TEINTURE.
TEINTURE,
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Tiisation similaire en tubes ou sacs; et c’est par la plusou moins grande ténuité de ces tubes ou sacs, c’est parla différence de leur diamètre et do leur longueur, qu’ilexplique l’énergie variable avec laquelle les fibres decoton, de laine ou de soie s’emparent d’une matière co-lorante donnée.
Opimon de Dufay et de Dergmann. —Dufay, en 1737,etBergmann, beaucoup plus tard, en-1776, ont eu re-cours aux affinités chimiques, pour expliquer la pro-priété dont jouit une substance colorante de s'unir àtelle matière textile, de préférence à telle autre.Bergmann, principalement, dans son travail sur l’in-digo, expose nettement que si le sulfate d’indigo setrouve absorbé par la laine en plus grande quantitéque par la soie, la cause doit résider dans la différencedes affinités des deux fibres pour la matière colorante,puisque dans un cas, pour une même dissolution desulfate d’indigo, la laine enlève nu bain de teinturetoutes ses parties colorantes, tandis que, dans le casde la soie, une partie seulement de la coloration setrouve absorbée.
Opinion de Macquer. — Penchant au commencementde sa carrière scientifique vers les idées de Ilellot,Macquer n’hésite plus à déclarer, en 1778, que non-seulement les colorations des tissus tiennent à la quan-tité de matière introduite dans les pores ou sacs queles fihres présentent, mais qu’elles résultent encore decertains jeux d'affinité puissante entre la matière desfibres elles-mêmes et la matière colorante. 11 insistesurtout sur les phénomènes que présentent les couleursqu’on ne peut fixer que par l’intermédiaire de l’alu-mine ou de l’oxyde de fer, et qui contractent, par laprésence de ces intermédiaires, une solidité presquecomplète. Toutes les notions fournies par l'empirismeont été l’objet, de la part de Macquer, d'études plusapprofondies que celles qu’on avait tentées avant l’ap-plication de la théorie de l'affinité, pour expliquerl’adhérence des matières colorantes aux fibres textiles.Macquer fut conduit, par des observations intéres-santes, à poser en principe qu’on recourt à l’emploi del’alumine, du fer, etc., pour fixer les matières colo-rantes solubles dans l’eau; mais qu’on s’en dispense,toutes les fois qu’on veut colorer au moyen des subs-tances qu’il désigne sous le nom de matières résino-eztractices, savoir, les principes colorants du brou denoix, du sumac, du santal, de la racine de noyer, del’écorce d’aulne; ou bien encore les matières résineuses,comme l’indigo, le rocou, l’orseille, le cartliame.L’objet delà teinture, dans les idées de Macquer, étaitde précipiter à l’état de matières insolubles, par l’inter-médiaire de l'alumine et du fer, les matières solublesqui, par le contact de la fibre et à l’état naissant, s’vcombinaient alors, comme les matières résineuses ourésino-cxtractives.
Une expérience très-curieuse, et que Maqucr cite,semble mettre hors de doute l’importance de l’affinitéchimique exercée par les divers tissus, sur une ma-tière colorante donnée ; elle nous paraît avoir contribuépuissamment à faire intervenir dans l’esprit du savantacadémicien l'influence des forces chimiques.
« Si, après avoir aluné, autant que possible , 500grammes de laine et 500 grammes de soie, on lesteint ensuite séparément, chacune dans un bain decochenille, elles prendront l’une et l’autre un cramoisitrès-beau et très-solide ; mais à quantité de cochenilleégale, dans chaque bain, la couleur de la laine aurainfiniment plus de plénitude et d’intensité que celle dela soie; cette différence est si grande, qu’on ne peutparvenir à donner au cramoisi de la soie autant d’in-tensité qu’à celui de la laine qu’en y employant unequantité de cochenille plus que double, c’est-à-direqu’il faut 76 grammes de cet ingrédient pour donner
aux 500 grammes de soie un cramoisi aussi pleinque celui que les 500 grammes de laine prennent avec30 grammes de cochenille. Et l’on ne peut pas dire,avec M. Lepileur d’Apligny, que cela vient de ce quoles pores de la soie étant beaucoup plus fins que ceuxde la laine, elle ne peut prendre les parties les plusfines de la cochenille, tandis que la laine les prendtoutes, parce que ses pores sont plus grands ou plusnombreux; s’il en était ainsi, il devrait rester beaucoupde couleur dans le bain, où la soie a pris tout eoqu’elle peut prendre, et a refusé d’en prendre davan-tage; or, c’est ce qui n’arrive point; au contraire, ilest constant que la soie, à raison de 76 grammes docochenille par 500 grammes de soie, laisse son bainaussi clair et aussi épuisé de couleur que l’est celui dola laine teinte par 30 grammes de cochenille. »
Il y a donc, dans ce cas, une quantité considérable docarminé à l’état latent; elle l’est, parce que la combi-naison de la carminé avec la soie n’a pas la même inten-sité de couleur que la combinaison correspondante dolaine et de carminé.
Opinion de M. Walter Crum . — Tout en modifiantl'opinion de Ilellot, M. Walter Crum a remis ou voulu-remettre en vigueur les idées de Ilellot, en les modi-fiant toutefois. Nous allons donner, d’après M. Persoz,un aperçu de l’opinion de M. Walter Crum , en présen-tant, d’après ce même savant, les faits qui permettentde réfuter la théorie du manufacturier anglais .
Kn s’appuyant sur les anciennes expériencesdcTh. deSaussure sur le charbon qui peut absorber les gaz sansles dénaturer, en proportions variables, suivant la na-ture de ces gaz, suivant sa nature propre et sa porosité,M. Walter Crum déclare que plusieurs des opérationsde la teinture sont du domaine des actions capillairesdécrites par de Saussure , en accordant toute confianceaux observations microscopiques qui ont porté sur lesfibres de coton composées, comme on le sait, de tubescreux et transparents. L’hypothèse de la porosité dosfibres étant une fois admise, on fixe la base minéraled’une couleur obtenue do la garance, l’alumine oul’oxyde de fer, par exemple, en la traitant par un acidevolatil, l’acide acétique; il se fait une solution qui par lotemps, an contact de la fibre dans l’intérieur de laquelleelle pénètre, se décompose en abandonnant l’oxyde etl’acide se dégage; cette solution s’altérerait de mêmesans le concours du coton. Et si la base reste adhérente,au point de résister à l’action du lavage le plus complet,c’est que l’oxyde déposé dans le tube ne peut plus enêtre éloigné par des méthodes mécaniques. Postérieu-rement, le coton préparé par l’immersion dans le seJalumineux est en contact avec le bain de garance. Lamatière colorante se combine en vertu d’une véritableaction chimique.
M. Walter Crum s’appuie, pour établir sa théorie,sur ce que l’on ne pourrait faire dépendre l’adhérencedes couleurs de la force d’attraction qui unit les corpsatome à atome, sans admettre en même temps la dé-sorganisation de l’étoffe; et l’expérience prouve qu’a-près avoir enlevé la matière colorante par des agentschimiques appropriés, la fibre sc retrouve sans alté-ration; elle n’a pas perdu scs propriétés caractéris-tiques.
Soit à l’œil nu, soit à l’aide du microscope, on dé-couvre que la teinture n’est pas uniforme, que la co-loration est accumulée dans l’intérieur des tubes, quela coloration soit jaune, rouge ou bleue. Dans la tein-ture en bleu par l’indigotinc, il n’y aurait pas combi-naison, simplement dépôt d’indigo bleu dans l’intérieurdes fibres.
M. Persoz répond à ces arguments, en ce qui con-cerne la décomposition de l’acétate d’alumine, queM. Walter Crum a pris comme exemple que la décom-