TEINTURE.
TEINTURE.
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pille, pour la décomposer par le selde fer, ou bien, oncommence par enferrer l'étoffe pour Yengaller ensuite.
Nous devons donc distinguer dans tous les cas deuxphases successives dans les phénomènes de la tein-ture :
1° Formation du principe colorant, résultant deFaction chimique analogue a celle des décompositionsparfaitement connues.
'i 0 Fixation de la couleur, c’est-à-dire coloration,adhérence de la matière qui vient d’être formée. Cesdeux phases ne peuvent être confondues.
A quelle classe de phénomènes chimiques compa-rerons-nous les phénomènes qui déterminent l'adhé-rence ? Dans quel cas se forme-t-il une combinaison ?Nous pouvons admettre trois circonstances particu-lières.
A. Lorsque deux corps dont les particules sont enprésence présentent des propriétés physiques très-éloignécs, les composés qui résultent de leur combi-naison ont des propriétés très-différentes de celles des-éléments constitutifs. Les phénomènes dont il estquestion ici sont toujours accompagnés de dégage-ment de cha\cur.
B. Mais lorsque les corps qu’on met en présencen’ont que des propriétés très analogues, les phéno-mènes qui se produisent à leur contact ne semblentcapables de déterminer autre chose qu’une juxtaposi-tion immédiate des corps en présence. A cet ordred’idées nous rapporterons les cristallisations par voied’attraction des sulfates isomorphes, des aluns et dessilicates. Nous nous représentons la puissance de cetteforce par la superposition de lames d’alun de chromesur. des cristaux d’alun d’alumine, et par l’adhérenceque présentent les deux faces juxtaposées.
C. L’attraction capillaire permet d’expliquer unetroisième série de métamorphoses considérées sous lepoint de vue de l'adhérence à laquelle elles conduisent.On sait que le charbon absorbe les gaz en raison de lanature du gaz sur lequel on opère ; la quantité de gazabsorbé varie avec la pression sous laquelle a lieul’expérience et la température que possède le charbon*D’autres substances possèdent aussi le même pouvoir.Les gaz sont condensés souvent sous un poids consi-dérable ; dans ces conditions, ni le gaz, ni le charbonn’ont été chimiquement altérés.
Ayant à choisir entre ces trois ordres de phéno-mènes, M. Persoz explique l’adhérence des matièrescolorantes aux tissus de soie, de laine et de coton parune juxtaposition immédiate et simple de la couleursur la fibre ; il s’appuie sur de nouveaux faits, la super-position par exemple d’une couche d’indigo et d’oxydede fer sur une étoffe donnée; l’expérience prouve quela couche a pris d’autant moins d’adhérence qu’elle apris plus .d’épaisseur.
« Si l’adhérence dépendait des pores , toutes lessubstances insolubles devraient pouvoir être logéesdans ces porcs, le sulfate de baryte, comme le chro-mate de plomb, le carbonate do baryte, comme l’oxydede plomb, l’oxyde de zinc comme l’alumine et l’oxyded’étain. Or, l’expérience prouve-t-elle qu’il en soitainsi V Ne démontre-t-elle pas, au contraire, que lesuns, tels que le sulfate et le carbonate de baryte, lesulfate et le carbonate de chaux, n’adhèrent jamais àla fibre, quelles que soient les conditions dans lesquelleson les place, tandis que les autres s’y combinent avecla plus grande facilité ? Dans l’opinion que nous soute-nons, ces différences de résultat n’ont rien d’extraor-dinaire , puisque les dimensions des équivalents descorps n’étant plus les mêmes, ne présentant pas tousdes faces semblables à celles de la fibre, ils n’ont pasune égale aptitude à y adhérer.
« Il est d’ailleurs un fait qui nous semble justifierl’influcnco de la dimension et de la forme de la molé-
cule dans la fixation des matières colorantes : c’estque parmi les oxydes métalliques, ceux qui se com-binent aux tissus avec le plus d’énergie et dans lesconditions les moins différentes sont précisément leshydrates des trois oxydes isomorphes, alumine, oxydede fer, oxyde de chrome. »»
Toutefois je ferai remarquer que cet argument nesaurait être présenté d’une manière absolue, car ontrouve dans les oxydes de plomb et d’étain, dont levolume atomique diffère beaucoup du volume de l’alu-mine et de l’oxyde de fer, une tendance souvent con-sidérable pour taire adhérer les couleurs.
Dans tout'ce qui précède nous avons vu qu’onn’avait pas fait intervenir comme cause de l’adhérencela composition chimique des fibres textiles. Les dif-férents rapports qu’on observe entre l’hydrogène ,l’oxygène et le carbone de la cellulose provenant dulin, du chanvre et du coton, et ces éléments pris dansla laine et la soie ont paru sans influence sur l’affinitéque ces diverses substances produisent à l’égard desmatières colorantes ; néanmoins on a ciu pouvoirattribuer à l’azote un rôle plus actif accrédité dès l’ori-gine dans l’ésprit des premiers chimistes qui se sontoccupés decette question. Macquer, entre autreschoses,avait écrit :
« Ce qui paraît résulter de plus général de cesdétails particuliers , c’est que la laine et même toutesles matières d’origine animale sont de toutes les subs-tances qu’on peut teindre celles qui se prêtent le mieuxaux opérations do la teinture, que le fil et toutes lesmatières d’origine végétale sont au contraire cellesqu’il est le plus difficile do teindre, celles qui prennentle moindre nombre de couleurs et de plus qui lesprennent les moins belles et les moins solides; enfinque la soie et les autres substances qui paraissenttenir le milieu entre les matières purement animaleset celles qui sont purement végétales tiennent aussi lemilieu à cet égard dans les opérations de la teinture.»
Partant de cette idée, quelques teinturiers ont consi-déré, dans la teinture en rouge d’Andrinople, l’emploides fientes et des bouses comme devant introduiredans le coton un principe azoté, comme capable de luicommuniquer une sorte d’animalisation. Cette théoriedut être abandonnée lorsqu’on apprit à remplacer dansla pratique ces bains animalisés par des liquides, telsque les dissolutions de silicates ou de phosphatesalcalins. D’autres preuves contre la doctrine de l’ani-malisation sont fournies par M. Ivuhlmann dans sontravail remarquable sur la teinture des matièrestextiles modifiées par l’introduction de la vapeurnitreuse dans leurs molécules.
Voici les conclusions intéressantes qu’il a consi-gnées dans les Comptes rendus de l’Académie dessciences t. XLII, p. b73 et 711.
Opinion de M.Kuhlmann, — Lorsqu’on transforme enpyroxyle un tissu de coton ou de laine et du coton enlaine, et qu’on cherche à teindre les produits qui ré-sultent de la transformation, contrairement à touteprévision, et surtout à la doctrine qui tendrait à faireadmettre d’une manière absolue l’existence de l’azotedans la matière à teindre, la pyroxyline se refuse à lateinture. Ce fait résulte des expériences qui suivent etque nous allons exposer d’une manière sommaire.
La pyroxyline, formée par un mélange d’acide ni-trique monohydraté et d’acide sulfurique concentré, aété soumise à des opérations pratiques do teinture etd’impression en fabrique, en même temps que lesmêmes échantillons de tissu de coton et de lin et lescotons en laine sur lesquels on avait prélevé l’échan-tillon pour le transformer.
Les échantillons disposés pour l’essai ont été foulés,rincés, lavés a l’eau bouillante, lavés à froid, séchés