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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

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incolores ayant l’aspect de l’hydrate d’alumine. Leliquide qui surnage est verdâtre.

La dissolution des matières textiles dans les selsammoniacaux capables de les dissoudre ne s’effectuepas en présence du carbonate d’ammoniaque. Cetteréaction n’est donc tranchée qu’autant que le réactifest nouvellement préparé. C’est que la dissolution desoxydes de cuivre et de nickel dans le carbonate d’am-moniaque sont inertes vis-à-vis de la cellulose et dela soie.

On rencontre dans la soie la propriété de soutirer cer-taines matières colorantes et certains oxydes aux dis-solutions salines qui les renferment; les oxydes fixéssur la fibre soyeuse servent d’intermédiaire pour faireadhérer celles des matières colorantes qui ne se fixe-raient pas directement.

Les soies sont conduites à l'atelier pour être teintesaprès le conditionnement pour éviter le piquage d’once.Nous renvoyons pour la pratique du décreusage à ceque contient l’article Blanchiment de la soie (voyezBlanchiment). Nous nous bornons à rappolcr l’obser-vation de M. Roard, à laquelle l’industrie n’a peut-êtrepas attaché l’importance qu’elle mérite. M. Chevreulpense que le point le plus intéressant du Mémoire deRoard, lu devant l'Académie des sciences le 12 avril1 807, est la démonstration de la possibilité de décreuserla soie plus rapidement et plus économiquement qu’onne le fait ordinairement, lorsqu’on sépare l’opérationen trois actes : le dégommage, la cuite et le blanchi-ment; ces trois opérations exigent de cinq à six heures,tandis que le procédé de Roard n’exige qu’une heurede bouillon. Voici la méthode :

Pour une partie de soie, on emploie 15 parties d’eau,de 50 à 60 parties de savon pour 100 parties de soiejaune, de 8 à 1G parties de savon pour 100 parties desoie écrite blanche. Lorsque le savon est dissous dansl’eau, une demi-lieure avant le bouillon on y plonge lasoie pour la maintenir une heure au bouillon.

« 11 est incontestable, » ajoute M. Chevreul, « qu’enopérant avec soin ce procédé réussit. » Travaux de laCo7nmission française, t. V; tapisseries, p. 45.

§ III. SPECIFICATION DES TISSUSdestinés à la teinture.

Les détails que nous venons d’exposer sur les pro-priétés des fibres textiles considérées au point de vuephysique et chimique seraient bien incomplets, si nousne faisions pas connaître, au moins d’une manière som-maire, sous quelles formes le teinturier peut rencontrerces matières. La classification la plus convenable estcelle qui regarde les divers tissus que le consommateurréclame ; ils sc présentent avec des degrés de délica-tesse excessivement variés. On verra que dans le blan-chiment, comme dans la teinture et l’impression, onréunit aux procédés chimiques l’emploi de forces mé-caniques ; or, l’énergie des divers agents qu’on emploiedoit être choisie d’après la nature de la fibre, et surtoutaussi, quand il s’agit d’efforts matériels, d’après la na-ture de l’étoffe, c’est-à-dire d’après son degré de finesseet de résistance. Nous commencerons donc par faireconnaître sous leurs désignations les plus répanduescelles des étoffes que nous pouvons être appelés à men-tionner dans les opérations qui vont suivre :

1° Avec la fibre textile du coton, on confectionne,comme étoffes unies , le calicot, la percale, le croisé, lesjacouas, la mousseline, le velours de coton, le barége,l’organdi; comme étoffes ouvragées, la mousseline àjour, les organdis rayés, les balsorincs, le crêpe deChine, le crêpe façonné, le barége ouvragé, la per-cale brochée, les piqués grecs ;

2° Avec la fibre textile du lin : les toiles de lin, lestoiles fines et les batistes;

3° Avec la fibre textile de la laine : le Casimir , lamousseline-laine, le mérinos, le cachemire d’Écosse ,la flanelle, le drap;

4° Avec les fibres textiles de la soie : les foulards,les crêpes et les taffetas.

Il est convenable de citer ici les tissus mélangés delaine et de coton, de laine et de soie, de coton et desoie qui sont dans les arts vestiaires, pour hommes etpour femmes, l’objet d’une consommation particulièreet considérable. On désigne sous le nom de mi-laine,on vulgairement c/iafne-cofon, ceux qui contiennent àla fois de la laine et du coton ; la laine forme ordinaire-ment la trame. On trouve dans ceâ classes des variétésd’étoffes si nombreuses, et les noms que le commerceleur donne sont si arbitraires (presque toujours bi-zarres, souvent empruntés aux hommes, aux choses ouaux événements nouveaux), qu’il faut renoncer à lesconserver; elles ne sont d’ailleurs que passagères.

Il est difficile de définir par des caractères spéciauxet descriptits ces divers tissus, mais il est bon de sofamiliariser avec ceux qui diffèrent entre eux par leurgrossièreté plus ou moins primitive. Pour ceux-là, lesmoyens mécaniques les plus brutaux peuvent, en quel-que sorte, être appliqués; pour les autres, les appareilsde battage doivent être moins violents et d’autantmoins offensifs que l’étoffe à laver présente un plusgrand état de finesse, et partant une plus grandevaleur.

Essais des tissus. Si la nature physique de l’étoffedirige le teinturier dans le choix des agents auxiliairesmécaniques dont il doit faire usage, ce n’est pas nonplus sans étude préalable qu’il applique les agents chi-miques. Nous avons appelé l’attention sur les réactionsdifférentes qui se passent au contact des diverses ma-tières textiles et d’un même agent chimique. l)e plus,la nature intime même d’un seul tissu peut présenterdes irrégularités, en présence de la. teinture et lamême fibre ne se conduit pas toujours d’une manièreidentique lorsqu’elle provient de locnlités différentes.L’expérience a fait voir, comme M. Persoz le rappelledans son Traité de T impression sur étoffes , 2 e volume,p. 4, que le coton de Fernambouc sc teint mieux enrouge turc que le coton de Géorgie , et que le coton deMacédoine est inférieur aux deux autres dans tous lesgenres de teinture, parce qu'il ne prend jamais que desteintes maigres et ternes.

Les toiles de coton colorées par la teinture d’unmordant imprimé, par conséquent épaissi, présententparfois des filaments qui n’ont pas retenu la couleurdont l’ensemble était recouvert; ces filaments, qu’au-cun caractère physique ne signalait, constituent aumilieu des masses colorées des points blancs auxquelson assigne pour cause et pour origine la présence decoton mort. En attendant qu’on puisse faire disparaîtrece défaut, il faut le mettre à nu, qu’il provienne detubes obstrués, de torsions trop énergiques, de nœudsd’articulations, d’une cellulose parasite, de bruns avor -tés, etc.

Pour la laine, même observation, même impossibilitéde teindre en nuances unies des mélanges de lainesmortes et de laines vivantes ; les brins de laine vivantefixent une forte proportion de matières colorantes; lesbrins de laine morte, au contraire, ne prennent qu’unecoloration faible et sans éclat.

La nature du tissu n’est pas moins importante àconnaître, lorsqu’il s’agit d’étoffes mélangées ; lescouleurs, par exemple, que reçoivent les mi-laines sontnécessairement en relation avec les proportions res-pectives des fibres de coton et de laine que le tissucontient; et comme d’ailleurs une couleur donnée nese fixe pas de la même manière sur la laine et sur lecoton, on est souvent forcé de faire, pour amener uneégalcintensité de coloration sur les deux matières, un