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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.!

TEINTURE,

L’expéricnec a démontré qu’en moyenne après im-mersion et expression r

400 parties de calicot retiennent. . . 4 25 p. d’eau.

400 — d'étoffes de laine .... 200 p. —

400 — d'étoffes de soie. 02 p. —

Ces quantités n'ont évidemment rien d’absolu ; ellesvarient nécessairement avec la finesse du tissu pourune même nature de fibres textiles, et' de plus, toutescîioses égales d’ailleurs, avec l’énergie des moyens mé-caniques employés pour exprimer l’étoffe. Le fabricantdoit, pour évaluer les conditions de travail que nousavons énoncées tout à l'heure, établir quelques essaisqui lui fourniront des données plus précises en opé-rant sur ceux des tissus qui font ordinairement la basede ses opérations en réglant la torsion de façon à larendre à peu près constante. Cotte épreuve doit êtrefaite tout aussi bien sur les fils en écheveau que surles fibres tissées et façonnées en étoffes.

Marques des madères textiles à teindre. — Nous l’avonsdéjà dit, les matières textiles à teindre, en fils ou entissus, sontsoumises avec ordre et méthodiquement àdesséries d’opérations mécaniques et chimiques fixées d’a-vance conformément aux lois de la science, conformé-ment encore aux règles de la pratique. Il faut pouvoirsuivre sans erreur toute matière en fabrication, afin desurveiller le travail. En général, ces opérations sontnombreuses pour les pièces écrues , c’est-à-dire pourcelles qui n’ont encore reçu que l'opération du tissage ;qu’elles aient été tissées à la main ou mécaniquement,il faut les blanchir avant de les teindre en uni, commeencore avant de leur appliquer des couleurs variées parles méthodes de l'impression. Pour comprendre la plusgrande généralité des cas, nous supposerons qu’on aità teindre des pièces écrues; il y a donc nécessité deles marquer : d’ailleurs, le blanchisseur et le teinturierdoivent les rendre à ceux qui les leur fournissent.

Ces marques doivent être faites avec des matièresqui résistent aux traitements par lesquels passe l’ob-jet à teindre, quelle que soit la période de la fabrication.On se sert ordinairement d’encre d’imprimerie, oud'une encre formée d’huile de lin siccative, dans la-quelle on délaye de la sanguine ou du noir de fumée.Si l’on veut teindre ou blanchir des écbeveaux, onajoute la marque au lien, de manière à ce qu’il ne scsépare pas, ou bien, c’est le lien lui-même qui reçoit lamarque. Lorsqu’on opère sur des étoffes, on appose lesmarquesaux extrémités de la pièce qu’on nomme chefs.Il est alors facile de les reconnaître durant toutes lesphases de la teinture.

Préparation de la matière textile. Lorsque la pièce àteindre est marquée, les opérations do la teinture peu-vent commencer si la nuance est foncée et que la ma-tière soit suffisamment dégraissée ; il faut la décoloreraprès le dégraissage, si l’on veut obtenir des nuancesfraîches et délicates. Ces opérations doivent être pré-cédées elles-mêmes, lorsqu’il s’agit d’étoffes, du rasageou de l’épluchage du tissu. Il est très-rarement prati-cable lorsqu'on opère sur des fils.

Le rasage a pour but de faire disparaître les duvetset brins de fils qui rendent le blanchiment inégal,ou qui s’opposent à la régularité des teintes uniesdans la teinture ou qui détruisent la perfection de l’im-pression'en se rabattant sous le rouleau pour sc rele-ver ensuite, en laissant des parties pour lesquelles ellesont formé réserve ; d’ailleurs, le duvet qui recouvre lesétoffes rend les couleurs dont on les charge ternes etsans éclat.

Cet épluchage s’exécute soit par des procédés mé-caniques, soit par des procédés chimiques. Le premierse nomme tondage , le second grillage ou flambage. Dansl’un on procède par ablation , dans l'autre on procèdepar combustion.

Le tondage peut se faire à la main- autrefois desfemmes nommées tondeuses étaient chargées d’enlever,au moyen de ciseaux courbes, toutes les inégalités queprésentent sur les tissus les fils quelque bien filésqu’ilsaientété ; ce moyen était long, dispendieux, in-complet, car il pouvait y avoir des oublis ou des acci-dents. On se sert aujourd’hui de machines pour rem-placer lo travail manuel; grâce aux perfectionnementsdont les tondeurs mécaniques ont été l’objet, ou faitusage de ces outils, qui n’étaient primitivement em-ployés qu’au tondage des étoffes de laine (vovczLainks),pour l’épluchage des calicots, madupolams. Nous norépéterons pas ici la description do toutes ces machines.Nous dirons seulement que quelques étoffes ne sont raséesque d’un côté; d’autres le sont sur les deux faces;quelques unes sont tondues eu une seule fois : d’nutrcsenfin le sont à plusieurs reprises, par des passages suc-cessif»; on obtient aim-i, sans entamer l’étoffe, un ra-sage qui ne laisse ni fils ni duvet.

On peut enlever le duvet des tissus et des fils aumoyen de la combustion par grillage et flambage ; onn pu lire à l’article Giîtixagk la description des ap-pareils dont on se sert pour griller et pour flamber lestissus. Dans le grillage on fait passer l’étoffe à grillersur une plaque métallique portée au rouge ; dans leflambage on l'expose à l'action d’une flamme en com-bustion; tantôt c’est la flamme d’une lampe à l’alcool ;d’autres fois, c’estla flamme produite par la combustiondu gaz d’éclairage. Cette opération s’effectue sans in-convénient pour l’étoffe, parce que les fibres d’originevégétale et d’origine animale ne conduisent la chaleurque très-imparfaitement, et parce (pic leur destructionne s’effectue qu’à des températures assez élevées.Nous renvoyons à l’articl : précité le détail (les appa-reils employés au grillage des tissus et an flambage àl’alcool ou au gaz des étoffes destinées à la teinture.

D’après certains fabricants, il est préférable de negriller ou flamber les étoffes qu’après les opérations dublanchiment ; ils donnent pour raison que les opérationsmécaniques auxquelles sont soumises les étoffes pen-dant le dégraissage déterminent toujours l’apparitiond’un nouveau duvet : quelques-uns pensent que le gril-lage en cuisant les graisses quel’étoU’e contient rend loblanchiment plus difficile et la teinture moins régu-lière ; des expériences directes ont démontré d’une ma-nière très-claire à M. Persoz que les huiles employéespour le rouge turc, par exemple, se décolorent au con-traire plus rapidement après qu’avant le flambage. Tou-tefois, il faut admettre que le grillage peut être nuisiblelorsque, par exemple, les tissus ont été tachés par dessels de for ou d’alumine ; par la calcination, oesoxydes perdent leur solubilité dans les acides faibles ;ils*restent adhérents à l'étoffe; toutefois, l’alumine amoins d’inconvénients que le fer, qui, dans certains cas,réductible sous l’influence de la fibre, peutlui faire con-tracter avec certaines matières colorantes une adhé-rence complète, cause de taches accidentelles.

Les fabricants les plus soigneux commencent pargriller les tissus avant de blanchir; quand le blanchi-ment est terminé, on donne un rasage au moyen de latondeuse, et même souvent encore, après ce travail, onfait passer aq flambage pour enlever jusqu'aux moindrestraces de duvet.

§ IV. Rlanciiîmf.nt

des tissus de tin, de ooton^de laine el de soie.

Il ne suffit pas, pour que les étoffe's soient propres àla teinture qu’elles aient perdu les aspérités qui ter-nissaient leur surface ; il faut qu'elles aient une nuancevoulue pour les tons intermédiaires; il faut qu’ellessoient complètement décolorées lorsqu’on veut les tein-dre en couleurs claires et brillantes. Dans tous les ca«,pour les tissus, qu’ils soient en teinte unie ou chargés