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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

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geuscmcnt, par suite de la propriété qu’ils possèdentde sc clédoubli r en sels insolubles par l’ébullition; ilconvient, pour expliquer certaines réactions, de tenircompte des propriétés que ces sels présentent eucore,et dont on doit l’observation à MM. Scheurer-Kestuer.

L'azotate de fer neutre et les deux azotates basiquesdont nous venons de parler, renfermés dans des tubesscellés et soumis à la température de l’eau bouillante,sont altérés : les sels basiques deviernent rouge bri-que; la dissolution limpide par transparence sembletrouble, vue par réflexion. Le sulfate do soude préci-pite la dissolution. Le liquide, séparé du dépôt, offrela composition de l’azotate neutre. Quant à l’azotateneutre, il n’est pas modifié. Le précipité fourni par lesulfate de soude contient un équivalent d’eau pour unéquivalent de fer; il est soluble dans l’eau pure, maisinsoluble dans les acides concentrés. Cette dissolu-tion ne donne pas les caractères des sels de fer avec lesferrocyanures et sulfocyanures.

Ainsi la chaleur exerce sur les deux azotates ba-siques une action analogue à celle qu’elle produit surl’acétate de fer, à cette différence près : tandis quel’acétate de fer est décomposé d’une manière complèteen oxyde de fer et en acide acétique, les azotates ba-siques sont décomposés en oxyde de fer et en azotateneutre, ce dernier sel résistant à la décomposition. Lalumière agit de même que la chaleur. Aussi faut-iléviter de conserver ces dissolutions basiques qui per-dent leur énergie en vieillissant.

Les acétates de peroxyde de fer se préparent facile-ment, d’après M. Oudemans, en traitant par l’acideacétique concentré (dix fois le poids du fer) le peroxydede fer préparé par le fer converti par l’eau régale enfiesquichlorurc de fer précipité par l’ammoniaque ; onfait macérer pendant 40 heures de 50 à 60° et, aprèsun peu de»repos, on décante la liqueur claire, on éva-pore sur des assiettes à 00° ; on obtient de la sorteun produit solide qu’on achève de dessécher pendantquelque temps à 110° et qui représente une composi-tion définie ; il peut ainsi servir comme préparationferrugineuse très-fidèle dans le cas où le peroxyde defer doit jouer un rôle actif. Mais il faut tenir comptede certaines circonstances observées par M. Péan deSaint-Gilles.

Les recherches de ce chimiste ont fait voir qu’unedissolution d’acétate de peroxyde de fer, chauffée dansun bain-marie à l'ébullition pendant dix à douzeheures, reste transparente par transmission et devientopaque par réflexion ; elle n’a plus de saveur et cessed’accuser les réactions de l’oxyde de fer, par exempleavec les ferrocyanures. Le sulfocyanure lui-meme nedécèle par la plus petite quantité d’oxyde de fer. Lesacides précipitent de la liqueur un précipité ocrcux ,brun, insoluble, dans les acides meme concentrés.

L’hydrate de sesquioxyde de fer pur, sous l’uiÜucncede Tenu et de l’ébullition, se modifie lui-meme peu à peuet aoquiert les mêmes propriétés que l’oxyde de fertraité par l’acide acétique et chauffé comme nous l’a-vous dit plus haut ; cet hydrate ne contient que40 p. 400 d’eau; de plus il lie possède plus la propriétéde devenir incandescent quand il passe de la tempé-rature ordinaire à la température rouge. Il est, en unmot, dans cet état particulier prévu par M. Persoz etattribué aux oxydes à 3 équivalents d’oxygène quandils sont impropres à la teinture. L’hydrate mo-difié ne joue donc plus le rôle de base ; il est isolé etne joue nullement le rôle de l’oxyde de fer dans lessels ferriques. Ces faits ont une importance réelle pourla théorie de la teinture et pour celle de l’impression,c’est à ce titre que nous les rapportons ici. Il en ré-sulte la nécessité pour les industries qui nous oc-cupent de ne préparer les sels de fer qu’en évitantavec soin une plus forte élévation de température dont

C.

on serait tenté de faire usage pour faciliter la disso-lution. Nous donnons à cette occasion la méthode em-ployée dans la pratique.

Les acétates et pyrolignites de fer se préparent engrand dans les fabriques d’indiennes; on utilise, à ceteffet, la solubilité du fermétalliquedans l’acide acétiqueou même dans le vinaigre. L’acide acétique dont onse sert est l’acide pyroligneux. On chauffe à 40 ou 50degrés de l’acide pyroligueux ou de bon \ maigre, on leverse dans un tonneau sur de la ferraille bien nettoyéeet qui plonge complètement dans l’acide; le tonneauest couvert ; au bout de trois ou quatre jours on soutirepar la partie inférieure 40 ou 50 litres qu’on reverse parla partie supérieure et ainsi de suito pendant trente ouquarante jours ; après ce temps, le sel est formé. Si l'on afait usage de bon vinaigre et que l’opération ait étébien menée, la dissolution qu’on obtient sous le nom debain de noir marque 7 à 8 degrés Bauiné, dans le cascontraire, elle ne marque que 6ù7 degrés ; si l’on a faitusage d’acide pyroligneux, le sel marque 13à 4 0 degréssuivant le degré de concentration de l’acide dont on afait usage.

Ce sel peut s’obtenir encore au moyen d’une doubledécomposition par le mélange d’une dissolution de sul-fate de protoxyde de fer et d’acétate de plomb; on tireà clair pour enlever la totalité du sulfate de plomb quiforme un dépôt inutile.

Les analogies que présente l’acide hyposulfureuxavec l’acide acétique ont conduit à penser que l’hypo-sulfite de fer pourrait servir de bonne préparation pourla teinture des tissus en couleurs qui exigent le con-cours du fer. L'hyposulfite de fer se prépare en ajou-tant de l’hyposulfite de soude à du sel à base de pro-toxyde ; ce mordant renferme un corps qui s’oppose àl’oxydation trop vive du métal. Il sc fixe un sous-selaprès la fibre sans l’altérer sensiblement.

Les préparations ferrugineuses s’emploient soit iso-lément, soit en mélange avec les préparations alumi-neuses ; dans le premier cas, elles concourent avec lesmatières colorantes rouges à la production des lilas, desgris et de3 violets ; avec les matières colorantes jaunes,elles forment des gris olive et des verts bruns ; avec lesecours d’un mélange de matières colorantes jaunes etrouges, elles produisent une foule de nuances intermé-diaires depuis le gris clair jusqu’au noir le plus foncé.

Lorsque les préparations ferrugineuses sont associéesaux compositions alumineuses, elles foumissentavec lesmatières colorantes rouges des nuances plus ou moinsintenses tirant au noir; avec les matières colorantesjaunes, des jaunes plus ou moins olivâtres selon qu’ily a plus ou moins de fer; avec un mélange de matièrescolorantes jaunes et rouges, des couleurs brunes, feuillemorte, bois pourri, qui varient à l’infini suivant qu’onchange dans la préparation les rapports de l’alumine àl’oxyde de fer, ou les proportions des matières colo-rantes jaunes et rouges dont on fait usage pour compo-ser le bain de teinture.

Préparations < bromiques.

Les analogies qui rapprochent les oxydes d’alumineet de fer permettent de penser que l’oxyde de chromepeut convenablement préparer les tissus pour les rendrepropres à la teinture. En effet, on se sert des sels dechrome pour préparer les toiles qui doivent passer encampêche, en brésil , en garance, en quercitron. Lescomposés qui servent de base à la préparation chi-mique sont de nature essentiellement variée ; et commel’oxyde de chrome forme dcsscls très-différents, que lesuns jouissent de propriétésoxydantes très-prononcées,l’action de ces composés est très-complexe, car elle peutse porter tout à la lois sur la fibre animale ou végétaleet sur la matière colorante elle-même; il peut y avoircombinaison de l’étoffe avec l’oxyde de chrome à l'état

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