teinture.
TEINTURE.
ÎmC
noir, elle est marquée 21. L'ensemble de cotte dégra-dation se nomme gamme; il y en aurait donc soixante-douze dans le cercle complet. Les parties d3 cettegamme se nomment tous); le ton compris entre la pre-mière et la seconde circonférence se nomme le premierton ; celui composé entre la seconde et la troisièmecirconférence se nomme deuxième /ou, et ainsi de suite.
On voit que cette méthode sc rapproche beaucoup decelle en mage en géométrie pour déterminer la posi-tion d’un point dans l’espace, lorsqu’on la rapporte àun système de trois axes perpendiculaires entre eux.
On peut commencer indifféremment l’étude des cou-leurs par l’une ou l’autre nuance simple. Nous présen-terons d’abord les caractères des matières tinctorialespropres à fournir le rouge, en passant aux matièresbleues, puis aux matières colorantes jaunes. Nous lesgrouperons sans avoir égard à leur origine animale ouvégétale, comme aussi sans nous astreindre à d’autreordre que leur nuance, qu’elles se développent soit pardes transformations de laboratoire , soit simplementpar le traitement du bois, de l’écorce, des racines oudes fleurs des végétaux employés dans les bains deteinture.
U semble admis en principe aujourd'hui quelcs nomsdes matières pures qui donnent leur valeur aux subs-tances tinctoriales doivent dériver du nom de la subs-tance elle-même qu’on termine en me, lorsque le prin-cipe est colorablc (orcine) et en éine lorsque la matièreest colorée (orcéine). Nous adopterons cette nomencla-ture : si leur caractère est acide on termine leur nompar ique (acide carthamiquc , acide fuchsique). Pour éta-blir runiformité dans le langage, nous ne ferons quede rares exceptions en faveur des principes par tropconnus pour être désignés sous de nouveaux noms.
\. Cochenille (carméine).
On peut recourir à l’article cochenille de ce Dic-tionnaire pour apprendre à connaître les diverses va-riétés de cochenille que le commerce présente. Leurusage et la récolte de cette substance tinctoriale sontaussi suflisamment expliqués pour que nous n’y reve-nions pas. Nous forons la meme observation en ce quiregarde le kermès ; nous n’aurons plus qu’à décrîro iciles caractères chimiques de la matière colorante qui setrouve dans ces diverses substances tinctoriales, ma-tière que MM. Pelletier et Caventou nommaient car-mins et à laquelle elles doivent leur emploi dans lesarts. Nous lu nommerons carméine .
Carméine. — Lorsqu'après avoir fait macérer la eoclic-nillc dans l’éther, pour la priver de quelques matièresgrasses qui l’accompagnent, on la traite par l’alcool àdiverses reprises, il se déposé par refroidissement unematière grasse, d’une très-belle couleur rouge. A cedépôt se réunissent des cristaux qui se forment sousl’intluence d’une évaporation plus prolongée. Préparéede cette manière la carméine renferme encore un peu dematière grasse ; pour l’en dépouiller complètement onla fait redissoudre dans de l’alcool à 40 degrés, puison y ajoute un même volume d’éther ; le mélange setrouble d’abord, s’éclaircit ensuite, et la carméine puresc dépose au bout de quelques jours !-ou$ forme d’unepoudre rouge qui tapisse les parois du vase.
La carméine est une poudre fusible à 40°. Très-so-iuble dans l’eau, insoluble dans l’éther, elle ne sc dis-'sont bien que dans l’alcool étendu. Le tanin, l’albu-mine et la gélatine ne troublent pas sa dissolution. Siles acides qui coagulent l’albumine semblent la préci-piter, cette réaction est duc à la présence des matièresanimales dont elle n’a pas été complètement dépouillée.
La plupavt des acides font virer sa couleur au rougevif, au rouge jaunâtre, puis au jaune, sans que la car-méine soit altérée, s’ils ne sont pas concentrés.L’acide
borique ne fait que la rougir, en se comportant commeune base de peu d'énergie.
La potasse, la soude et l’ammoniaque la virent nuviolet-cramoisi, sans l’altérer, an moins à l’abri du con-tact de l’air et sans le secours de la chaleur.
La baryte et la strontiane ne la précipitent pas; lachaux forme une laque violette. L’alumine en geléeprécipite toute la darméine de l’eau qui la contient. Afroid, sa combinaison est d’un très-beau rouge, mais àchaud elle devient cramoisie, puis violette. La présencedes alcalis maintient la couleur éclatante, tandis quoquelques gouttes d’acide font virer au violet. Le proto-chlorure d'étain agit sur la carméine comme une base, lebichlorurc comme un acide. Les sels neutres d'ammo-niaque, de potasse, de soude font virer au violet ; lessursois de ccs bases conduisent à l’écarlate, sans qu’ily ait de précipité dans aucun cas. Les sels de baryte, dostrontiane, de chaux la font passer au violet ; le sulfatede chaux seul précipite la carméine. Le nitrate de iner-te la précipite en écarlate. Le nitrate d’argent paraîtêtre sans action sur elle.
Le chlore fait jaunir la carméine; l’iode la décom-pose pareillement. Il en est de même de l’acide sulfu-rique concentré qui la transforme en une matièrenoire. L’acide chlorhydrique la modifie ; et sousl’influence de cet acide , il se forme une sorte derésine jaune, amère; sous l’action de l’acide nitri-que, la carméine se transforme en une matière cris-tallisée dont la composition n’est pas encore détermi-*nec. A chaud, sous 1 influence simultanée de l'oxygèneet des alcalis, sa décomposition est prompte, la couleurpasse du % iolet au rouge et du rouge au jaune.
M. Prcïsser a démontré que la carméine résulte dol’altération d’un composé particulier non coloré. Pourl’obtenir, on épuise de la bonne cochenille par l’éther,puis on en fait une forte décoction dans l'eau qu’ontraite par l’oxyde de plomb hydraté qui forme avec lamatière colorante un précipité volumineux. Ce dépôtest traité par l'hydrogène sulfuré, et la liqueur limpidelaisse déposer en refroidissement des cristaux incoloresqui deviennent entièrement blancs par des lavages àl’éther et des pressions entre des doubles de papierjoseph. C’est ce corps qui prendra le nom de carminé.
Le principe incolore duquel dérive la carméine estd’une odeur désagréable. Soluble dans l’can et l’alcool,peu soluble dans l’éther, il se colore lentement au con-tact de l’air; sa dissolution devient d’un jaune-rougesur les bonis par l’ébullition ; elle se colore et déposeparla concentration de magnifiques flocons ducarmin leplus pur. Lorsqu’on la fait bouillir avec-du bichromatede potasse, il se forme mie liqueur rouge’qui ne tardepus à laisser un résidu formé de carminé et d’oxyde dechrome.
Le principe incolore rougit par l’action des acides,surtout par l’action de l’acide nitrique; il y a dissolu-tion; les alcalis le colorent de suite en rouge-violet.L’acétarc de plomb donne un précipité blanc qui de-vient d’un bleu foncé par suite de son exposition à l’air.
L’action de la chaleur altère la carminé sous quelqueétat qu’on la considère ; elle se décompose sans se vo-latiliser. Les produits de son altération sont ammonia-caux.
La cochenille est employée dans les arts à l’étatbrut; on n’en fait pas d’autres préparations que cellesdu carmin qu’on confectionne pour les besoins de quel-ques industries.
Lorsqu’on fait des teintures communes, on remplace,comme on le sait, la cochenille par le kermès ou lalake-lake, ou bien encore la lake-dye.
2. Kermès (carméine).
Le kermès est le corps desséché de quelques espècesde conçus; les plus estimés sont le coccus quercus , lo