-mêmo la totalitéde son approvisionnement, elle n’aurait à ensemencerque 500,000 acres; l’Irlande y suffirait seule, car cettesuperficie ne représente que la trentième partie de sasurface totale. Le lin d’Irlande est bon; il produittoutes les variétés extra-fines que la Belgique seule esten mesure de produire.
L’Angleterre poursuivra certainement le but qu’ellese propose, la propagation de la culture du lin, carelle sent qu’un jour ou l’autre ses manufactures docoton manqueront de la matière première dont ellesfont une si prodigieuse consommation. (Voyez Chanvkeet Lin .)
Laine . — Peu de laines en fil ou tissus sont livréesen blanc à la consommation ; si l’on excepte quelquescasimirs et les flanelles, la laine n’est consommée quelorsqu’elle a reçu les diverses opérations de la tein-ture. Avec les développements de l’industrie des lainesdoit donc encore se développer l'art de la teinture.A ce titre nous trouvons intéressants les chiffres queM. Randoing a réunis à l’occasion du travail de lacommission française pour l’Exposition universelle doLondres .
D’après cet honorable industriel, l’histoire de l’in-dustrie de la laine peut se résumer en France en quatrepériodes distinctes.
La première commence à la fin du seizième siècle,à la fondation de cette industrie, et la création desgrands établissements dont la principale force consis-tait dans les nombreux privilèges qui leur étaient con-cédés ; elle se termine en 1789.
La deuxième période comprend la durée de l’Empireet le commencement de la Restauration. La situationde la France vis-à-vis de l’Europe entière impose auchef de l’État l’obligation de faire de l’industrie l’undes leviers de son action ; la fabrication des draps, se-condée par les soins donnés à l’agriculture, commeencore par l’esprit d’invention qui caractérise ce siècle,suit l'impulsion des sciences positives, elle sort de