TEINTURE. •
TEINTURE.
mélange dont les éléments conviennent aux différentesfibres et soient en rapport avec la quautité de celles-ci.11 est inutile de dire que le teinturier doit, pour compo-ser sa couleur et la rendre adhérente au tissu, connaîtrela composition, la nature de la fibre qui la forme.
Les considérations qui précédent prouvent que lepremier soin du manufacturier est de reconnaître lanature de la fibre qu’il doit teindre, et cette recomman-dation ne perd en rien de son poids lorsqu’il s’agit defils au Heu d'étoffes; l’intérêt est le meme.
Or, il est toujours facile de distinguer si la matièretextile est d’origine végétale ou d’origine animale ; ilsuffit de traiter à chaud la matière en essai par unedissolution concentrée de potasse caustique ; la laine etla soie se dissolvent ; le lin, le coton et le chanvre res-tent sans se dissoudre.
L’action de l’acide sulfurique concentré dans desconditions déterminées permet de reconnaître la naturede la fibre, et nous rappelons encore que l’action des dis-solvants ammoniacaux de cuivre , de nickel peuventpermettre de distinguer la soie du coton ou du lin.
Quant à la valeur de la fibre à l’égard de son affinitépour telle couleur donnée, le mieux est d’essayer enpetit une teinture dans la nuance voulue pour ne pass’exposer à perdre dans des travaux exécutés sur unegrande échelle des capitaux et du temps.
Dans un grand nombre de circonstances, comme nousvenons de le dire, il est indispensable de connaître lerapport des fibres végétales aux fibres de nature ani-male; car c’est sur ces rapports que sont établies lescompositions des bains de teinture; c’est encore sureux qu’on détermine le genre de teinture possible surune étoffe en tissu mélangé.
Analyse des tissus mélangés. — Plusieurs méthodessont possibles pour faire apprécier les poids respectifsde laine et de coton, par exemple, contenus dans uneétoffe donnée. Quelquefois, lorsque la différence entrel’a-pcct des fibres des deux espèces est considérable,on pèse séparément, après avoir séché à '100° l’étoffeprise pour l’analyse, les fibres de laine et celles de co-ton qu’on a séparées par un défilochage complet. D’autresfois, lorsque les fils de chaîne et de trame sont tous deuxmélangés et que le départ des filaments d’une sortene détruit pas la contexture du tissu, on prend uncentimètre carré de l’étoffe, par exemple, et faisantdisparaître, en les tirant, les fibres d’une espèce dechaîne et de trame, on compte les fibres qui restent.On peut s’aider pour cette analyse de l’action chimiquede la potasse en dissolution concentrée. Lorsque l’é-toffe en expérience a été pesée après la dessiccation à100°, l’ébullition fait disparaître tout ce qui est laineet tout ce qui est soie. Le résidu se compose des fila-ments de fil ou de coton, filaments isolés et mêlés, sitoute la chaîne ou toute la trame était soluble ; fila-ments entrelacés sous forme de tissu plus lâche, si lachaîne etlatrame étaient elles-mêmes mélangées.
On a tiré parti pour faire cette analyse de la ma-nière dont ces tissus mélangés se comportent avec cer-taines couleurs. l’our ne citer qu’un exemple, le car-min d’indigo qui prend directement sur la laine ne teintpas le coton, à moins que ce dernier n’ait été préparépar des méthodes convenables ; misen contact avec uneétoffe laine et coton, il ne lui communiquera doncqu’une coloration dont-l’intensité sera proportionnelleà la quantité de lainecontcnue dans le tissu. On trouvecette méthode très-expéditive, beaucoup plus commodemême, que le moyen direct qui consiste à compter lenombre de fils que présente un tissu sur un centimètrecarré et de le traiter par la potasse hydratée pour dé-terminer le nombre de fils qui disparaissent par le trai-tement chimique. Ce procédé présente, en effet, outrel’avantage de donner le rapport des fils de laine auxfils de coton dans un ti«su mélangé, celui de fournir
une indication précieuse sur la valeur de la fibre ani-male ou végétale en regard des opérations du blanchi-ment, de la teinture ou de l’impression.
C’est en sc préparant des normes avec des matièrescolorantes déterminées, et des tissus composés dans desproportions connues qu’on peut se faire une idée bienprécise des éléments sur lesquels la fabrications doitrouler.
Eau hygrométrique absorbée par les étoffes. — Plu-sieurs motifs ont conduit à déterminer la quantitéd’eau que les diverses matières à l’état de tissu peuventconserver même après dessiccation et reprendre dansun air saturé d’humidité. M. Chevreul s’est occupéde cette question ; elle a de telles conséquences pourla sécurité des transactions commerciales , que leschambres de commerce ont établi dans la plupart desvilles de France des conditions pourdéterminerla quan-tité réelle de soie et de laine que contiennent les soiesécrues et les laines filées. Les expériences deM. Che-vreul ont porté sur les matières textiles fournies parla cellulose, la laine et la soie, sous les différents étatsde coton en poils, de filasse de lin et de chanvre, desoie écruc et de soie décreusée, de laine en suint et delaine lavée, enfin sur ces mêmes éléments h l’état defils et de tissus.
Une étoffe complètement séchée h 100, 110 et 120degrés contient une proportion d’eau égale à celle quise trouve dans un échantillon de la même étoffe placéedan3 la même atmosphère que la première, sans avoirété préalablement desséchée. M. Chevreul a déterminéla proportion d’eau que ces étoffes absolument sèchesabsorbent quand on les expose dans des atmosphèresmarquant 65, 75, 80 et 100 degrés de l’hygromètre dede Saussure .
Les étoffes étaient dans un tube de verre plongé dansun bain d’huile à 120° pendant trois heures ; un cou-rant d’air séché sur du chlorure de calcium traversaitlentement le tube dans toute sa longueur. La perte n’apas été plus grande dans le vide sec. Une températurede 100° aidée du courant d’air sec suffit pour desséchercomplètement. Il est résulté de ces expériences que100 parties d’étoffes préalablement bien séchées absor-bent ii la température de 20°, et dans une atmosphèremarquant 100° à l'hygromètre de de Saussure , desquantités d’eau variables entre :
Pour les étoffes de coton. .Pour les étoffes de chanvre.Pour les étoffes de lin . . .Pour les étoffes de laine . .Pour les étoffes de soie. . .'
23,30 et 30,8724,34 » 35,4026,05 « 32,8728,01 » 36,7028,91 » 33,20
On voit d’après ces nombres que les étoffes, quelle quesoit leur nature, absorbent à peu près la même quantitéd’eau, et qu’en moyenne elle peut être le quart du poidsde l’étoffe.
Eau d'imbibition fixée par les étoffes. — S’il n’y aque peu de différence dans le poids de la vapeur d’eaufixée par les divers tissus sous forme d’eau hygromé-trique, il n’en est plus de même de l’eau d’imbibitionque ces.étoffes retiennent après avoir été tordues etcomprimées. 11 est convenable de connaître les chiffresque représentent ces quantités pour les différents tis-sus ; car deux considérations importantes pour l’ingé-nieur le forcent à en tenir compte :
1° L’altération que le passage de l’étoffe dans lesbains fait subir à ces bains en enlevant du ïiqttide etles éléments qu’il tient en dissolution; on ne saurait,sans altérer la force de ces bains, maintenir constant leniveau par l’addition de nouvelle quantité d’eau.
2° L’effort calorifique qu’il convient d’appliquer àl’étoffe pour dégager cette eau, lorsque tout travailétant fini, le tissu doit être séché.