TEINTURE.
TEINTURE.
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d’htii, pour l'obtention des couleurs rabattues ; cellesqui sont les plus communes sont les noirs dits auchromate.
Les matières colorantes en général n’acquièrent,avec l’oxyde de chrome, que des nuances sales etternes; celles qui donnent les laques les plus puressont le quercitron, la garance, le cnmpcehc et leLrésil.
Préparations stanniques.
L’oxyde d’étain constitue l’une des préparations lesplus remarquables employées dans l’art de la teinture.Son usage date au moins de 1630. Il est intéressant deciter ici la composition pour Vcscarlattc d’Hollande,tirée d’un manuscrit que possède M. Chevreul, qui ledoit à l’obligeance d'Adrien de Jussieu , lequel le te-nait de ses ascendants. Ces procédés sont tels qu’ilsétaient pratiqués en 1666 et 1667 dans la teintureriefondée par Gobelin. Voici l’extrait que j’emprunte autravail de M. Chevreul sur l’Exposition de Londres ,p. 21. L’écarlate à l’oxyde d’étaiit ne date que de1630 : on en est redevable à Cornélius Drebbel , Hol-landais; elle fut pratiquée sur une grande échelle àLcydc, par Kuffelar, teinturier, gendre de Drebbel ,puis importée par un nommé Jean Gluck ou Kloech.
On trouve dans l’ouvrage cité les moyens de faire lesescarhttes rouges dittes de graine, au moyen de Yalun, dutartre , de Y arsenic, de la graine et du pastel d’esearlatteou vermillon , qu’une note marginale définit vermisseauxqui s'engendrent dans la graine. On y donne des recettespour faire le pourpre oriental ou escarlatte d'Hollande, qui,par les différences qu’elles présentent, prouve que 1 onn’était pas encore fixé sur un procédé préférable à toutautre En effet, dans une recette, on prescrit, pour lebouillon l’emploi simultané du tartre , du sel armoniac,de la farine de poix , d’ esprits, de Yalun, du sel gemme ,ou bien, du sel armoniac, du salpêtre raffiné, du tartre ,de la farine, de l’alun, des esprits dont on donne desproportions diverses. On prescrit pour la rougie , cequ’on nomme corhenillcr , la cochenille dite mcstcc , letartre blanc, Yamidon blanc et les esprits. Ces recettessont remarquables, dit TJ. Chevreul:
1° Far l’absence de la dissolution d’étain dans l’uned’elles; mais comme on opérait dans une chaudière dece métal fin, c’était le vaisseau qui fournissait l’étainnécessaire à la constitution de la couleur;
2" Par l’emploi simultané de l’alun et des acides :une autre recette intitulée : La vraye manière de faireVescarlatte d'IIollande, prescrit une composition d’eau-forte et d’étain.
Eau forte.2 livres.
Étain fin d’Angleterre. . . 4 onces.
La dissolution faite, on ajoute ensuite à
Cristal de tartre. 2 livres.
Voilà le bouillon pour un drap de 35 brasses.
Dans la rougie, on emploie
à laquelle on ajoute une dissolution d’étain composéeavec
Eau forte. 4 livres.
Étain fin. 8 onces.
On fait chauffer, et quand le bain est sur le point debouillir, on y met
Cochenille.67 à 70 onces.
Si l’on veut une couleur rosée, on ajoute 2 livres detartre.
Four que la dissolution fût possible dans l’eauforte, il fallait que celle-ci contînt de l’acide chlorhy-drique ou un chlorure.
Les sels d’étain sont les seuls qui jusqu’ici donnent
à la cochenille la magnifique couleur qu’on connaîtsous le nom d’écarlate. Nous allons étudier ceux quel’industrie préfère employer.
L’étain forme, comme on sait, deux combinaisonsavec l’oxygène; l’une agit à la façon d’une base,l’autre à la façon d’un acide; de là deux modes d’em-ploi dans l’art de la teinture. Au reste, les deux selspréparent la toile sur laquelle ils abandonnent del'oxyde d’étain, qui contracte avec elle une grandeadhérence. On se règle, sur le choix à faire entre lesdeux sortes de sels, sur la nature de l’étoffe et sur lanuance qu’on veut obtenir.
Composés dans lesquels l'oxyde d’étain agit comme base.— Les préparationsdans lesquelles l’oxyde d’étain jouele rôle de base sont de deux sortes, suivant que l’étainest ii l’état de protoxyde ou de peroxyde d’étain. Leprotocliloruro d’étain est la préparation la plus répan-due ; en contact avec un tissu quelconque, il lui laissede l’oxyde d’étain, car l’eau seule le décompose déjà;il se forme un sel soluble acide qui reste dissous, etun sel insoluble qui se précipite et se dépose sur lafibre. On en fait usage pour les couleurs vapeurs; maiscomme ce sel ne sc détruit que par double décomposi-tion, il en résulte une quantité proportionnelle d’acideclilorhj'drique qui détruit les tissus, surtout le coton.On a recours, pour combattre cet effet, à l’acétate depotasse ou de 60 ude, dans la solution de laquelle onfait passer les pièces foulardécs dans le protoehlorured’étain. Les acétates agissent à la façon des bases.
Au lieu d'employer le protoehlorure d’étain, on faitsouvent usage du sulfate de protoxyde d’étain dissousdans l’acide chlorhydrique.
Sur 10 kilogrammes d’étain en grenaille, introduitsdans un vase de porcelaine, de grès ou de verre, onverse 15 kilogrammes d’acide chlorhydrique du com-merce exempt de fer, on ajoute peu à peu dans co mé-lange 7 k ,5 d’acide sulfurique à 66°; il y a dégagementde chaleur, et l’étain, violemment attaqué, se dissoutsans peine, dès le commencement, plus difficilement àmesure que la concentration s’opère; on termine fac-tion en élevant la température à la fin de l’opérationjusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’hydrogèno. On ob-tient, par le refroidissement, une masse de cristauxqui contiennent un léger excès d’ét-ain, et qu’on étendd’eau, pour que le tout pèse huit fois le poids de l’étaindissous, c’est-à-dire 80 kilogrammes.
La difficulté de trouver des vases en porcelained’une capacité suffisante pour l’opération que nous ve-nons de décrire a fait rechercher les vases en métal.On prépare aujourd'hui, dans les fabriques, les chlo-rures et les sulfates d’étain dans de grandes chaudièresen cuivre, étamées fortement en dedans et en dehors.On a fait usage de capsules d’étain; mais elles sonttrop sujettes à se fondre, si l’on ne prend pas assez deprécautions dans la conduite du feu.
Si l’on chauffe à 100 degrés dans un bain-marie del’acidc sulfurique de Nordhausen , dans lequel on faitdissoudrejusqu’à saturation complète du protochlorured’étain et qu’on dessèche jusqu’à ce que le mélangeprenne la consistance d’un mortier durci, qu’on con-serve à l’abri de l’air, on obtient une bonne préparationcapable de faire adhérer aux fibres textiles les matièrescolorantes qui forment laque avec l’oxyde d’étain.
Les sels de peroxyde d’étain peuvent également,ainsi que nous l’avons dit, servir d'intermédiaire entroles fibres et les matières colorantes dans les opérationsde la teinture. On prépare pour cet effet les bichloruresd’étain au moyen des deux méthodes suivantes, quipratiquement donnent d’excellents résultats.
1° 10 kilog. d’étain sont traités par 80 kilog. d'a-cide nitrique à 26 degrés, dans lequel on a fait dis*soudre 10 kilog. do sel ammoniac.