TEINTURE.
teinture.
Potasse du commerce.. . 1
Potasse caustique. 51
Eau choisie.315
après ces trois traitements on agite la soie pendant43 minutes dans un quatrième bain renfermant:Potasse du commerce.. . IlChlorure de chaux.... 2
après cette opération la soie est lavée dans de l’eaufroide et immergée pendant dix minutes dans un baincomposé d’acide chlorhydrique, 22 parties, et 315 litresd’eau. Pour ajouter à l’éclat, on la passe enfin dans unbain d’acide nitrique très-étendu d’eau, on rince et onpasse entre des cylindres pour allonger les fibres.
Lorsqu’on fait usage d’acide sultureux gazeux pourblanchir les soies, on doit, pour éviter l’altération desfibres, mettre dans les chambres un excès de soufre, etprotéger les écheveaux suspendus sur des tringles debois enveloppées de toile. Au sortir du soufroir, lesécheveaux sont placés dans des draps de toile simple-ment humectés, et transportés clans une autre chambreoù la marchandise est abandonnée à elle-même pen-dant 12 heures. L’action de l’acide sulfureux se pro-longe lentement, et s’il se forme de l’acide sulfurique,il agit sur les enveloppes qui sont promptement cor-rodées. J’ai vu prendre à Lyon ces précautions indis-pensables pour conserver aux fils leur brillant et leurtolidité ; on les rince après le soufrage.
Nous n’aurons rien à dire de l'opération qu’onnomme séchage ; on la pratique sur les pièces teintespar immersion dans un bain de teinture soit sans im-pression, soit après impression. Nous aurons donc àdécrire les méthodes dont on fait usage, après avoirexposé les opérations de la teinture proprement dite.
§ V. Théoriedes phénomènes de teinture .
On désigne généralement sous le nom de teinturel’art qui a pour objet de fixer les matières colorantessur les fils ou les tissus. Nous répéterons que d’aprèsM. Chevreul on doit préciser cette définition en lamodifiant de la manière suivante :
L’art de teindre consiste à imprégner, aussi profon-dément que possible, le ligneux, la soie, la laine et lapeau, de matières colorées qui y restent fixées méca-niquement ou par affinité chimique, ou enfin à la foispar affinité et mécaniquement.
On teint en effet par imprégnation mécanique, parimprégnation chimique et tout à la fois par imprégnationchimique et imprégnation mécanique. C’est l’ensemble deces trois moyens qui constitue la science du teinturier.
Imprégnation mécanique, — Depuis près de trenteans, on colore dans l’atelier de teinture des Gobelinsdes fils au moyen de matières qui n’y sont fixées quemécaniquement par adhésion et par interposition. Ceprocédé ne donne que des couleurs très-claires ; maissi l’on emploie des matériaux solides, comme le char-bon, l’outremer, l’oxyde vert de chrome, pur ou com-biné par le feu, du peroxyde de fer , de l’ocre, ducinabre, du phosphate de cobalt, on obtient des cou-leurs inaltérables, tandis qu’au contraire la productiondes mêmes nuances par l’affinité chimique ne conduitqu’à des couleurs éphémères. Des soies et des laines,colorées en gris-perle par un mélange d’outremer etde charbon employées en tapisseries pour meubles sosont parfaitement conservées après dix ans d’usage,lorsque quinze jours de soleil auraient suffi pour déco-lorer les mêmes nuances obtenues par les procédésordinaires.
Imprégnation chimique, — Les étoffes de coton et lestissus de soie plongés quelques heures dans la dissolu-tion d’un sel de peroxyde de fer se colorent par affinité
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chimique; elles enlèvent du peroxyde de fer à l’a-cide ; c’est l’exemple d’une fixation de couleur par affi-nité chimique; que cette couleur soit végétale, ani-male, minérale, la coloration s’effectue en raison dumême principe.
Imprégnations chimiques et imprégnations mécaniquessimultanées. — D’autre part, des étoffes avant d’êtrelavées à grande eau à leur sortie d’un bain ferrugineux,passées dans un bain alcalin , en sortent bien plusfoncées qu’elles ne l’auraient été sans l’intervention del’alcali. Dans ce cas, outre l’oxyde de fer fixé par l’af-finité chimique, il y a la portion de cet oxyde qui estadhérent par son interposition mécanique ; c’est leperoxyde provenant de la décomposition par l’alcalidu sel ferrugineux en excès qui pénétrait les fibrestextiles quand on les a retirées du bain. Une petitequantité de l’alcali qui se combine à l’oxyde de fercontribue encore à foncer la couleur de l’étoffe.
Tels sont les trois cas principaux qui peuvent seprésenter dans les opérations pratiques de la teinture.
On a défini généralement la teinture l’art d’appli-quer des matières colorées ou colorantes sur les étoffes,de ligneux, de soie, de laine, par l’intermédiaire d’uncorps souvent incolore qu’on nomme mordant. Cettedéfinition, qui nous semble devoir être rejetée commeincomplète, est vivement combattue par M. Chevreulqui s’appuie sur les motifs suivants :
1° Elle ne comprend pas le cas ou l’on teint par im-prégnation d’une matière qui n’adhère que mécani-quement.
2° Elle ne comprend pas le cas où l’on teint par affi-nité en plongeant un tissu dans une dissolution ferru-gineuse, dans dusulfate d’indigo, dans une cuve d'Inde ,dans une dissolution de brou de noix.
3° Elle ne comprend pas le cas où, après avoir com-biné du peroxyde de fer à de la cellulose ou de la soie, oula convertit en bleu de Prusse en passant l’étoffe dansun bain de cyanoferrite ou de cyanofcrrurc de potas-sium acidulé.
Nous admettrons donc avec l’illustre directeur desteintures des Gobelins que cette définition est troprestreinte, et d’ailleurs, sans proscrire le mot de mor-dant, il ne faut l’employer que comme expression d’a-telier dont il est difficile, sinon impossible de donnerune explication rationnelle en tant qu’on cherche à lagénéraliser. Si dans d’autres industries le mot de mor-dant peut être synonyme de fixatif, ici cette expressiondevient impropre, car elle ne signifie pas assez; les mor-dants dans les arts n’agissent en aucune façon chimi-quement, leur rôle est basé sur leurs propriétés phy-siques. En teinture, au contraire, il y a réaction chi-mique indubitable et leurs affinités spéciales les fontchoisir dans des cas déterminés. Cette considérationnous conduit en effet à considérer les étoffes coloréescomme formées par l’adhérence de la fibre avec un com •posé défini dans la nature, la proportion, l’arrange-ment des éléments lorsqu'il s’agit d’une teinture danslaquelle l’affinité rassemble plusieurs corps mis en pré-sence. Ce composé peut être binaire comme le per-oxyde de ièr, ternaire comme la carthamine, quaternairecomme l’indigotine. Il peut être un principe colorantquaternaire comme l’indigotine, ou ternaire comme lacarminé, la lutéoline, l’hématine, uni tantôt avec unebase, tantôt avec un acide insoluble , tantôt avec unsous-sel ou même un sel neutre.
Dans tous les cas, on comprend que le poids de l’étoffeest toujours très-fort relativement à celui du composécoloré, etcommela première doit conserver sa ténacité,il faut éviter dans la teinture l’emploi de toute pra-tique qui tendrait à l’altérer dans sa ténacité, sonbrillant, sa souplesse.
Qu’on admette aujourd’hui qu’il convient de ne plussacrifier à l’usage, il nous sera bien vite accordé qu’il