TEINTURE.
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vices qu’elle a déjà rendus à l'homme que d'admettreque la science, ne pourra jamais résoudre de semblablesproblèmes. Un a déjà fait dans la reproduction des ma-tières colorantes de tels progrès, qu'il serait prématuréde penser que quelques-uns au moins des principescolorés des animaux ou des végétaux employés enteinture ne sauraient jamais être reproduits de toutespièces.
M. Stenîiousc a fait voir que le furfurol en contactavec l’aniline donne immédiatement une magnifiquecouleur rouge. On a découvert l’aniline dans quelquesvariétés de champignons; le furfurol est line huile ex-traite du son. Ces trois faits conduisent naturellementà cette conclusion que les couleurs des fleurs peuventêtre le résultat du contact de certains liquides produitsà des époques déterminées de la vie des plantes. L’ex-périence conduira certainement un jour à la découvertede faits de même ordre, mais traduits par des colora-tions différentes.
Ainsi que nous l’avons dit, l’oxygène joue certaine-ment un rôle important dans la formation des matièrescolorantes ; mais ce serait aller trop loin que de croireque tous les principes immédiats colorés usités dansla teinture dérivent tous de l’oxydation do matièresprimitivement formées dans les végétaux ou les ani-maux. De simples dédoublements moléculaires, pos-sibles sous l'influence des forces vitales, sont capablesde transformations complètes dont nous trouvons desanalogues dans les faits purement acquis dans les labo-ratoires. La salicine, par exemple, distillée sur de l’hy-drate de chaux, perd une partie de son carbone à l’étatd’acide carbonique et fournit une substance huileuseincolore, volatile, qui, sousl'influcnccduclilorurcdecal-cium, forme à son tour à la longue une matière colo-rante rouge-cerise qui se pince entre celle de la coche-nille et de Torseillc. L'acide nitroemniniquo, qu’onprépare en faisant agir l'acide nitrique fumant sur undes produits de l’oxydation de l’essence de cumin, neconserve sa blancheur et sa limpidité que lorsqu’on lemaintient à l’abri du contact de l’air; sous l'influencedes rayons solaires, il sc forme une poudre rouge quirappelle la couleur du carmin , et susceptible de con-tracter adhérence avec les fibres ligneuses. Des re-cherches semblables à celles que nous indiquons pour-raient conduire môme à des colorations différentes decelles qu’on retire des substances tinctoriales, et pourne faire qu’une citation nous dirons avec la société deMulhouse que les travaux de Laurent sur la naphtalineont permis d’entrevoir dans les dérivés chlorés et clilor-oxydésde cette substance une mine de couleurs d’autantplus intéressantes que leur composition chimique lesrapproche de l’alizarine. Cette coïncidence remarquablea déjà conduit, en Angleterre comme en France , à destravaux de recherches et d’applications de la plus hauteimportance, dont la pratique est encore privée par l'ab-sence delà matière première et la longueur de sa prépa-ration.
Ces difficultés disparaîtront aussitôt que les acideschloroxynaphtaiîquc et perchloroxynnphtalique serontpréparés d’une manière“courante, et qu’on pourra seprocurer les acides et leurs sels à des prix qui puissentrivaliser avec ceux de l’alizarine, c’est-à-dire dès queleur valeur se placera dans les environs de -100 francsle kilog.
Cette nouvelle source décoloration sera des plus ri-ches; en effet, la naplitase, produit de distillation dela nitronaphtaline, colore l’acide sulfurique en bleuviolacé; la binitronaphtalinc donne dans l'alcool sa-turé d’ammoniaque un .composé cramoisi foncé; latrinitronaphtaline forme avec les alcalis des disso-lutions rouges; la naphtylamine produit des sels quis’oxydent en se colorant en violet, et elle se dissoutdans l’acide sulfurique avec une coloration bleue très-C.
vive; la nitronaphtylamine est un alcali rouge car-miné; l'azonaphtyhuninc sc dissout dans l’acide sul-furique avec une coloration violette persistante; lesthionaphtamates à réactions acides se colorent enrouge; l’acide sulfonaphtalique sc décompose en unerésine rouge violacée; les chloroxynaphtalntcs et per-chloroxynaphtalatcs sont des sels de toute beauté,insolubles, aux plus brillantes couleurs; à base decuivre ils sont cramoisi, à base de plomb, rouge-orangé,à base de cobalt et do cadmium, vermillon ; à base dochrome, ils sont rouges. Ces acides sc fixent parfaite-ment avec les préparations en usage aujourd’hui dansla teinture ordinaire. S’il était possible de remplacerdans l’acide cliloroxynaphtaliquc le chlore par sonéquivalent d'hydrogène, on produirait l’acide oxy-naphtaliquc ou l'alizarine, et cette substitution noconduirait à rien moins qu’à pouvoir gavancer avec lesproduits de la distillation de la houille.
L’introduction récente de l’aniline comme matièrecolorable, celle plus ancienne de la murexide commematière colorée, donnent tout espoir de voir s’accroîtreconsidérablement le nombre des matières résultant destransformations opérées dans les laboratoires sur dessubstances incolores.
L’art de la teinture et celui des toiles peintes ensont arrivés non-seulement à comprendre l’impor-tance de l'étude des matières colorantes qu’on rencontretoutes formées, mais encore à demander qu’on pour-suive la préparation de toutes les matières qui décè-lent une c mleur. Il y a quelques fruits à récolter ac-tuellement partout où sc produit une matière colorée,et les difficultés chimiques non plus que la rareté dessubstances ne peuvent être des obstacles. La mu-rexide et l’aniline, qui ne se voyaient, il y a moinsde trois ans, que dans des tabes scellés, comme spé-cimen de collections, sont des conquêtes industriellesaussi bien sous le rapport do la production sur unegrande échelle que sous celui de l’application et de lati\:n>formation d’un principe en une matière des plusutiles. Les alcalis organiques doivent étendre consi-dérablement l'avenir de la teinture. Le problème àrésoudre ne se place certainement pas sous des aus-pices plus défavorables que ne l’était celui do la mu-rexide. A côté de l’aniline, un nombre imposant dobases s’offre aux études du chimiste. Nous citerons lesalcalis de l’opium, la morphine et la codéine qui pro-duisent du roug>*, la nnrcotinc qui donne du vert avecl’acide sulfurique, la nitroméconine qui se colore enrouge avec les alcalis. La strychnine donne du violet;la dissolution nitrique de la brucine est ramenée parle protochlorure d’étain du rouge au violet; la théo-bromine oxydée colore l'épiderme en rouge et la ma-gnésie en bleu foncé. La sanguinarinc se colore enrouge dans les atmosphères acides; la nitronaphtyla-mine est un alcali Tonge-carmin. Les dérivés nitriquesde la caféine fournissent un homologue de l’acideurique, l’acide amulique qui se colore en violet sousl'influence des alcalis, et teint l’épiderme en rose très-pur. Enfin la quinine avec i’amnioniaque et de l’eauchlorée fournit une couleur verte, du violet, du rouge,à mesure que le chlore augmente. Les dérivés chlorésdes amides quînoniques de Laurent, la quinone et l’hy-droquinone seront aussi plus tard utilement employés.Il est vrai que plusieurs des colorations que nous ve-nons d’indiquer sont passagères, d’autres n’existentque dans (les véhicules à faction desquels ne résistentpas les fibres textiles; mais nous verrons plus loin queles méthodes qui permettent de rendre solides les cou-leurs tirées de l’orseille ne sont plus un secret pourpersonne; on a rencontré dans l’application de la mu-rexide , de l’acide sulfindigotiquc, de l’acidesulfopurpu-riqueles mômes difficultés inhérentes aux obstacles crééspar les véhicules; elles ont été surmontées ou tournée»
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