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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

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de dessins imprimas et teints , il finit que la fibre soitcomplètement dépouillée de toutes les matières étran-gères, naturelles ou non, qui s’opposeraient parleur pré-sence à l'adhérence uniforme et brillante des matièrescolorantes au tissu lui-même ; dans le cas de teinturesur fond blanc, il faut aussi que ce fond soit facilementramené dans son état primitif de blancheur parfaite. Onn’obtient ces résultats d’une manière complète qu’autantqu’on connaît les circonstances particulières dans les-quelles les fibres textiles conservent leurs qualités pre-mières, finesse, éclat, souplesse, élasticité, résistance ;il faut rejeter l’emploi de tous les agents qui feraientdisparaître ces qualités et ne faire usage que de ceuxqui pourront enlever h-s matières étrangères soit indi-rectement en les détruisant ou les modifiant, soit di-rectement en les dissolvant.

En comparantes propriétésdesmatièrcsgommcuscs,grasses, ré<incusos, en rapprochant les caractères chi-miques des fibres textiles d’origine végétale et d’ori-gine animale, on ne tarde pas à s’apercevoir que lalaine et la soie, solubles dans les alcalis, ne peuvent êtresoumises aux mêmes traitements que le coton, le lin etle chanvre. Nous trouvons encore, à l’endroit de l’ac-tion du chlore sur ces matières, que l’emploi des agentsdécolorants convenables pour les fibres d’origine végé-tale ne convient pas au blanchiment des étoffes de laineet desoie. Nous devrons donc distinguer deux méthodesgénérales de blanchiment en ayant égard à la naturede la matière textile.

Blanchiment des étoffes d'origine végétale.

Lorsque Berthollct découvrit les propriétés décolo-rantes du chlore et qu’il en fit l'application au blanchi-ment des étoffes, on crut que le dernier mot était ditsur celte importante question ; mais de nouvelles ex-périences ont profondément modifié la première théo-rie, en ajoutant aux procédés anciens économie et sé-curité. Toutes les opérations du blanchiment reposentaujourd’hui sur dos principes certains, qui forment uncorps de doctrine. Nous les exposerons ici, parce qu’ilssont intimement liés avec la théorie do la teinture etqu’ils servent à définir rigoureusement la théorie del’avivage dans les opérations du garançage.

Pour les bien saisir, nous devons définir, au point devue chimique, le fil on le tissu formé par la fibre d’o-rigine végétale.

La fibre ligneuse des tissus de coton, de lin, dechanvre est loin d’être pure; elle renferme :

■1° Une matière colorante, colorable ou colorée, plusou moins préservée de l’action des agents décolorantspar les matières étrangères auxquelles elle est as-sociée ;

2° Une matière résineuse naturelle à la fibre, inso-luble dans l’eau, difficilement soluble dans les alcaliset qui protège la matière colorante contre l'action desagents chimiques qui doivent la dissoudre ou la dé-truire ;

3 (> Des matières grasses inhérentes à la fibre ou pro-venant de l'action du filage et dû tissage; elles soutsurtout déposées à la surface des fils; ces corps graspeuvent provenir ou des métiers à filer, ou des métiersà tisser ; ce sont encore des savons dont on fait usagepour diminuer le frottement pendant le tissage ;

•i u Une substance neutre, fécule, farine ou colle fortesuivant que, pendant l’encollage de la chaîne on s’estservi de l’une ou l’autre de ces substances; on rejettoaujourd’hui presque partout l’emploi de la farine, quidonne, par la fermentation putride du gluten qu’ellecontient, du carbonate d’ammoniaque dont la présencetransforme la graisse en substances nouvelles, capablesde faire adhérer les matières colorantes, et très-difficilesà faire disparaître dans les opérations subséquentes dublanchiment On y trouve encore quelquefois, surtout

à présent, de la glycérine qui permet aux ouvriersdo fabriquer des tissus légers , mousselines et autresmême dans les lieux secs.

5° Des matières salines inorganiques, les unes in-hérentes à la fibre, les autres provenant de l’eau donton a fait usage, d’autres enfin empruntées aux principesdont on s’est servi pour la préparation du parement dela chaîne.

S’il était permis de faire abstraction de toutes les ma-tières étrangères que nous venons d’indiquer, commegrasses, résineuses , neutres et salines, on pourraitdéfinir une étoffe quelconque comme formée par la fi-bre textile et la matière colorante. Le problème dublanchiment serait excessivement simple et parfaite-ment défini ; il suffirait, en effet, d'enlever directement,ou de modifier d’abord, pour l’enlever ensuite, le prin-cipe colorant qui donne à la fibre sa couleur propre ; onmettrait de la sorte en liberté la matière textile pureavec les propriétés que le consommateur réclame. Nousn’aurions qu’à rechercher les moyens les plus propresà produire la décoloration de la fibre. Mais les matièresétrangères grasses et résineuses ajoutent aux diffi-cultés, car clics s’opposent à la décoloration en pré-servant la fibre; il est donc indispensable de com-mencer le blanchiment par le dégraissage de TétofTe.

Nous distinguerons donc dans le blanchiment deuxsortes d’opérations bien distinctes, le dégraissage et ladécoloration, et comme les fibres sont colorée j sousune certaine épaisseur, comme la matière grasse et ré-sineuse est associée de la manière la plus intime à lamatière colorante, un premier dégraissage, n’agissantque sur l’épiderme de la fibre, ne permet aux pre-mières méthodesdedécoloration d’enlever que la couchocorrespondante de matière colorée. On est forcé de ré-péter un certain nombre de fois les opérations succes-sives de dégraissage et de décoloration pour obtenirun blanc parfait. On devrait sans doute y parvenir enaugmentant l’énergie des agents chimiques employés ;mais ee serait assurément au détriment de l’étoffe quipourrait perdre de ses qualités physiques. Il est beau-coup plus prudent d’opérer par élimination succes-sive do matières grasses,-résineuses, féculentes et co-lorées.

Dégraissage des tissus. Nous aurons à considérer dansle dégraissage deux séries d’opérations distinctes, lesunes chimiques, les autres mécaniques, complétant né-cessairement les premières.

Quelles sont les opérations chimiques ? Quel est leurbut ? Quelles sont les opérations mécaniques? Que doi-vent-elles produire?

A. Dans les opérations chimiques , les tissus ou lesfils écrus sont soumis à l'action :

l y D’une ou deux lessives à la chaux dans le but detransformer en savons calcaires les corps gras ou ré-sineux adhérents à la fibre ;

2° D’un bain acidulé soit pav l’acide sulfurique, soitpar l’acide chlorhydrique, dans le but de décomposer lessavons calcaires formés pendant la première opérationet de mettre les corps gras en liberté.

3° D’un ou de plusieurs lavages au carbonate dosoude pour opérer la dissolution des acides gras mis enliberté dans l’opération précédente.

Le rôle des savons calcaires dans le blanchimentparaît avoir été signalé pour la première fois parM. Prince et Dana; la chaux est plus avantageuse queles alcalis caustiques; elle oxyde la matière colorante etla rend ainsi plus propre à la décoloration proprementdite; elle saponifie les résines mieux et plus facilementtpie la potasse et que la soude; enfin elle exerce sur larésistance des tissus une action beaucoup moins désor-gauisatricc, si Ton a le soin de n’opérer qu'à l’abri ducontact de l’air ; enfin, les alcalis ne contractent legfibres d’une manière suffisante pour s’opposer à la for.