TEINTURE.
TEINTURE.
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2“ 10 kilog. de protochlorurc d’étain sont traitéspar un mélangé formé de 16 kilog. d’acide chlorhydri-que du commerce et 8 kilog. d’acide nitrique.
3° Suivant M. Kopp, l’iiyposulfite d’étain permet defixer sur les tissus une proportion assez considérabled’oxvde d'étain qui donne à la teinture des nuancesassez vives. L'hyposulfite de soude ne doit être nudéqu’à des sels de hioxyde d’étain ou aux composés mul-tiples à base d’oxyde stannoso-stannique, parce qu’aucontact des sels de protoxyde, il se forme rapidementou du sulfure ou do l’oxysulfure d’étain.
Composés dans lesquels l'étain joue le rôle d'acide. —Dans d’autres composés l’étain fait fonction d’acide;ces préparations sont fréquemment employées; on enfait usage lorsqu’on peut détruire la combinaison dansdes conditions telles qu‘e l’oxyde staimique puisse scfixer sur l’étoffe. Pour préparer le stannate de potasseon fait dissoudre de l’oxvde d’étain, ou mieux du proto-chlorure d’étain dans la potasse qu’on ajoute en grandexcès pour faire redissoudre le précipité qui s’est formétout d’abord. C’e composé n’offre qu’une faible résis-tance. L’acide carbonique de l’air tend à le décompo-ser en mettant en liberté du protoxyde d’étain quis’oxyde lui-même sous l’influence de l’air atmosphé-rique. Cette même décomposition s’effectue déjà sansle concours de l’air; car le protoxyde d’étain se dé-double par un nouvel arrangement moléculaire enétain métallique et en peroxyde d’étain. Quantà l’étainmétallique, il s’oxyde à son tour pour donner finale-ment de l’acide stannique.
En définitive, on voitdonc que c’est toujours de l’a-cide stannique qui sc dépose sur les tissus. Quelquesfabricants obtiennent un résultat immédiat en faisantusage du bichlorurc d’étain pour obtenir une bonnepréparation stannique. On le précipite parla potasse, etle dépôt est dissous dans une quantité convenable depotasse en excès.
On n’a que rarement recours aux sels d’étain pourproduire les nuances garancécs, mais on s’en sert quel-quefois pour combattre les effets produits par la pré-sence de l’oxyde de fer ; on en fait encore usage pourmodifier par substitution, ce qu’on nomme conversion,une étoffe teinte avec le concours de préparations alu-mineuses. On s’en sert avec le plus grand avantagedans l’établissement de toutes les couleurs d’applica-tion et surtout pour fixer les couleurs dites couleursvapeurs. Nous aurons plus loin à revenir sur les prin-cipes qui guident le fabricant dans la préparation desmatières colorantes de cette sorte.
Préparations organiques (mordants organiques).
Les matières minérales que nous venons d’étudierne sont pas les seules qui soient aptes à rendre adhé-rentes aux tissus celles des matières colorantes d’ori-gine organique qui ne contractent par elles-mêmesaucune combinaison avec les fibres textiles, quelle quesoit leur nature. Nous avons déjà fait comprendre, enparlant du blanchiment, que certaines substances de laclasse des matières grasses, modifiées dans certainescirconstances, jouissent de la propriété que nous venonsde rappeler, et qu’elles agissent dans les opérations dela teinture comme de véritables Mordante.
Toute la fabrication du rouge turc ou rouge d’An-drinoplc repose sur l’emploi d’huiles convenablementmodifiées pour pouvoir faire contracter aux tissus d’o-Tigine végétale une véritable coloration d’un rouge écla-tant sous l'influence de la garance. On donne à ceshuiles modifiées, ou capables de se modifier, le nomd’huiles tournantes ; elles sont devenues, de la part deschimistes les plus distingués, l’objet d’études très-inté-ressantes, et le type auquel on a rattaché la plupart desintermédiaires propres à la teinture entièrement des-tructible sous l’influence de la chaleur, que leur origine
et leur nature ne permettraient pas de classer parmiles mordants inorganiques ou minéraux.
Il existe d’ailleurs certaines substances qui, aprèsteinture» retiennent sur îa laine, la soie et le cotonnon blanchi, les matières colorantes qui nécessite-raient des mordants. On n’en connaît pas la nature,les fibres végétales sont les seules qu’on ait pu débarras-ser de ce mordant. En serait-il de même de la soie etde la laine ? Que sont les tissus débarrassés de ce mor-dant organique; est-ce cette substance qui rend les tis-sus réducteurs? Ces questions restent encore à ré-soudre.
Nous trouvons, parmi les intermédiaires organiquespropres à fixer les couleurs, des substances organisées,animalisées, c’est-à-dire produites directement avec cesqualités sous l’influence de la vie, d'autres matières nojouissant des propriétés utiles que nous énuméronsqu’après avoir été modifiées dans des circonstancesdonnées. Nous allons chercher à présenter à ce sujetquelques réflexions suggérées par certaines substancesappartenant à des groupes bien différents
Matières albuminoïdes. — Lorsqu’on soumet à lateinture des oeufs pour leur donner les couleurs diversesdes œufs de Pâques , on se contente de les faire bouillirdans des décoctions de différentes matières tinctoriales,de bois de Brésil , de bois de Campêche, de pelures d’oi-gnon, de pain de tournesol, d’orseille, etc. Toutes cescouleurs se fixent parfaitement bien sans aucune inter-vention de matière particulière, avec cette seule diffé-rence que tel œuf prend la matière colorante d’une ma-nière plus prononcée que tel autre. Dans ce cas, commel’a démontré M. Kuhlmann, la coloration sc trouvedéterminée non pas par le sel calcaire dont la coquilleest formée, mais par un enduit albuminoïde azoté quirevêt la surface sous une épaisseur plus ou moins va-riable. En effet, si l’on traite pendant un certain tempsdes œufs par de l’acide chlorhydrique affaibli, en ayantsoin de ne faire atteindre par le liquide que la moitiéde la surface de chaque œuf, les parties attaquées socouvrent d’une matière émnlsivc blanche qu’un simplelavage à l’eau suffit pour détacher. Les parties non at-teintes sont alors les seules qui fixent les couleurs, cesont celles qui sont naturellement recouvertes d’un en-duit naturel qui ressemble assez à de l’albumine coa-gulée. Les parties des œufs qui ont eu le contact de l’a-cide restent parfaitement blanches.
L’affinité de l'albumine pour les matières colorantesest d’ailleurs démontrée par les colorations que prenddansles bains debrésil, decampêche, etc., dcl albuminecoagulée par la chaleur. Ces curieux résultats ont con-duit M. Kuhlmann à faire quelques essais de teinturesur des étoffes de coton, de laine et de soie préalable-ment préparées avec de l’albumine coagulée soit aumoyen d’un acide, soit par la chaleur. Il est évident,d’après ces essais, que l'albumine est convenable pourles tissus de coton, qu’elle convient moins pour la soioet qu’elle ne donne que des avantages à peu près insen-sibles pour les tissus de laine. Au moins faut-il admettrequ’il en est ainsi dans l’emploi de la garance, du bré-sil et du campêche.
Nous avons déjà cité celle des expériences deM. Verdeil sur laquelle il s’appuie pour démontrer quela transparence des fibres est une des causes les plusinfluentes de l’intensité que possède une teinture don-née. Elles prouvent la tendance de l’albumine à fixerles oxydes métalliques.
Lorsque de l’albumine est coagulée dans l’eau renfer-mant du bichloruve d’étain, et que la coagulation estobtenue par îa chaleur en présence d'une solution decochenille, on obtient une teinture grenat foncé,comme si l’on avait opéré sur un tissu véritable. Lessubstances albuminoïdes peuvent donc «■evvir de pré-