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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

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parution propre à foire adhérer sur les divers tissusles matières colorantes, tout comme le peuvent foireles matières minérales que nous avons déjà passées enrevue.

Il ressort des essais do M. Kuhlmann que les ma-tières azotées coagulables sont très-énergiques pourfixer sur les tissus, dans toutes les conditions d’insolu-bilité désirables, les oxydes métalliques, meme de ceuxdont les sels ne se décomposent que très-difficilement

au contact des étoffes. Des expériences comparatives,faites par exemple avec d’acétate d’alumine, le chlo-rure de manganèse, le sulfate de zinc, le sulfate decuivre, le sulfate de protoxyde de fer, le perchlorurede mercure et le chlorure de platine, ont fourni les ré-sultats suivants, mis en contact avec la décoction debois de Brésil et la garance. Je les réunis, d’aprèsM. Kuhlmann, dans le tableau suivant (Comptes rendusde VAcadémie des sciences, t. xliii, p. 9o:2).

NATURE

BOIS DE

BRESIL.

GARANCE.

de la préparation.

Colon nature) préparépar le selavant teinture.

Coton albuminé

Coton naturel.

Coton albuminé.

Eau pure.

Acétate d’alumine....Chlorure de manganèse .

Sulfate de zinc.

Sulfate de cuivre.

Sulfate de protox. de fer.Perchlorure de mercure.Chlorure de platine . . .

rouge violacé pale,rouge brun,girofle.

rouge violet clair,rouge violet clair,rouge violet,giroflé.

rouge brun sale.

rouge violet foncé,rouge violet foncé,giroflé noir,viol-1 foncé,violet foncé,noir violacé,noir à reflet rouge,noir plus foncé.

rougeâtre,rouge brun,violet sale,violet terne,violet brun,violet foncé,giroflé brun,brun clair.

rougeâtre,plus nourrie,plus foncée,plus foncée,violet brun,plus foncée,beauc. plus foncée,plus rouge.

De tous ccs essais on peut tirer cette conclusion, quela pratique ne manquera certes pas d’utiliser prochaine-ment, que l'albumine, étant appliquée d’une manièreuniforme à la surface des tissus de coton, peut servird’une bonne préparation pour y fixer les couleurs de* la garance et du bois de Brésil ; qu’elle convient mieuxencore pour faire adhérer divers oxydes avec lesquelselle forme des combinaisons insolubles. Dans la tein-ture proprement dite, les tissus chargés de ccs prépa-rations absorbent les couleurs avec plus de facilitéque si le mordançage avait eu lieu, soit avec l’albu-mine seule, soit avec les sels métalliques pris isolé-ment.

Matières gélatineuses. — Certaines matières qui, pnrleurs propriétés générales, rappellent la gélatine, pos-sèdent des caractères semblables. Lorsqu’on préparequelques tissus au moyen de la gélatine, il convientde la fixer, en la coagulant au moyen du tanin.M. Kuhlmann, auquel on doit ces recherches intéres-santes, a pu constater que la gélatine, en permettantde fixer très-abondamment le tanin sur des étoffesdonnées, peut intervenir d’une manière très-cfKcacedans la teinture en noir ou en gris par les sels de fer.Les couleurs ainsi préparées possèdent la plus grandesolidité.

Matières tannantes. — Des résultats analogues ontlieu lorsque inversement on fixe des matières quijouissent des propriétés du tanin avec une immersiondans de l’eau chargée de gélatine. Ce dernier procédétrouve une application très-heureuse dans les tein-tures en noir, en produisant une combinaison avec letanin et l’oxyde de fer. Le tanin seul intervient en-core avec une étonnante énergie pour fixer sur lesétoffes l’acétate d’alumine qu’il décompose facilement,et pour obtenir des nuances excessivement nourries.

Matières grasses. — Le véritable type des mordantsorganiques doit être choisi dans les huiles fixes dont onse sert pour la préparation des teintures qu’on nommerouge turc ou rouge d’Andrinople. Mais toutes leshuiles fixes ne sont pas également propres à donner debons résultats, c’est-à-dire des nuances vives et suffi-samment foncées.

On doit à M. Pelouze d’excellentes recherches sur cetobjet; rions les présenterons ici presque textuellement.

Les huiles employées généralement pour la fabrica-

tion du rouge d’Andrinople sont des huiles d’oliveprovenant, pour la plus grande partie, des États du Le-vant, de l’Italie ou du midi do la France . On les dis-tingue des autres corps gras par la dénominationà'huiles tournantes, qui rappelle la propriété qu’ellesprésentent, étant mêlées à de faibles dissolutions alca-lines, de produire une émulsion lactescente. Une huilede cette nature est d'autant plus estimée, que cetteémulsion est plus parfaite, etque sa partie grasse estplus de temps à se séparer du liquide aqueux. Pourdistinguer une huile tournante d’une huile ordinaire ouflambante,, il suffit d’en laisser tomber une ou deuxgouttes dans un verre à expériences, en partie remplid’une solution de soude caustique marquant 1 -1 /2 à2 degrés. La première devient opaque, la seconde restetransparente. C'est le procédé que suivent ordinaire-ment les industriels qui vendent ou qui achètent leshuiles tournantes; ils jugent, d’après le plus ou moinsd’opacité des gouttes oléagineuses, si la propriétéqu’ils recherchent est plus ou moins développée dansl’échantillon d’huile soumis à l’essai.

Les huiles propres à la fabrication du rouge turcsont d’un prix assez élevé; on a donc tenté de leursubstituer des huiles de qualité inférieure et d’unevaleur vénale beaucoup moindre, en les mêlant aujaune d’œuf, en les traitant par l’acide nitrique, etc. ;mais il paraît que ces essais n’ont pas été suivis derésultats industriels, puisque l’industrie des toilespeintes en rouge d’Andrinople continue toujours àconsommer des quantités considérables d’huile d’olivenaturellement tournante.

M. Pelouze a démontré que ces huiles naturellementtournantes ne sont autre chose que des mélanges d’uncorps gras neutre avec un corps gras acide. En effet,lorsqu’on traite par l’alcool les huiles d’olive tournan-tes, quelle que soit leur provenance , elles lui cèdenttoutes une quantité notable d’acide oléique et marga-rique. La proportion de ccs acides varie de 5 à 15pour 100 ; on retire également ces acides des mêmeshuiles en faisant chauffer celles-ci pendant quelquesminutes avec un alcali.

L’huile d’olive ordinaire, celle qui sert aux usagesde la table, ne contient pas d’acide gras ou du moinsn’en contient que des quantités insignifiantes ; il estfacile de s’en assurer par l’épreuve que nous venonsd’indiquer. Or, si nous vappolon* que les huiles pures