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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

distillatoire. Cet extrait peut servir soit pour la teinture,soit pour l’impression. Généralement de pareils extraitsrenferment encore une certaine quantité de matièresrésineuses qui nuisent soit à la pureté, soit à la viva-cité fies teintes. Ces matières résineuses étant moinssolubles dans des solutions chargées de sels que dansl’eau pure, on pourrait trouver dans cette circonstancel’explication de l'effet avantageux que M. Gaiey a ditrécemment avoir obtenu par l'addition de sel marin aubain de teinture, lorsqu’on teint des toiles préparées engarance, garancine et alizarine.

Pour séparer les matières résineuses de l'alizarinc,on peut utiliser les observations intéressantes deMM Plessy et Schiitzcnbcrger sur la solubilité de l’a-lizarine dans l’eau surchauffée sous de fortes pressions.Ces chimistes ont constaté que de l’eau, dont la tem -pérature est à 250 degrés, dissout 3,16 p. 100 de sonpoids d’alizarinc, tandis qu’à la température de 10 de-grés elle n’en dissout que 0,03 1 p. 100.

On pourrait encore, d’après les observations deM. Arnaudon, faire usage de la glycérine pour dis-soudre l’alizarinc.

Alizarine sublimée. — M. Kopp a purifié cette ma-tière en sublimant l’alizarine après avoir chauffé gra-duellement et avec beaucoup de précaution un extraittrès-concentré. La sublimation de l’alizarine, indiquéepar MM. Kobiquet et Colin, est une opération très-connue et pratiquée par tous les chimistes et indus-triels qui se sont occupés de recherches sur la matièrecolorante de la garance. Mais on sait qu’elle ne réussitbien que sur de petites quantités de matières, et qu’elleexige des substances déjà purifiées. En outre, l’opé-ration entraîne toujours la perte d’une quantité notabled’alizarine. D’ailleurs, comme la vapeur de l’alizarincest très-pesante, elle ne s’élève que difficilement, etlorsqu’on est obligé de la chasser à une certaine hau-teur, çe qui Cî-t le cas lorsque l’nlizarine est accom-pagnée de beaucoup de matières étrangères, il arriveinévitablement qu’elle se décompose au moment memede sa sublimation. On n’obtient, en effet, que des quan-tités très-minimes d’alizarîne en chauffant directementla garance, la Heur de garance et la garancine.

Au reste, le ligneux et l’acide pectique, comme aussitoutes les substances résineuses qui souillent ces ex-traits, éprouvent aussi la décomposition sèche, et lescristaux d’alizarino sont souillés de quantités plus oumoins considérables de matières empyreumatiquos.Pour éviter ce dernier inconvénient, M. Vilmorin,d’une part, et M. Stackler, d’autre part, voulant soprocurer une alizarine pure, ont modifié l’ancien pro-cédé de MM. Gaultier de Claubry et Persoz, en épui-sant la garancine lavée, ou l’extrait alcoolique degarance par des solutions bouillantes d’alun, d'ammo-niaque ou de potasse.

La liqueur filtrée, possédant une belle couleur rougeorange, est séchée dans un bain-marie. En l’agitantfréquemment, on obtient une poudre cristalline d’alunrevêtue d’alizavine amorphe. Le produit desséché estbroyé, puis épuisé à son tour par de l’alcool, del’esprit de bois ou du sulfure de carbone bouillant; lasolution filtrée, bouillante, donne par le refroidissementdes aiguilles jaunes et soyeuses d’alizarino pure.M. Barreswill, auquel j’emprunte ces détails intéres-sants, a fait les mêmes observations, en traitant de lalaque de garance récemment préparée, bien lavée etencore humide, par du bisullate de potasse en solutionbouillante et concentrée. Les produits de la réactionsont de l’alun, du sulfate neutre de potasse, et la ma-tière colorante est mise en liberté. On évapore le toutà siccité au bain-marie, on broie le résidu desséché eton l’épuise par l’esprit de bois, l’alcool ou le sulfure decarbone.

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L’altération qui se produit ordinairement dans lasublimation de l’alizarine disparaît lorsque la vapeurde ce corps, au moment même de son apparition, setrouve entraînée mécaniquement et soustraite à l’ac-tion ultérieure de la chaleur. On y arrive en subli-mant et distillant l’alizarine dans un courant un peurapide de vapeur d’eau surchauffée. Il est préférabled’opérer directement sur la garancine. On la prépareà la manière ordinaire , par ébullition de la garancebroyée dans l’acide sulfurique étendu, lavage jusqu’àcoque les liqueurs ne soient presque plus acides,expression à la presse hydraulique, et dessiccationdans une étuve.

II n’est pas indispensable de neutraliser les dernièrestraces d’acide, comme cela se fait ordinairement parl’addition d’une petite quantité de craie ou de carbo-nate de soude, puisque, à la température à laquelle sesublime l’alizarinc, ces traces d’acide sulfurique réa-gissent plutôt sur l’acide pectique et le ligneux quesur la matière colorante.

Graduer exactement la température de la vapeurd’eau surchauffée et la maintenir consftmte pendantun temps donné, tels sont les deux points essentiels àréaliser.

M. Kopp, auquel on doit l'idée de ce perfectionne-ment, a fait connaître un appareil qui conduit à cesrésultats.

La vapeur provenant d’un générateur passe dansune série de tuyaux, sorte de jeu d’orgue disposé dansun four à reverbère ; la flamme circule autour de cestuyaux; la vapeur s’échauffe et acquiert une tempéra-ture convenablement élevée : à sa sortie du four, ellesc rend dans une petite chambre de fonte où aboutitégalement un tuyau de vapeur provenant directementdu générateur; au moyen de cette disposition ingé-nieuse, en réglant les quantités de l’une et de l'autre,on peut obtenir une température régulière entre 100à 350 degrés centigrades.

La vapeur à température réglée est conduite, au sor-tir de la chambre en fonte, dans un cylindre de fonteou de cuivre qui renferme, entre deux diaphragmes,la garancine sèche réduite en fragments de la grosseurd’une noix. Ce cylindre est lui-mt*me enveloppé d’unautre cylindre concentrique, qui reçoit de la vapeursurchauffée dans le t>iit d’éviter la déperdition de cha-leur du cylindre enveloppé; cette vapeur se perd di-rectement dans l’air.

La vapeur passant sur la garancine entraîne l’aliza-rine et la porte dans le réfrigérant. Celni*ci se partageen deux parties : la première, conservant une tempéra-ture «le 100 degrés, reçoit l’alizarinc condensée; ladeuxième, refroidie complètement, fournit de la va-peur liquéfiée ; on rassemble sur un filtre l’alizarincsublimée. Les eaux do condensation sont réunies etdestinées à la teinture ou à la confection de la liqueurde garance.

Des racines de garance traitées dans cet appareil serecouvrent d’alizarine qui doit ainsi s’y trouver touteformée.

Essais des garances. — Nous avons dît que la valeurde l’alizarinc est encore considérable, environ 100 fr.le kilogramme. On a cherché par différents moyens àfalsifier les produits qui la contiennent, depuis les ra-cines de garance jusqu'à ses dérivés. Aussi c'est à cesproduits qu’on a, dans ces dernières années, tentéd’appliquer les modes de contrôle les plus variés et lesplus intelligents, Tout récemment encore le Bulletinde la Société de Mulhouse , u° 116-1859, reproduit unmémoire de M. Pernod sur ce sujet bien digne de fixerl’attention. Nous reproduisons les réflexions que fait àcette occasion M. Rarreswill dans le Bépertoire de• chimie, t. I, p. 218. Nous les Terons suivre des iné-