TEINTUBE.
5G2 TE1NTUKE.
ment. Laearthaminc, au contraire, rc>te complètementaltérée.
Sous l'influence d’une température élevée, les ma-tières colorantes organiques, de meme que toutes lessubstances non minérales, sont altérées ; leurs élémentsse dissocient pour ioriher des groupements plus sim-ples, dont la nature se rapproche d'autant plus des ma-tières minérales que la température de leur décompo-sition se trouve plus élevée. Sous l'influence d’unechaleur ménagée quelques-unes entrent eu vapeur , etsc condensent sous forme cristalline. L’alizarinc, ma-tière colorante rouge de la garance, est dans ce cas;quelques-unes sont volatiles par elles-mêmes, d'autresexigent le concours d'une vapeur inerte ; l’indigotéine,matière colorante bleue de l'indigo, dans les circons-tances de sa vaporisation se trouve entraînée par lesproduits qui résultent de la décomposition d’une partiede la substance mise on expérience.
Lumière .— Dans certaines conditions, la chaleur etla lumière se comportent de même en altérant, l’une etl’autre, la matière colorante. MM. Gay-Lussac et Thé-nard ont cherché comment se comportent différentesmatières colorantes dans l’air humide et dans l’air secsous l’influence de la lumière, et dans le même milieusous l’influence de la chaleur.
La carthaminc, matière colorante rose dusafranumqui, décomposée par lalumière, devient d’un blanc sale,subit la même altération sous l’influence de la chaleur,lorsqu’on maintient la température à 460 degrés pen-dant une heure.
L’hématine, extraite du bois de Campêohe, décom-posée par la lumière, devient rousse, et subit la mêmealtération après une heure et demie sous l’influencede 180 degrés. La couleur rouge de la Brésilinc qu’onextrait du boisdebrésil, et qui disparaît presque complè-tement sous l'influence delà lumière, disparait de mêmelorsqu’on la maintient pendant deux heures à 1Ü0 de-grés. La couleur orange du curcuma, devenue rouillesous l’action de la lumière, prend la mémo nuanceaprès une heure et demie de contact avec l’air à la cha-leur de “200 degrés.
La lutéoline, matière colorante de la gaude qui prend& la lumière un ton ocreux, s’altère de la meme manièreau contact de l’air sec et de la chaleur quand on main -tient la chaleur à 2I0 degrés pendant deux heures etdemie.
Ainsi que nous l’avons déjà dit,M. Chovrcul a répétéles expériences de MM. Thénard et Gay -Lussac en lesétendant et les modifiant. Comme les résultats auxquelsil est parvenu démontrent d’une manière incontestableqn’on ne saurait expliquer les phénomènes de la tein-ture en faisant abstraction de l’aflinité de la matièrecolorante pour le tissu, nous les indiquerons en parlantde la solidité des couleurs quand nous exposerons lesméthodes de la teinture proprement dite. Nous nousbornerons à dire ici que si les observations du savantdirecteur des Gobelins ne confirment pas en tout pointcelles de ses devanciers, les différences s’expliquentpar les différences de température auxquelles les di-vers expérimentateurs ont fait leurs essais. On sait queplus la température est élevée, plus on s’expose à déter-miner des réactions secondaires entre les divers élé-ments de la matière colorante généralement complexe.Une infinité de causes étrangères viennent d’ailleurss’ajouter à celles que provoquent directement la cha-leur et la lumière ; ces modifications ne dépendent pastant encore des milieux dans lesquels l’expérience seproduit que des substances accidentelles entraînées parlamatière colorante elle-même. La carthaminc pure, quirésiste assez bien lorsqu’elle est fixée par un tissu pluson moins chargé de matières grasses, s’altère très-ra-pidement sous la seule influence de l’air ordinairementchargé de quelques traces d’ammoniaque.
Quoi qu’il en soit, on ne saurait admettre, sans exa-gérer la portée de ces résultats, que lu lumière et lachaleur agissent seulement d’une manière directe; ilest beaucoup plus rationnel de regarder les altérationsobservées comme résultant des réactions chimiquesqui s'accomplissent soit entre les éléments de la ma-tière colorante et ceux qui sont introduits par l'étoffe,ou la matière colorante elle-même. Nous ne pouvonsperdre de vue que l’étoffe colorée est une molécule ex-cessivement complexe qui sc forme, par la réunion dola fibre, des préparations dont elle est chargée, de lamatière colorante et de tous les éléments étrangersfournis parles matières principales mises en présence.
L'action de la lumière est quelquefois utile.
Les anciens employaient lalumière comme agent decoloration ; ils la faisaient agir sur des tissus imprégnésde sécrétions de coquillages pour obtenir la pourprede Tvr que nous formons aujourd’hui de toutes piècesau moyeu de l'alloxane ammoniée.
Les teinturiers des Indes exposent à la lumière leurstissus imbibés d'émulsions; les teinturiers en rougeont recours à ce moyen qu’ils combinent à la chaleur.L'action de la lumière solaire sur les dérivés deshuiles est telle qu’en faisant agir isolément certainsrayons du spectre sur des résines ou des essences oxy-dées ou nitrées, on détermine une variété considérablede composés colorés. On sait que l’un des rouges deLaurent se produit sous l'influence des rayons solairessur les thyonapthamates. M. .3ulesPersoz vient de fairevoir qu’avec l’aide de la chaleur, la lumière qui con-serve à peu près intact l’acide nitrocuminique trans-forme cet acide en une magnifique couleur rouge. ( ettemétamorphose, qui ne s’opère que sur l'acide après l’in •solation, s’effectue avec une puissance remarquable surle tissu, lorsqu'on dissout l’acide nitrocuminique dansl’ammoniaque et qu’on épaissit à la gommeline pourimprimer un tissu do coton, et qu’on passe ensuite enacide nitrique faible pour fixer l’acide nitro-cuminique;l’étoffe exposée directement aux rayons solaires, puischauffée sur un cylindre chaud, laisse voir une impres-sion d’une magnifique nuance écarlate. Nous verronsplus loin l'action de la lumière sur la matière coloranteremarquable dont les Chinois ont fuit emploi pour l’ob-tention de la couleur qu’on désigne en Europe actuelle-ment sous le nom de vert de Chine et qu’ils empruntentà certaines variétés de nerprun.
L’action de la lumière n’est pas toujours égalementefficace ; elle dépend évidemment de l’intensité desrayons lumineux; son énergie doit être en outre attri-buée soit à la présence de corps qui accélèrent l’altéra-tion, soit à l'influence de substances qui retardent phy-siquement la modification dont on poursuit l’étude.
Prouvons-le par des faits :
Une étoffe teinte en bleu de cuve, exposée pendantTété sur le pré directement à la radiation solaire,éprouve une forte décoloration, tandis qu’en hiver lamême étoffe subit une décoloration à peine sensible.
Un tissu teint uniformément en bleu se trouve con-sidérablement altéré dans sa nuance par une exposi-tion à la lumière, mais il résiste s’il a reçu postérieure-ment à la teinture une immersion dans un bain dechlorure d’étain.
Le rouge de garance fixé par l’alumine est beaucoupmoins stable que lorsqu’on Ta fixé par l’alumine addi-tionnée d'un sel d’étain.
Quelques observations précises, citées parM. Persoz,tendent à faire admettre que dans quelques circons-tances l’action de la lumière sur les matières colorantesest essentiellement physique.
Une préparation d’alumine et de fer donne sur lestissus, avec Te bois de Campêchc, un noir très-brillant.Si Ton mêle au bois de Campêchc du quercitron ou dola gaude susceptibles de fournir un élément jaune, on