Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
523
JPEG-Download
 

TEINTURE.

TEINTURE.

523

par la laine en acide tartrique qui s’y unit et en tar-trate de potasse qui reste en dissolution dans l'eau.Ces laits ont une grande importance clans les opérationsde la teinture. Pendant le mordançage des tissusdelaineavec l’alun et le sel de tartre, la laine s’unit à la lois àl’acide tartrique et à l’alun.

Le tartrate de peroxyde d’étain dissous dans l’acidechlorhydrique prépare la laine à fixer la couleur de lacochenille comme le fait l’acétate, dont nous étudie-rons la composition plus loin.

Dans certaines circonstances l’altération que la lainefait subir aux dissolutionssalinesest beaucoup plus pro-fonde ; elle agit comme agent réducteur puissant. C’estainsi, par exemple, qu’elle ramène il l'état de sels deprotoxyde les sels de peroxyde de fer ; elle agit encorede même avec certains sels dont les acides sont beau-coup plus facilement réductibles que ne l’est le peroxydede fer.

De mémo que la fibre ligneuse, la laine peut absor-ber certaines matières colorantes; elle se prête de lasorte aux opérations de la teinture, mais on remarquedes différences notables dans l’intensité'de la coloration.En faisant des essais comparatifs avec desmatières co-lorantes jaunes, bleues et rouges, sur des laines pro-venant de moutons vivants, de moutons morts en étatde santé, de moutons malades et de moutons morts demaladie, on a vu que les dernières n’avaient pris qu’unetrès-faible teinture. Les premières seules avaient pré-senté des résultats complétementsatifaisants. M. Roavd,directeur des teintures aux Gobelins de 1803 à 18I5,fait remonter à cette cause les différences que présen-tent à l’égard de la teinture les diverses laines, quandon cherche à les teindre en bottes ou en écheveaus.

La laine doit dans tous les cas, avant d’être mise en-tre les mains du teinturier, être désuintéc, blanchie etfilée ; rarement elle est teinte en toison. Cependant nousverrons qu’on la soumet quelquefois en flocons auxopérations do la teinture. Le désuintage est décrit àl’article Blanchiment , nous n’avons pas h l’étudier;les détails dans lesquels nous sommes entrés au sujetde la composition du suint pcrmcttentde saisir la théo-rie de la pratique dans tous les détails du travail indus-triel. Il nous suffît de rappeler que le désuintage deslaines ne doit pas être fait au-dessus de G0' J et que leslaines ne doivent pas rester dans le bain plus d’unquart d’heure. Ces observations deM. Roard sont con-formes à ce qui se fait dans la pratique ; le savon deHandrc est le meilleur agent de désuintement.

Soie. — Nous commencerons l’étude de cette matièrepremière en rappelant que nous n’avons pas à nous oc-cuper ieî de l’élevage des vers à soie, présentée déjàsous le titre soie par M. M. Alcan avec tous les détailsconvenables. Nous insisterons seulement sur les carac-tères physiques et chimiques de la soie considérée dansses rapports avec la teinture.

De toutes les matières filamenteuses, la soie, commenous l’avons dit, est la plus importante; son éclat luidonne une valeur considérable, elle est la plus brillante ;sa résistance et la richesse des colorations qu’elle peutrecevoir de la teinture la placent au-dessus de toutes lesmatières textiles.

Le fil obtenu par le dévidage du cocon se nomme•soie grège ou soie écrue. La soie grége n’est pas com-posée d’une substance homogène; elle se présente sousforme de deux filaments accolés formés par la solidifi-cation du liquide que sécrète la chenille; la substancefibreuse qui constitue le filament est au centre de lamatière solidifiée; elle est recouverte de deux substancesgommeuses de compositions différentes. M. Roard aconfirmé vers 1807 ce que l’on savait de la compositiondo la soie grége, qu’elle est formée d’une matière gom-meuse soluble dans l’eau, non cristallisabie, qui entrepour les 0,2iou 0,25 de son poids; il constata la pré-

sence dans la soie d’une huile volatile odorante, de lacire et d’une manière colorante fluide à 30°, queM. Che-vrcul regarde comme une matière colorée et non commeun principe colorant, car il n’existe dnnsles soies écruesjaunes ou oranges de belle qualité qu’en quantité très-faible. M. Chevreul a constaté de plus que la matièreappelée gomme est susceptible de se prendre en geléecomme la gélatine. La soie abandonne à l’acide chlo-rhydrique, à l’alcool, à l’eau des principes étrangersmême après avoir été dépouillée de la gomme qui re-couvre les fils. Le traitement par l’alcool a pour butd’enlever les acides gras du savon, et le traitement àl'eau de séparer tout l’alcool.

Il est important, avant de travailler lu soie, d’enlevertoutes les matières étrangères qu’elle contient. Unepremière couche de matière gommeuse est soluble dansl’eau chaude. La seconde ne l’est que dans une eau lé-gèrement alcaline ; la soie dépouillée de matières étran-gères prend le nom do soie décreusée ou cuite; on ap-pelle décreusage, dégommage ou cuite de la soie l’opéra-tion qui a pour but d’enlever ces matières étrangères.

D’après M. Mulder, 100 parties de soies écrues, jaunesou blanches, contiendraient:

Soie jaune. Soie blanche

Fibre soyeuse. 53,37 54,04

Substance analogue à la géla-tine . 20,06 19,08

Albumine. 21,43 25,47

Graisse ordinaire. 1,30 1,11

Graisse résineuse. 0/10 0,30

Matière colorante. 0,05 0,00

M. Mulder avait successivement traité la soie parl’alcool et l’éther pour enlever à chaud la graisse etles matières colorantes, par l’acide acétique bouillantet concentré pour enlever l’albumine et la substanceanalogue à la gélatine, enfin par l’eau pour compléterfaction de l’acide acétique.

La matière qui résiste à ecs actions peut être consi-dérée comme la soie pure, la fibroïne, malgré 0,003de cendres; on ne peut, en effet, sans la désorganiser,enlever le soufre, le phosphore, le chlore, le potas-sium, le sodium, le calcium qui constituent ces cendres.

D’après le même chimiste, la fibroïne pure contient :

Carbone .

49,27

Ilydrogèue.

. . 6,30

0,50

Azote..

. . 17.35

17,02

Oxygène et soufre. . .

. . 27,62

27,30

La fibre soyeuse, insoluble dans l’étlier, l’alcool,les huiles grasseset essentielles, est soluble dans l’acidesulfurique concentré ; à froid, la dissolution est visqueuseet d’un brun clair ; à chaud, elle est d’un beau rouge,et enfin d’un brun foncé à mesure que par l’oxydationil se forme de l’acide sulfureux. Les acides avséniqueet phosphorique dissolvent à froid la soie ; l’acide ni-trique et l’acide chlorhydrique exigent le concours dela chaleur.

Les alcalis concentrés dissolvent la soie; mais lesacides ou l’eau la précipitent de cette dissolution plusou moins altérée.

Les carbonates et bicarbonates alcalins n’altèrentpas la soie.

Quelques sels sont fixés en nature par la soie commepar la laine ; l’alun est dans ce cas.

L’action du cuprate d’ammoniaque sur la fibresoyeuse est très-remarquable ; elle se confond aveccelle que la même dissolution exerce sur le coton. D’a-près M. Sclilossberger, l’oxyde ammoniacal de nickeldissout également la soie; mais il ne dissout ni l’ami-don, ni le coton. La solution île soie n’est précipitéeni par les sels étrangers, ni par le sucre ou la gomme ;les acides faibles précipitent la dissolution en flocons