TEINTURE.
TEINTURE.
On objecte à ces deux* procédés, pour le premierqu’il ne permet pas de déterminer exactement la naturedes mélanges de deux matières colorantes différentesde puissance variée ; et pour le second, que, pris iso-lément, s'il peut donner des indications utiles, il nepeut être d’un secours absolu.
Procédés pratiques. — De tous les moyens employéspour reconnaître la valeur réelle des substances tincto-riales ou les fraudes par lesquelles elles ont été modi-fiées, celui qui fournit les plus utiles renseignementsest, sans conteste, celui qui, plaçant l’industriel dansles conditions de l’emploi qu’il veut faire, lui permet dedéterminer de suite la valeur réelle de la matièrequ’il étudie. Non-seulement on peut juger de la qua-lité d’une garance donnée par la vue des nuances qu’onen peut obtenir, mais il est encore facile avec un peud’habitude de déterminer sa valeur tinctoriale, en opé-rant avec des poids déterminés la teinture de surfacesconvenues et comparant la vivacité, la richesse, l’éclatdes nuances avec celles produites au moyen de ga-rances normales employées sous des poids variés. Onétablit ainsi des types auxquels on rapporte les essais.Nous aurons occasion de revenir sur ce sujet en parlantplus loin des garances du commerce.
§ VIII. Des substances tinctorialeset des principes colorables ou colorés quelles contiennent.
Quel ordre suivrons-nous pour l’étude de ces diversesmatières? Les rangerons-nous par groupes naturels,•présentant de l’analogie dans leur manière d'être soitau point de vue de leur composition chimique, soit aupoint de vue de leur origine? Les classerons-nous parcouleurs, c’est-à-dire d’après les nuances que ces prin-cipes fournissent dans leur application à l’art de lateinture ? La première méthode conviendrait mieuxassurément dans des leçons de chimie pure; la se-conde nous semble préférable dans un article sur lateinture, et c’est celle que nous adopterons.Toutefois,nous devons dire que ce travail ne comporterait pas,sans des développements trop considérables, l’étudecomplète de chacun des principes colorants que nousavons mentionnés. Il ne rentre pas dans le cadre quenous nous sommes tracé de faire un travail ex professo,ni de rien répéter de ce qui se trouve déjà décrit dansceDitionnaire ail titre spécial des diversesmatières tinc-toriales antérieurement traitées. Nous croyons devoirnous borner à renvoyer le lecteur aux articlesGARANCE,indigo, etc., déjà publiés. Nous n’aurons à développerque les points nouveaux ou les faits que l’industrie acru pouvoir enregistrer depuis l’époque à laquelle aparu le deuxième tirage du Dictionnaire des Arts etManufactures ( 18oh). On a d’ailleurs fait, dans cos der-nières années, des conquêtes importantes, comme onpourra le voir par l’exposé que nous allons présenter.
Classification de M. Chevreul.
La méthode que nous allons suivre à l’effet de classerles couleurs repose sur les procédés mis en relief parM. Chevreul pour nommer et définir les couleurs.D’après M. Chevreul , tontes les couleurs se suiventdans un ordre circulaire rouge, violet, bleu, vert,jaune-orangé. Ce serait ici le lieu de placer une ana-lyse étendue de la construction hémisphérique deM. Chevreul ; mais connue elle est présentée dans ceDictionnaire, contraste simultané des couleurs,nous nous bornerons, en renvoyant le lecteur à cet ar-ticle, à donner ici quelques détails qui font comprendrecomment on a pu passer de la construction hémispbé •rique aux tables chromatiques dont la pratique est fa-cile à saisir.
Couleurs pures . — On sait que toute couleur estsimple ou composée, franche ou éteinte, c’est-à-dire pureou rompue, comme on le dit en peinture ; vire ou rabat tue,
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comme on le dit en teinture. Comment M. Chevreutpropose-t-il de comparer et de définir les couleurs etleurs modifications? On suppose un cercle : ou le par-tage en trois parties égales par trois rayons; à l'ex-trémité de l’un quelconque de ces trois rayons, onécrit rouge; à l’extrémité du rayon de droite, on écritjaune; à l’extrémité de celui de gauche, on écrit bleu.On partage de nouveau chacun des intervalles ainsiformés par de nouveaux rayons qui se nomment orange,,entre le rouge etlcjaune; vert, entre le jaune et le bleu ;violet, entre le rouge et le bleu. En partageant encoreen deux chacun des six espaces formés, on obtient lerouge-orangé, l’orangé-jaune , le jaune-vert, le vert-bleu,le bleu-violet et le violet-rouge. On divise alors chacundes intervalles cités en six parties égales en remplissantpar exemple la première à partir du rayon sécant rougeavec du rouge, les cinq autres par des mélanges con-venablement composés de rouge et de jaune pour per-mettre le passage insensible et toujours par équidis-tances d’une couleur à sa voisine; les cinq espaces enquestion prennent les noms de premier rouge, deuxièmerouge, troisième rouge, quatrième rouge, cinquièmerouge; on continue de la même manière pour toutesles autres couleurs.
Le cercle primitif se trouve donc remplacé par unnouveau cercle formé de soixante-douze parties angu-laires égales, ayant toutes leur angle le plus aigu surle centre du cercle et nommées invariablement. Onconçoit que toute couleur simple ou composée, maispure, c’est-à dire sans mélange de gris, se trouvera for-cément correspondre à l’un quelconque des soixante-douze types primitifs en supposant qu’elle ne soit pascomprise entre deux types consécutifs. Les nuancessont d’ailleurs assez rapprochées pour que ce cas ne s©présente que rarement. On peut, au surplus, faire l’in-tercallation par 1/2, 1/3, 1/4, etc.
Couleurs rabattues. —Les couleurs rabattues sont, <limême, définies au moyen de types ou de normes quis’établissent avec la plus grande facilité. A cet effet, onsuppose placé sur chacune des couleurs préparées dansle premier cercle un quart de cercle perpendiculaire auplan du premier. Supposons-le divisé par des rayonséquidistants en dix parties égales ; on obtient dix espacesqu’on remplit du ton qui leur correspond modifié pourle premier par de noir, pour le second par ^ denoir, pour le troisième par ~ de noir et ainsi de suitejusqu’au dernier, ou -j-£ de noir qui donne le noir pur.
Pour l’exécution pratique de la construction chroma-tique hémisphérique, on la réduit à dix cercles chro-matiques. Le premier comprend les couleurs pures,le deuxième cercle contient les gammes rabattuespar A- de noir ; le troisième, cellesrabattues, ported^ denoir, etc.
Couleurs dégradées. — Toutes les couleurs pures nesont pas également intenses, la puissance de la colora-tion peut être atténuée par du blanc. M. Chevreulindique la hauteur de la couleur par la distance decette couleur au centre du cercle et voici comment :on a marqué sur Tun quelconque des rayons qui sépa-rent les soixante-douze nuances vingt et un points éga-lement espacés, et pav ces vingt et un points on faitpasser vingt et une circonférences, qui divisent envingt-deux espaces toutes les bandes angulaires cor-respondantes aux soixante-douze nuances. Pour rem-plir chacune de ces divisions, on suppose toutes lesnuances dégradées de telle façon que le centre étantblanc, le premier espace est légèrement teinté, ledeuxième un peu plus, le troisième encore davantage,jusqu’au vingtième qui est près du noir. Toutes cescouleurs sont encore équidistantes au point de vue del’effet qu’elles produisent sur l’œil. La première divi-sion est marquée 0, c’est le blanc ; la dernière est le