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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

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TEINTURE.

2 vohnne3 d’acide sulfurique a 66° et '1 fl volumed’eau.

L’orseille et la cochenille ont été de même essayéesavec la préparation d’alumine ; on a fait ces essaisavec :

N° 1. Coton immergé vingt minutes dans un baind’acide nitrique ou d’acide azotique 2 volumes, 1 vo-lume d’acide sulfurique ;

N° *2. Coton plongé 20 minutes dans un bain de

1 volume acide nitrique et I volume acide sulfurique ;

N° 3. Coton plongé 20 minutes dans un bain de

<1 volume d’acide nitrique et 2 volumes d’acide sulfu-rique.

On observe : 1° pour les essais faits au moyen de lacochenille, avec le n° 1, une teinte giroflée pale peudifférente de celle obtenue avec le coton sans prépara-tion ; pour le n° 2 une teinte beaucoup plus foncée, etpour le n° 3 une coloration au moins double de celle del’essai précédent.

On observe, pour les essais faits au moyen de l’or-seille, des colorations violettes dont l’intensité se trouveen rapport avec les résultats fournis par la cochenille

Lorsqu’on se sert de garancinc, comme matière tinc-toriale, un bain d’acide nitrique seul donne sur cotonune nuance un peu plus jaune, mais égale en plénitudeà celle qu’on obtient sur le coton qui n’a pas reçu (l’im-mersion dans l’acide; 2volumesd’acide azotique et 1 vo-lume d’acide sulfurique donnent la même nuance,mais plus foncée; I volume d'acide azotique et î vo-lume d’acide sulfurique fournissent unenuance très-fon-cée, qui rappelle celle du rouge d'AndrinopIe avant l’avi-vage ; 2 volumes d’acide azotique et 2 volumes d’acidesulfurique fournissent une coloration très foncée, légè-rement jaunâtre. Enfin, 1 volume d’acide azotique,

2 volumes d’acide sulfurique, 1/2 volume d’eau don-nent une couleur rouge très-vive et beaucoup plusfoncée que les précédentes.

La laine, la soie, les plumes, les crins, traités,comme le coton, par les acides que nous venons d’indi-* quer, offrent la même aptitude à se teindre par la ga-rancinc, l’orseille, la cochenille, la décoction de Brésil ,et les avantages qu’on retire de l’action des acides, aupoint rie vue de larichessect de l'intensité de la nuance,sont des plus remarquables. L’acide nitrique étendude cinq fois son volume d’eau fournit déjà des avan-tages très-marqués

Malheureusement, au point (le vue pratique, les filset les tissus sont profondément altérés par ces immer-sions acides ; ces observations ne sauraient donc être,au moins quant à présent, utilisées dans l’industrie.Il n’y a d’espoir d’en tirer parti qu’antant que la ma-tière colorante peut appartenir au groupe des subs-. tances qui Se forment et s’appliquent au moyen de l’a-cide nitrique. L’acide picrique, par exemple, qui ne sefixe pas sur le coton, même par l’intervention de l’alu-mine, donne des nuances très-nourrios, lorsque le co-ton est traité par le bain acide. L’acide agit alorscomme matière colorante et comme intermédiaire ; ilsert à produire des nuances composées, soit en don-nant des bains d’acide picrique, soit en le mêlant auxautres couleurs, après les préparations métalliques quiservent à fixer la matière tinctoriale. Ces couleurscomposées, très-vives et très-éclatantes, sont plus par-ticulièrement applicables à la teinture sur laine et sursoie; dans la teinture sur coton, l’acide nitrique fixéaltère à la longue la couleur, et la fait virer au jaune.Dans tous les cas, les composés nitrés auraient des in-convénients dans la pratique, par suite de la grandecombustibilité que possèdent les tissus, lorsqu’ils ontété traités par l’acide nitro-sulfurique.

Les expériences qui précèdent, et sur lesquelles nousavons cru devoir insister parce qu’elles sont nouvelleset parce qu’elles pèsent d’un grand poids dans la ques-C.

tion qui nous occupe, semblent donc conduire à desrésultats qui peuvent réduire à peu de chose l’in-fluence de la contexture des fibres dans les opérationsde la teinture.

M. Kuhlmann formule lui-même son opinion de lamanière suivante :

« Si l’on ne peut faire dépendre la fixation des cou-leurs d’un principe à application constante, celui parexemple qui reposerait uniquement sur la compositionde la matièreàtcindre; si, comme le démontre M. Clie-vreul, cette aptitude procède souvent aussi (les pro-priétés particulières de la matière colorante cllc-mCune.se fixant mieux sur telle ou telle étoffe, on peut établir(lès aujourd’hui, que la composition chimique du corps àteindre a la plus grande influence sur cette fixation,que les teintures sont de véritables combinaisons chi-miques, et que les effets dus à la capillarité et à lastructure particulière (1e la matière filamenteuse nesont que secondaires. »

Ces expériences me paraissent démontrer, d’une ma-nière évidente, que l'adhérence ou la fixation des cou-leurs dépend, en grande partie du moins, d’une actionchimique entre les matières colorantes et les étoffesdans leur état naturel, ou ces étoffes diversement mo-difiées, soit par leur combinaison avec d’autres corps,soit par un arrangement moléculaire particulier doleurs principes constitutifs. Elles me semblent prouverplus que les arguments de M. Persoz, qui sépare l’ac-tion chimique proprement dite de l'action d’adhérence,cette dernière n’étant produite que par juxtaposition.

On peut, du reste, prouver que, dans le cas de l’in-tervention de l'acide nitrique, cct acide n’agit pas commecorps se mettant en liberté, pendant l’opération de lateinture. En efiet, les tissus nitrés à différents degrésne perdent pas après la teinture leur grande combusti-bilité, pas plus sous ce rapport que la pyroxyline elle-même. D’ailleurs, d’une part, les étoffes pyroxylées neprennent pas plus de coloration dans les bains à réac-tion acide que dans les bains à réaction alcaline;d’autre part, la pyroxyline, spontanément décomposée,attire bien plus énergiquement que le coton naturelles couleurs quelles qu’elles soient, dans l’une commedans l’autre circonstance.

Peut-on attribuer à de simples modifications molé-culaires les modifications remarquées sous l’influencedes intermédiaires, dans l’aptitude des fils et tissus àfixer les matières colorantes et former avec elles de vé-ritables combinaisons chimiques? M. Mercera fait voir,il y a quelques années, que les tissus de coton don-naient dans l’impression et là teinture des couleursbeaucoup plus nourries, lorsqu’on les plongeait dansune dissolution concentrée de soude caustique, avanttoute application de sel métallique. On n’a voulu voirdans ce fait qu’un seul rapprochement des fibres dontl’étoffe est composée ; mais il est plus vraisemblabled’admettre une action chimique dont l’existence n’estpas liée d’une manière absolue à la présence des alcaliscaustiques, potasse ou soude. L’altération des tissus decoton par le chlore, par l'acide chlorhydrique et parl’acide fluorhydrique, ne modifie en rien l’aptitudeà fixer les matières colorantes. Au contraire, les acidesphosphorique et sulfurique concentrés agissent d'unemanière très-efficace pour ajouter à la plénitude et àl’éclat de la teinture. Sous l’influence de ces acides, lacellulose, commo nous l’avons dit, se modifie; elleprend un aspect translucide, par suite d’une transfor-mation moléculaire qui concourt à la production d’unecertaine quantité de dextrine et de glucose. La com-position de la cellulose ne subissant même aucune al-tération, n’est-on pas en droit de croire aux chan-gements possibles dans les aptitudes relatives à lateinture présentées par deux substances isomères?Cette dernière manière d’interpréter les faits dans ccs

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