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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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teinture.

TEINTURE.

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Non» étudierons les matières textiles dans l'ordreque nous avons suivi jusqu’à présent, en les divisanten matières d’origine végétale et matières d’origineanimale.

Matières d'origine végétale.

A cette catégorie appartiennent le coton, le chanvroet le lin. Ce sont les seules matières textiles d’originevégétale dont nous nous occupions ici.

Coton ou laine d'arbre. — Le coton est, comme onsait, le produit d’un arbre ou d’un arbuste qu’onnomme cotonnier, de l’ordre des mauves ; il ne croît quedans les pays chauds, entre le trentième degré de lati-tude et la ligne ; les terres argileuses, rocheuses,sablonneuses lui conviennent; toutes les expositionslui sont bonnes, sauf celle du vent du nord, qui pour-rait en dessécher les feuilles. Les fibrilles du coton dontl’industrie fait usage ne sont autfe chose que les poilsqui forment le duvet de la graine du cotonnier, dontles sucs ont disparu par le développement et la des-siccation. De la finesse «les fibrilles, de leur longueur,de leur élasticité, de leur force et de leur douceur dé-pend la qualité du coton; celui qui réunit ces qualitésau plus liant degré a le plus de valeur, d’après M. Mi-chel Alcan , si bon juge en pareille matière.

Rappelons ici qu’il y a plusieurs espèces de cotonniers qui toutes ne se prêtent pas avec la même facilité,avec le meme bonheur aux opérations de la teinture.Les uns ont la forme d’arbre, les autres n’atteignentpas au delà de la hauteur des arbustes. On distingue,dans le commerce, les cotons suivant la longueur desfibrilles.; on les nomme cotons à longues soies ou cotonsà courtes soies. La longueur des premiers varie de0 m ,0202 à 0 m ,^39 ; la longueur des seconds est com-prise entre 0 m ,014 et 0‘",025 ; il y a donc dans cettedernière classe des cotons de la même longueur que lescotons longues soies; leur qualité ne permet pas alorsde les admettre dans la première classe.

En général, les cotons longues soies viennent deGéorgie, de Bourbon, d’Égypte, de Cuba , do Car-thagène.

Les courtes soies viennent de la Louisiane , deCayenne, de Madras et d’Alexandrie. L’Algérie fournitactuellement à lu France des cotons de très-belle qua-lité. Nous renvoyons à l’article Coton , publié dans lepremier volume de ce Dictionnaire, où le lecteur trou-vera l’exposé de toutes les méthodes de préparationdu coton et les procédés perfectionnés employés dansla filature de cette matière textile.

Chanvre, — Le chanvre est une plante annuelle,cannabis saliva; la tige droite, velue, dure au toucher,creuse en dedans, a généralement de 1 m ,43 à *2 mètresde hauteur ; elle est recouverte d’une écorce qui sesépare en filaments assez déliés. La graine est connuesous le nom de chèncvis ; Linnée en attribue l’origine àla Perse.

Les chanvres les plus estimés sont ceux de l’Au-vergne et de l’Anjou, mais ils ont beaucoup moins desouplesse que les lins ; il est d’ailleurs difficile de lesteindre en couleurs claires, car on ne peut les blanchircomplètement.

Lin. — Le lin est une plante annuelle à tige fine, quis’élève moins que celle du chanvre; elle n’atteintguère que de 0 m ,70 à 0 m ,80; elle est creuse et forméede filaments réunis par une substance agglutinativeque le rouissage peut dissoudre, et qui contrarieraitbeaucoup le teinturier si par des procédés spéciaux onn’en savait débarrasser complètement les fils et lestissus. Les filaments du lin comme ceux du chanvrene sont autre chose que des tubes vasculaires articulés* et cloisonnés ouverts à leurs deux extrémités. Cettecontexture de la fibre textile ne semble pas être étran-

gère à la coloration «le la fibre par les matières tincto-riales; ceux qui n’ont voulu voir dans les divers phé-nomènes de la teinture que des actions physiques s’ap-puyaient sur cette organisation de la matière textile.Nous verrons que pour concevoir une idée bien exacte doces sortes de phénomènes, il faut faire la part à toutesles influences qui sont en jeu. Ce qu’il y a de certain,c’est qu’on trouve dans la laine et dans la soie uneorganisation, sinon semblable, au moins équivalente.

Le lin et le chanvre ont d’ailleurs avant d’être misentre les mains du teinturier à subir de nombreuses opé-rations qui les transforment, lespurifient, les façonnenten fils et en tissus; nous engageons le lecteur à lire at-tentivement les articles si bien présentés par M. Alcansous le titre de Lin . Les traitements manufacturiersqu’on fait subir a ces deux matières textiles sont lesmêmes; il faut les connaître pour apprécier le rôle dansla teinture «le plusieurs des agents dont nous feronsusage par la suite. L’article Tissage du même auteurdoit encore être étudié pour nous faire saisir le rôlodes substances accidentelles que le tisserand introduitpour effectuer son ouvrage et dont il est important quele teinturier fassedisparaître jusqu’aux dernières tracess’il veut produire dans les meilleures conditions de suc-cès et de bon marché.

Propriétés chimiques des fibres d'origine végétale. —Considérées sous le rapport chimique, les fibres textilesdu ün, du chanvre et du coton représentent de la cel-lulose pure, débarrassée de toute matière incrustante.Nous devons en faire une étude approfondie, surtout aupoint de vue du teinturier. Nous ne pouvons ignorer eueffet comment cette fibre se comporte au contact desdivers liquides dont le teinturier doit faire usage; ilnous faut aussi connaître les altérations qu’elle peutsubir de la part des éléments employés pour la déco-lorer lorsqu’elle possède par elle-même une colorationpropre qui doit disparaître surtout pour l'obtention descouleurs très-claires et pures. L’art du blanchimentcomme celui do la teinture exige donc la connaissancedes propriétés chimiques de la cellulose organisée.

La cellulose pure est formée de carbone, d’hydrogèneet d’oxygène dans des proportions qui conduisent à laformule C 13 II 10 0 ,0 = C 12 H a O» + IIO ; elle con-tient en effet:

Carbone . 990 444

Hydrogène. 125 6,17

Oxygène. 1000 49,39

2025 100,00

A l’état de pureté, c’est une substance incolore, dia-phane, insoluble dans l’eau, dans l’acide acétique, dansl'alcool, dans l’éther, dans les huiles grasses et dansles huiles essentielles ; elle résiste à l’action des acideset des alcalis étendus, mais sa résistance est variableavec l’état d’agrégation sous lequel elle se présente.

La cellulose se conserve assez longtemps lorsqu’onl’expose à l’air sec; mais sous l'influence de l’air hu-mide, elle se désagrégé d’abord, puis finit par subir unevéritable décomposition.

Le chlore, le brume, l’iode, eu dissolutions étenduesne l'attaquent que faiblement: mais s’ils agissent àl’état de dissolutions concentrées, les altérations sontprofondes, surtout sous l’influence des rayons solaires.Non-seulement ils agissent comme des corps déshy-drogénant tantôt en s’emparant d’une partie de l’hy-drogène, tantôt en fixant de l’oxygène par suite de leurtendance à décomposer l’eau ; ils agissent encore envertu des acides chlorhydrique, bromhydriquc, iodhy-drique formés, dans.les deux cas, aux dépens de l’hy-drogène de la cellulose ou de l’hydrogène de l'eau dé-composée .

Le chlore, le brome et l’iode attaquent encore la