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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

cellulose en dissolution étendue, lorsque ces corps sontau contact d’une base énergique caustique hydratée,même carbonatée ; la dissolution de potasse ou de car-bonate de potasse en présence du chlore, du brome oude l’iode désagrégé la cellulose.

Les alcalis, la potasse, la soude, les oxydes solubles,la chaux, la baryte, les carbonates alcalins de potasseet de soude en contact avec la cellulose, agissent dif-féremment sur elle, suivant qu’ils sont concentrés ouétendus, carbonates ou caustiques, avec ou sans le con-tact de l’air. Les alcaliscau^tiques en dissolution faible,et les alcalis carbonatés même en dissolution concentréen’excercent en général qu’une action assez peu pro-noncée sur la cellulose ; elle est fortement contractéepar les alcalis caustiques employés à l'état de liqueursconcentrées; un tissu de coton, de lin, de chanvre secrispe, lorqu'on le touche avec un alcali concentré.

Lorsque, d’après M. Pelouze , on n’élève pas la tem-pérature au delà de 160° et qu’on chauffe un mélangede cellulose et do potasse caustique, si l’on verse unacide dans la liqueur provenant du lessivage, on obtientune matière qui présente la composition et les propriétésgénérales de la cellulose, maisqui se dissout soit à froid,soit à chaud dans les alcalis.

Avec le concours de leur eau d’hydratation les alca-lis deviennent fortement oxydants à l’égard de la cel-lulose; si Ton chauffe au-dessus de 100°, lorsque lacellulose est en excès, on obtient del’ulminc, et lorsquel’alcali domine à 'âSü 0 il se forme de l'oxalatc de po-tasse; à 400° l’oxalate se détruit, il n’y a plus que ducarbonate de potasse. La formation de ces sels alcalinsest accompagnée d’un dégagement d’hydrogène pro-venant de la décomposition de l’eau d’hydratation.L’oxygène s’est porté sur la cellulose.

L’action de la chaux sur la cellulose est très-remar-quable; cet oxyde n’agit en effet, même à l’état très-concentré, qu’en présence de l’air: dans le vide il n’y apas d’altération ; dans l'oxygène., au contraire, on re-marque une désagrégationtrès-rapide. Cette expérienceprouve que la destruction du tissu résulte d’une oxy-dation de la matière elle-même; elle conduit à penserque dans la teinture en noir, il existe une cause d’alté-ration semblable, et que lorsqu’on dépose sur un tissudes protoxydes de fer oy de manganèse pour les fairepasser ensuite à l’état d’oxydes plus oxygénés, la fibreelle-même peut s’oxyder.

L’action des acides sur la cellulose est variable avecl’état de concentration de l’acide ; elle varie encore aveclanaturedel’acide. L’acide sulfurique étendu n’exercesur la cellulose qu’une-action très-faible, lorsque le con-1act n’est pas prolongé. A la longue, la fibre passe àl’état de désagrégation, sc gonfle et devient solubledans l’eau ; elle passe à l’état de dextrine. L’acide sul-furique concentré opère immédiatement cette transfor-mation, si l’on a soin d’ajouter l’acide seulement goutteà goutte, en remuant toujours.

L’acide chlorhydrique étendu forme une matière su-crée par une ébullition prolongée avec la cellulose ; il suf-fit de quelques centièmes d’acide pour changer en glu-cose le papier, le vieux linge et la sciure de bois.

L’acide chlorhydrique concentré devient, d’aprèsM. Pelouze , un excellent dissolvant de la cellulose; il ladissout rapidement avec la plus grande facilité.

L’eau forme dans ce liquide un précipité blancde cellulose; mais si l’on attend un ou deux jours,on n’observe plus de précipité, quand on ajoute l’eau :la cellulose a complètement disparu et la liqueur pré-sente tous les caractères d’une dissolution de glucose.

L’acide nitrique étendu d’eau et à froid se comporteavec la cellulose comme l’acide sulfurique étendu. Achaud, il la désagrégé d’abord, agit ensuite commeoxydant et la transforme en acide oxalique.

L’acide nitrique concentré et l’acide nitrique fumant

agissent sur la cellulose en la dissolvant ; beau préci-pite de cette dissolution une matière blanche pulvéru-lente, insipide, azotée, que M. Braconnot rapprochaitde la xyloïdine, composé curieux qui so forme quandon traite l’amidon dans les mêmes conditions.

Si, au lieu de traiter la cellulose (coton, chanvre,lin, papier) par l’acide azotique monohydraté, c’est-à-dire ne contenant qu’un seul équivalent d’eau, nousl’immergeons pendant quelques minutes dans cet acide,et si nous la retirons ensuite pour la laver à grandeeau, nous obtiendrons une matière douée d’une grandecombustibilité, tout en conservant la forme de la cel-lulose; on la nomme pyroxyline. Le collodion n’estautre chose que la partie de la pyroxyline qui se dis-sout dans un mélange d’éther et d’alcool, contenant8 parties d’alcool pour 4 00 d’éther.

L’acide chroinique et le bichromate de potasse, dontnous verrons qu’on fait en teinture un usage impor-tant, peuvent, à l’état de dissolution étendue, se trou-ver en contact avec les fibres textiles végétales, sansleur faire subir d’altération appréciable, pourvu que lecontact n’ait pas lieu sous l’influence de la lumièresolaire. Il faut éviter l’action du soleil, qui désagrégépromptement, surtout avec une dissolution concentrée.

Les caractères qui précèdent, et sur lesquels nousavons cru devoir nous étendre longuement, fixent doncles limites dans lesquelles on peut faire agir sur lestissus de coton, de lin, de chanvre, les liquides donton fait usage dans le blanchiment et la teinture. Nousrappellerons qu’ils semblent se confondre avec ceuxqui distinguent l’amidon dont la composition chimiqueest d’ailleurs exactement la même. Ces deux matièresne sont cependant pas identiques, et nous devons faireressortir ici Tune des plus importantes différences quele teinturier puisse observer.

Les fibres du coton, du lin, du chanvre, mises encontact avec certains sels de fer et d’alumine, s’em-parent des oxydes de ces sels ; ils forment des com-posés particuliers qui sont capables alors de déterminerl’absorption des matières colorantes propres à teindreces fibres. L’amidon n’offre aucun indice de cette pro-priété. On s’en sert pour épaissir les sels de fer et d’a-lumine qu’on veut combiner aux fibres végétales.

Ces fibres jouissent d’ailleurs d’une certaine affinitépour quelques matières colorantes, comme l'indigo, lecarthame, le curcuma qu’elles attirent fortement. Danscette circonstance, les fibres ne peuvent être décoloréesqu’en faisant intervenir une action chimique énergiquecapable de déplacer la matière colorante.

Faut-il attribuer l’adhérence de l’oxyde ou de lamatière à l’organisation spéciale des fibres différentesde celle de l’amidon? L’action qu’exerce sur la cellulosela liqueur cupro-ammoniacale peut permettre de déci-der la question; car elle fait disparaître l’organisationsur laquelle nous avons insisté. J’ai disposé quelquesexpériences qui, malheureusement, ne sont pas assezavancées pour que je puisse faire prévoir les résultatsqu’il faut en déduire; elles ont pour base les observa-tions qui suivent et qui permettent d’éliminer l’influencede la forme fibreuse.

M. Schweitzer a remarqué que l’eau-mère de Tliypo-sulfate double de cuivre et d’ammoniaque et le sous-sulfate vert de cuivre dissous dans l’ammoniaque pos-sèdent la propriété de dissoudre plusieurs substancesorganiques : la cellulose, l’amidon, la soie; la cellu-lose est précipitée par des solutions concentrées de selsalcalins, de miel, de gomme, de dextrine. La celluloseen dissolution se sépare par l’évaporation en plaquesmembraneuses amorphes.

M. Péligot prépare un excellent dissolvant de lacellulose (coton, lin, chanvre,) en versant à plusieursreprises de l’alcali volatil sur de la tournure de cuivre,dont on remplit une allonge placée verticalement; il se