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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

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produit une dissolution bleue, capable de dissoudre unpoids de cellulose à peu près égal & celui du cuivrequ’elle contient. Introduit dans cette dissolution, le co-ton sc transforme d’abord en une gelée épaisse qui dispa-raît bientôt par l’agitation et l’addition d’une certainequantité d’eau. L'addition d’un acide en excès régénèrola cellulose inaltérée, mais dépourvue toutefois de sonorganisation primitive. Il m’a paru très-intéressantd’examiner comment sc comporterait cetto cellulosevis-à-vis des matières tinctoriales employées dans l’in-dustrie ; en supposant qu’on observe une diflérence dunsle résultat comparatif, on serait fondé, les expériencesétant concluantes, à maintenir la séparation qu'on ad-met entre la cellulose et l’amidon.

11 est vrai que si la cellulose précipitée perdait lapropriété d’attirer les matières colorantes, on pourraitobjecter l’altération moléculaire que la matière auraitsubie. Mais il est évident aussi qu’on touche alors auxquestions les plus secrètes de la nature et qu’il ne fautprésenter de solution qu’avec la plus grande réserve. Jus-qu’àprésent, d’ailleurs, onaconsidéré laccllulose commeun produit unique ; d’après les expériences de M. Frémy,les savants confondraient sous ce nom des composés iso-mériques pouvant, sous l’influence de certains réactifs.'affecter un état uniforme. M. Fayen n'admet pas com-plètement cette théorie. D’après lui, la cellulose quirésiste, avant toute modification, à l’action du réactifcupro-ammoniacal, celle, par exemple, qui constitue lepapier de rfr, ne diffère pas beaucoup de celle qui cons-titue les fibres textiles, les poils de la graine du co-tonnier et les cellules des divers tissus des plantes.« Toutes les fibres corticales ne sont pas homogènes ;« leurs parois sont épaissies, les unes par des couches« concentriques de cellulose presque pure, immédiate-« ment soluble dans l’oxj'de de cuivre ammoniacal;« les autres, par la cellulose plus ou moins injectée eta soluble, seulement après épuration.

« Les différences que présentent les propriétés de la« cellulose, primitivement homogène dans les orga-« nismes végétaux, dépendent do sa cohésion et de lam nature des substances injectées. »

M. Payen ne regarde pas comme impossible qu'onparvienne à démontrer l’existence du divers états iso-mériques de la cellulose, mais il ne regarde pas cottedémonstration comme acquise à la science, dans l’étatactuel de nos connaissances.

Matières d'origine animale .

Nous ne comprendrons dans cette étude que la laineet la soie ; nous étudierons ces matières textiles au pointde vue de leurs propriétés chimiques et de leurs qua-lités physiques.

Laine . On donne le nom de laine, comme on sait, àla matière filamenteuse qui recouvre la peau des mou-tons, régulièrement percée d’une infinité de pores qnrlaissent passer la sécrétion constituant la laine. Onsait que cette matière flexible sc prolonge à l’extérieurde la peau par des développements partant de la baseet s'accumulant au sommet pour s’y dessécher. Elleremplit une fonction semblable à celle que remplissentles cheveux, les poils, les plumes; sa constitution estanalogue.

Vue au microscope, la laine prend la forme de tubescannelés, striés, et ayant un canal médullaire, remplid’air ou d’un liquide plus ou moins coloré. La laine estgénéralement contournée sur elle-même, plus ou moinsfrisée, ce qui la distingue des cheveux et des plumes ;il existe une grande variété de laines qui se différencientpar la longueur des brins ou par leur grosseur. On lessépare sous le premier rapport en laines longues oulaines courtes; les unes ont plus de0 m ,03 à 0 m ,10 delongueur; les autres sont (le dimensions au-dessous.On nomme ces dernières laines à cardes; les autres,C.

laines à peignes ; il convient du reste do faire remar-quer ici que toutes les parties (l’une même toison nefournissent pas des brins du même longueur ou de memegrosseur. Les flânes représentent ordinairement lesparties les plus estimées.

Les laines se divisent encore en deux grandes espècessurtout au point de vue du teinturier. Les laines de toi-sons qui proviennent de la tonte annuelle des animaux,et les laines mortes qui proviennent des peaux des ani-maux tués pour lu boucherie ou morts de maladie. Lesaffinités de ces matières textiles pour les matièrescolorantes sont fort différentes.

Nous n’avons pas à nous occuper ici des divers pro-cédés (le préparation auxquels on soumet les lainespour les livrer au filateur. Ces opérations ont étédécrites avec tout le soin possible parM. Michel Alcan à l’article Laïnk. L’auteur y décrit toutes les opéra-tions de la filature et la fabrication des tissus, com-prenant le tissage, le dégraissage, l’épincetage, le fou-lage, le lainage, le tondage, le séchage à la rame, lupassage à la vapeur, le décatissage et l’apprèt. Nousnous bornerons à présenter ici les propriétés chimiquesde la laine, telle qu’elle se présente après la tonte.

Propriétés chimiques de la laine. — La laine à Tétainaturel n’est pas un corps homogène. Les filamentstextiles sont chargés d'un corps étranger sécrété parl’animal en même temps (pie la laine proprement dite,et dont la quantité varie avec la qualité des fibrestextiles. Les qualités ordinaires en contiennent rare-ment au-dessous de 20 p. '100. Les belles laines enrenferment généralement de 75 à 80 p. -100 ; on nommesuint ou surge cette sécrétion de nature graisseuse. Ledésuintage doit toujours précéder tout travail. Lalaine est souvent vendue en suint par le cultivateur.Quelquefois l'élevCiir lave la toison sur le dos de l’ani-mal, la laine a subi ce qu’on nomme le lavage à dos;on lave encore après la tonte, la laine subit alors lulavage à chaud ou lavage marchand.

La laine débarrassée de son suint par les laveurs senomme laine lavée ; encore chargée de suint, elle senomme laine en suint ou laine surge.

Quel que soit l’état de la laine lavée, quand on la metdans le commerce, elle contient encore de 10 à lo p. 100de suint; l’expérience et l'habitude permettent d’ap-précier cette contenance sans une trop grande erreur.

La nature du suint etsa composition chimique offrentle moyen d’apprécier exactement ce qui sc passe dansl’opération du désuintage.

La laine surge macérée dans l’eau froide s’y ramolliten abandonnant à ce véhicule le suint qu’elle contient ;l’eau devient trouble, laiteuse, écumeuse comme del’eau de savon. A cette première macération succèdeune série de lavages à l’eau chaude, puis une macé-ration nouvelle avec de l’urine putréfiée pour dissoudreles matières qui n’ont pas disparu sous l’influence despremiers traitements.

D’après M. Chcvreul, la laine agitée rapidementdans un grand volume d’eau cède à celle-ci la matièresoluble du suint, et retient presque toute la matièregrasse ; celle-ci, à l’état de pureté, est insoluble dansl’eau ; cependant elle peut être enlevée sous formed’émulsion, lorsque la partie soluble du suint est con-centrée, et qu’elle reste un temps suffisant en contactavec la matière grasse. La partie du suint soluble dansl’eau froide est essentiellement formée de carbonate dopotasse, de sulfate de potasse, de chlorure de potassium,de phocinate de potasse, d’un antre sel de potasse dontl’acide est volatil, mais faiblement odorant, d’une ma-tière organique contenant de l'azote et du soufre, enfinde deux sels savonneux à base de potasse, dont lesacides sont les acides stéarérique et élaïérique, acidesobtenus en traitant par la potasse deux matières grassesneutres qu’on trouve adhérentes à la laine lavée et que

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