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TEINTURE.
TEINTURE.
serait préférable de dire aluminer, enferrer,plomber, etc., jles tissus qu’on veut colorer au moyen de la garance, Idelà garnie, etc., puisque ces expressions ne repré-sentent à l’esprit qu’un fait évident, la fixation sur l'é-toffe d’une certaine quantité d’alumine, d’oxyde defer, d’oxyde de plomb, etc. Quant à l’expression géné-rale de mordançage, ne suffirait-il pas de la remplacerpar celle de préparation , alors il faudrait dire tissus pré-parés, terme générique pour toutes les pièces ayantsubi les préparations nécessaires, quelles qu’elles soient,au point de vue chimique, pour les rendre propres àcontracter adhérence avec les matières colorantes oucolorées. On s’est servi longtemps, pour désigner la pré-paration qu’on faisait subir au coton, du mot animali-ser ; il est inutile de dire que l’usage ne l’a pas con-servé.
La science delà teinture, ou, ce qui revient au même,la chimie appliquée à cette industrie doit, ainsi quenous l’avons dit ailleurs, définir les corps nécessaires àtouteslcs opérations d’atelier, les circonstances les plusfavorables à l’action mutuelle des étoffes et des corpsmis en contact avec elles, les conditions les plus conve-nables à l’adhérence complète de la coloration, la na-ture des produits colorés. Pour faire cette étude d’unemanière profitable, utile, il faut attaquer la questiondans son ensemble et former des divisions qui satis-fassent un esprit logique. « Il est évident, dit à ce sujetM. Chevrcul dans son rapport sur les tapisseries ex-posées à Londres , qu’il n’existe pas de difficultés lors-qu’une étoffe mise en contact avec une matière colo-rante dissoute dans un liquide la précipite en s’y unis-sant et formant avec elle un principe insoluble.
« Telle est l’action du sulfate d’indigotine sur uneétoffe; il reste sur celle-ci une matière colorante qui ré-siste à l’eau, c’est du sulfate d’indigotine et non de l’in-digotinc, puisqu’on peut l’enlever à l'étoffe avec del’eau alcalisée chaude.
« Telle est encore l'action d’une étoffe sur la solu-tion d’un sel à base de peroxyde de fer ; il se produit,suivant toute apparence, un sous-sel de peroxyde, le-quel peut être réduit par des lavages ultérieurs a l’étatde peroxyde pur.
<« Mais lorsqu’un corps acide, alcalin ou salin, dis-sous dans l’eau n’est pas dans le cas de laisser un corpscoloré sur les étoffes ou que l’eau employée en quan-tité suffisante peut dissoudre tout lo corps coloré quis’y est fixé d’abord, comment reconnaître s’il y a actionmutuelle entre les corps mis en présence? On le peutpar une méthode qui consiste à comparer l’état d’unesolution acide, alcaline, saline avant et après son contactavec une étoffe donnée. On peut reconnaître alors; .
«4° Que l’étoffe a absorbé proportionnellement plusd’eau que du corps dissous. *
« 2 1 ’ Que le contraire a eu lieu.
« 3° Que la solution est après le contact dans l’étatoù elle était auparavant. Ce résultat n’est pas un mo-tif de conclure qu’il n’y a pas d’action, parce que, à larigueur, il peut y en avoir une. Si on la soupçonne, ilest nécessaire de répéter l’expérience en employantdes solutions faites dans des proportions différentes decelles qu’on a employées en premier lieu. »
Par l’emploi régulier de cette méthode expérimen-tale, M. Chevreul a constaté qu’une solution aqueused’acide sulfurique et d’acide chlorhydrique qui se con-centrent sur le ligneux, parce que celui ci attire propor-tionnellement plus d’eau que d’aciilc , devient plusétendue par le contact de la laine et de la soie,celles-ci absorbant plus d’acide que d’eau.
Il a vu qu’il est des sels solubles qui s’unissent auxétoffes par une affinité assez forte pour que l’eau froidecesse d’en dissoudro une quantité sensible aux réactifs,et cependant ces étoffes en retiennent une quantité ap-préciable. Tel est l’azotate de plomb et la laine. La laine
lavée jusqu’à ce qu’elle ne cède plus de sel de plombsensible à l’acide sulfurique en retient assez pour bru-nir par l’acide sulfhydrique quand on la plonge danscet acide.
C’est donc après avoir étudié les actions des acides,des alcalis et des sels sur les étoffes, qu’on pourra dé-terminer les réactions qui se passeront entre les prin-cipes colorants maintenus en dissolution ou précipitésau moyen de ccs mêmes agents.
La pratique journalière des ateliers a fait voir quesous ce rapport toutes les substances connues colorantesd’origine végétale et d’origine animale se conduisentde manières bien différentes dans leurs rapports avecles fibres textiles.
Dans certains cas il suffit, en effet, pour obtenir uneteinture durable, de mettre la matière colorante dis-soute en contact avec le filou le tissu; nous citeronsl’indigotine, la cartbamine, la curcumine.
Dans d’autres circonstances les couleurs ne se fixentqu’au moyen de certains agents intermédiaires qui sontnécessaires pour faire adhérer la couleur; de cette es-pèce sont la garance, la cochenille, les bois de Brésil etde Campêche, etc.'
D’autre part une matière colorante donnée ne se con-duit pas de la même manière avec toutes les fibres tex-tiles, et les teinturiers n’ignorent pas que le coton, lelin, la laine et la soie n’offrent pas à la teinture en unenuance donnée la même facilité; de plus les couleursobtenues n’offrent pas la même résistance.
La force qui détermine entre les deux corps, fibre etprincipe colorant, une adhérence déterminée n’est doncpas la même pour toutes les fibres. Quelle est la causede cette adhérence, quelle est la cause de cette inalté-rabilité pour celles de ces substances colorées quijouissent d’une grande solidité? Elle a pendant long-temps et à juste titre été l’objet des préoccupations deshommes éminents qui depuis plus de soixante-dix ansont voulu jeter sur l’industrie de la teinture les lu-mières de la science.
Des opinions très-diverses ont été tour à tour admi-| ses à ce sujet. Il nous paraît digne d’intérêt de les dis-cuter ici.
Ilcllot et Lepileurd’Apligny ne voient dans la fixa-tion des couleurs qu’un effet mécanique ; Berthollet,Macquer, Bergman», M. Chevreul, M. Persoz et d’autresvoient dans cette fixation un effet chimique. Nous avonsdéjà fait sentir qu’il fallait, pour rester dans le vrai,faire la part à chaque influence et reconnaître dansbeaucoup de cas la simultanéité des effets physiques etchimiques sur les phénomènes de la coloration desétoffes par voie de teinture. Cette question, de nouveauremise à l’ordre du jour par l’un des plus habiles ma-nufacturiers de l’Angleterre, M. V/altcr Crum qui sembleopiner vers les idées de Ilcllot et Lepileur, est devenuol’origine de travaux consciencieux et. très-importants;tout récemment encore M. Kuhlmann, d’une part, etM- Yerdeil, d’autre part, ont présenté des observationsque nous mentionnerons en leur lieu et par ordre chro -nologique.
Opinion de llellot. — Ilcllot voit dans la fibre dola laine la cause de l’adhérence; les matières colo-rantes s’y fixent parce qu’elles pénètrent dans les ca-vités laissées à l’intérieur des fibres, lorsque ces ca-naux ont été dilatés par la chaleur; elles s y trouventmastiquées ensuite par les astringents qui font presquetoujours partie des bains de teinture; elles y sont com-primées enfin par les lavages à l’eau froide.
Opinion de Lepileur d'Apliyuij. — Lepileur d’Apligny,postérieurement à llellot, applique à la soie, au lin,on coton même, les théories que le premier savantapplique à la laine. Il retrouve dans la fibre textile,quelle que soit son origine, une contexture, une orgu-