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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

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de coton par l’emploi dc-cette matière, mais son actionn’est pas supérieure à celle du sel do soude ; elle est debeaucoup inferieure à celle du savon alcalin. Les filset tissus traités par les silicates alcalins conserventpresque toujours une dureté et une rigidité désagréa-bles ; le blanc est d’ailleurs moins pur et plus salissant ;les taches sont difficiles à faire disparaître; la silicequi reste dans les fibres après le lavage fait répartirinégalement le duvet, bien qu’on ait cherché par unrinçage des plus soignés à l’éliminer complètement. *

Employé pour l’avivage des couleurs garancées, cetagent n’a pas donné de meilleurs résultats. Le blanchi-ment des tissus de lin et de chauvre n’a pas été cou-ronné de plus de succès. Cependant, il faut dire que lelesï-ivage des linges grossiers de ménage réussit plutôtavec un mélange de savon et de verre soluble qu’avec lesilicate alcalin sans addition.

M. Chapoteaut fils, pharmacien à Decize ( Nièvre Ln fait connaître qu’on opère avec facilité le lessivageau moyen d’un mélange de 4 grammes d’acétone,50 grammes d'essence de térébenthine, et 40 grammesd’ammoniaque liquide. Si l’acétone recevait cet emploi,s-a fabrication deviendrait facile par la décomposition,sous l’influence de la chaux, de l’acétate de soude ob-tenu par le contact du carbonate de soude avec le gazprovenant de la distillation des bois.

Blanchiment des soies. — Nous n’avons plus qu’à direquelques mots du blanchiment des soies, pour passer àl’étude de la teinture proprement dite.

Les étoffes qu’il s’agit de blanchir ont été déjà sou-mises à l’opération du décreusage, ou bien elles sontécrues. Il faut, par conséquent, plus de travail dans lesecond cas que dans le premier.

Lorsqu’il s’agit de blanchir des soies déjà décreusées,d suffit d’immerger les tissus dans une eau courante,puis de les laver dans une lessive formée de 60 grammesde savon, et 500 grammes de son par pièce de 10 mètresenviron : le son, par son acide, affaiblit l’action de l’al-cali du savon , il détruit moins la soie ; en sortant de cebain, les pièces sont dégorgées à 40 degrés, lavées àl’eau froide, puis nettoyées dans les roues à laver( Dashwhecl).

4° Dégraissage. — Dans le second cas, on immergeles pièces, après les avoir introduites dans un sac, dansune chaudière remplie d’une eau tenant en dissolution550 grammes de savon pour I kilog. de soie. Aprèsavoir chauffé graduellement et maintenu l’ébullitionpendant 2 ou 3 heures, on nettoie à l'eau courante.L’étoffe bien rincée reçoit un second bain semblable nupremier, on la dégorge de nouveau dans la roue àlaver. Lorsque le dégorgeage est complet, on terminepar un passage dans l’eau contenant 15 grammes decarbonate de soude cristallisé pour chaque pièce de10 mètres. La pièce est alors dégorgée, rincée etpassée dans un bain d’acide sulfurique qui ne marquepas à l’aréomètre. On termine enfin par un dernierlavage à l’eau chaude, suivi d’un battage à l’eau cou-rante après avoir rincé.

2° Décoloration. — Les tissus de soie blanchis de lasorte sont d’un blanc assez vif pour recevoir toutes lescolorations foncées ; mais quand ils sont destinés àrecevoir des nuances très-légères, il convient de lesexposer à l’action d’un léger soufrage. C’est là quel’emploi de l’acide sulfureux liquide est parfaitementapproprié; il faut dans tous les cas agir avec la plusgrande circonspection pour ne pas altérer le tissu.

Au reste pour les soies, les opérations du blanchi-ment et de la teinture s’exécutent généralement surdes fils ou des écheveaux qu’on livre ensuite aux tisse-rands. Le travail du blanchiment a souvent pour butvie dégraisser et de décolorer entièrement la libre ;dans d’autres cas, au contraire, on veut seulement

assouplir le fil ; on nomme soies assouplies celles quin’ont subi que l’action prolongée pendant une heureenviron de l’eau chaude à 80 ou 90 degrés centi-grades ; on conserve ainsi tout le poids que la soiepossède, tandis que par le décreusage ordinaire il di-minue d’environ 25 p. 100. Mais le volume augmentepar une sorte de gonflement de la matière fibreuse ;ces soies sont réservées pour les parties non apparentesdes tissus; on sait, par exemple, que dans les satinsdont la chaîne est brillante, la trame est presque tou-jours en fil simplement assoupli. Quand la couleur lecomporte, le blanchiment du fil est suivi d’un engnl-lage ; quand on cngalle les soies assouplies on trouveforcément une augmentation de poids. Nous signale-rons toutefois une variété de soie de Chine qui perdpar l’eau seule de 15 à 20 p. 100 ; l'engallage ne faitdonc que diminuer cette perte de poids.

Quelques observations sur le décreusage des soiespeuvent trouver leur place ici : lorsque les soies ontété dévidées dans des eaux calcaires ou chargées desels inorganiques, ces sels peuvent se fixer sur la fibreet conduire à des accidents dans les opérations subsé-quentes auxquelles on soumet les soies, ou pour lescuire ou pour les teindre. L'expérience prouve en effetque lorsque la soie moulinée laisse plus do 1 grammede cendres, cette soie prend un aspect terne au décreu-sage et qu’elle reçoit mal la teinture.

Si l’on soupçonne avoir à traiter une soie de cotteespèce, il faut commencer par la traiter avant de ladécreuser par un lavage à l’eau légèrement aciduléed’acide chlorhydrique, puis avec une faible dissolutionalcaline. On enlève de la sorte les oxydes inorganiquesqui, pendant le décreusage nu savon, forment dessavons insolubles et pénètrent dans les fibres en leurenlevant leur éclat soyeux.

On connaît à Lyon , sous le nom de soie Twssah, unesoie d’une espèce particulière, qui n’est importée quedepuis 1846 et qui nous vient par l’Angleterre ; elle estréservée pour des usages spéciaux à cause de sa résis-tance ; elle est d’un prix plus bas que celui des soies lesplus communes.

M. Guinon, de Lyon , a fait connaître en 1849 l’em-ploi des alcalis caustiques pour décreuser et décolorercette soie. Dans une solution alcaline de soude caus-tique marquant 3 degrés à l’aréomètre et 100 degréscentigrades, on plonge la soie qu’on agite pour quel’action soit uniforme. Pendant cette première opéra-tion, la matière colorante se dissout immédiatement,la soie cède environ 0,1 2 de son poids, sa rudesse dis-paraît; elle devient souple en môme temps qu’elle ac-quiert du brillant et l’éclat soyeux. Cette immersionne doit pas se prolonger au delà d’un quart d’heure,autrement on risquerait de voir la soie s’altérer pro-fondément par l’action de la soude dont l’énergie estaugmentée par la température à laquelle on opère. Ausortir de ce bain, on lave à l’eau et on passe en acidosulfureux; on lave, on blanchit encore en acide sulfu-reux, puis on lave une dernière fois. Il est évident queces répétitions ne sont nécessaires que pour la teintureen nuances claires.

La soie n’a rien perdu de ses qualités; son affinitépour les matières colorantes n’a pas augmenté, maisen acquérant la souplesse, le brillant et l’éclat des soiesordinaires, elle est devenue propre à recevoir la tein-ture. On peut lui appliquer toute couleur, excepté ce-pendant les couleurs tendres, telles que blanc, rose,bleu de ciel, paille et gris fin.

M. Petzi à Lyon donne, pour opérer le décreusagedelà soie Tussah, les recettes suivantes : on la soumetà trois reprises pendant 3 à 6 heures à l’action d’unbain formé de :

Carbonate de 60 ude. . .. 11 kilog.