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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

à large col de plus d’un litre de capacité chacun. Lachaudière doit être munie d’un couvercle percé de trouspar lesquels sortent les orifices des flacons qui se trou- :vent ainsi parfaitement maintenus.

« Pour former la gamme quidoit servir plus tardàes-timer, par comparaison, la valeur relative des garances,on coupe des morçcaux égaux de toile mordancée de0 m ,327, carrés par exemple, puis choisissant une ga-rance de la pureté <fe laquelle on est parfaitement cer-tain et qui donne en teinture de bons résultats, on enfait des pesées exactes de 1, 2, 3 et 15 gr., proportioninsuffisante pour saturer les mordants. CÔs divers poidssont mis chacun avec un échantillon dans les flaconsplacés dans la chaudière et qui renferment 750 gr.d’eau distillée préalablement amenée vers 40 degréscentigrades. La chaudière, faisant fonction de bain-marie, est placée sur un réchaud de charbon embrasérecouvert d'une plaque de fer: on ferme le cendrierpour avoir un feu régulier tel que la température duliquide ne s’élève que de 5 degrés par quart d’heure, etqu’après une heure et 30 minutes elle soit arrivée vers70°. On pousse alors le bain-marie à l’ébullition, onmaintient la température de 100 degrés pendant unedemi-heure. Cette première teinture finie, les échan-tillons correspondant au nombre de grammes de ga-rance employés pour lcS teindre sont retirés des fla-cons pour être dégorgés, lavés et séchés ; chacun d’euxest alors coupé pour former deux parties égales. Une sérieest conservée telle qu’elle sort du dernier rinçage, unesérie est soumise à la nouvelle teinture, mais avec lamoitié seulement de la garance employée dans la pre-mière opération. Après cette dernière teinture, on dé-gorge , ou lave, on dessèche de nouveau, puis ondivise les échantillons en deux nouvelles parties; unesérie se trouve encore conservée, tandis que les aufressont destinées à subir les opérations de l’avivage pourfixer le fabricant sur l’éclat et la solidité de la nuancefournie parla garance choisie pour type. S’il s’agit d’undessin à double fond rouge, l’avivage se fait dans unepetite chaudière de cuivre bien étamée où l’on introduitavec 4 litres d’eau chaude à 60 degrés H) gr. de savonet la dernière série des échantillons; on maintient letout à la même température pendant une demi-heure,puis on remplace le bain de savon par un autre bainchauffé pendant le même temps et à la même tempé-rature que le précédent, et composé de 4 kilogr. d'eauet 5 gr. d’acide nitrique d’une densité de 1,327; cesecond bain est remplacé par un bain de savon sem-blable an premier, mais qui cette fois est chauffé jus-qu’à l’ébullition. Ajoutons qu’après chaque passageles échantillons sont dégorgés et rincés avec soin.

Ces opérations terminées, on a donc :

4° Une première série d'échantillons qui ont reçuune première teinture dont l’intensité de‘la nuance estproportionnelle à la quantité de garance employée,quantité qui n’a pas suffi pour saturer la préparation(le mordant) ; ils sont restés sans avivage.

2° Une seconde série qui a reçu la seconde tein-ture, dont le ton est par conséquent double de la pré-cédente, et parmi lesquels il s’en trouve dont les mor-dants ont été saturés de matière colorante.

3° Enfin une série qui a subi l’avivage, et d’aprèslaquelle on peut juger de la vivacité de la nuance toutaussi bien que de sa solidité. Chaque échantillon areçu un numéro qui correspond à la quantité de ga-rance employée pour le teindre. Le n° 4 de la premièresérie, par exemple, aura donc été fait avec 4 gr. degarance normale.

Ceci posé, veut-on évaluer la richesse d’une ga-rance? On en prend 10 grammes avec lesquels on teint0 m ,327 centimètres carrés de toile mordancée ; la pre-mière teinture achevée, on dégorge, on rince, onsèche, puis on compare avec la première série des

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nonnes. Si l’intensité de la nuance correspond à l’é-chantillon qui porte le n<> 9, c’est une preuve que lagarance est à la garance normale dans le rapport de 9à 10. Si l’on représente par 100 la valeur du type, cellede la prise d’essai ne serait que 90.

Si l’on veut constater d’une manière beaucoup plussincère la qualité de la garance, il convient de pousserl’essai plus loin ; car le pouvoir tinctorial de la tein-ture peut être augmenté par des couleurs étrangèrespeu solides, ou même par des substances qui contri-buent d’elles-mêmes au développement de la matièretinctoriale de la garance. C’est alors qu’on fait subir àla moitié du premier échantillon teint une seconde tein-ture, mais avec 5 grammes seulement de garance, etl’on répète toutes les précautions décrites. Une portionde ces échantillons teints est comparée lorsqu’elle estsèche avec les normes de la seconde et ceux de la troi-sième série.

Les détaiTs dans lesquels nous venons d’entrer don-nent la marche à suivre pour les essais pratiques aux-quels on peut soumettre toute matière colorante qui sefixe par l'intermédiaire d’une préparation déterminée.Nous n’aurons qu’à rappeler cette méthode, qui peutêtre maintenant suffisamment comprise.

Nous ne terminerons pas cet article sans transcrireici deux desiderata formulés dans le programme desprix proposés par la Société de Mulhouse .

Un échantillon de racines de garance, d’origine al-gérienne , a été comparé par son comité des arts chimi-ques avec une garance rosée d’Avignon et trouvé debonne qualité. Comme elle n’avait qu’un an de terre,elle aurait pu présenter encore des résultats plus satis-faisants.

« Certaines parties de l’Algérie semblent donc pro-pres à fournir cette matière tinctoriale ; mais indépen-damment de la qualité du produit, il y a des conditionséconomiques très-importantes que le cultivateur nedoit pas perdre de vue; le prix de la terre, celui de lamain-d’œuvre et de l’engrais, le climat, les circons-tances atmosphériques, et particulièrement la naturedu terrain, qui a tant d’influence sur la qualité de laracine récoltée, sont autant do conditions qui deman-dent une étude sérieuse. »

La culture des garances n’est pas le seul point surlequel la Société de Mulhouse attire l’attention. Leslaques de garance, dont l’impression des tissus faitusage, proviennent de dissolutions aluminiques préci-pitées par des alcalis ou des sels alcalins. En retirantde l’alumine à ccs laques ou en les traitant par deseaux de garance, elles peuvent devenir plus foncées,mais c’est toujours au détriment de leur vivacité. L’in-dustrie accueillerait donc avec faveur des laques d’alu-mine et de fer ayant le ton des couleurs garancéesaprès l’avivage. Il faudrait « que la laque à base d’alu-mine soit égale non pas à du rose, mais «à du rouge avivé,et que celle du fer soit égale aux violets savonnés. »Dans tous les cas, le prix de revient de ces couleursne devrait pas en rendre l’application plus coûteuse quepar voie de teinture.

•M. Khittel prépare pour remplacer ces laques, commeles couleurs d’application, un extrait concentré dérivéde la garancine qu'on traite par des solutions bouil-lantes d’alun. 4 kilog. sont épuisés une première foispar 2 kilog. d’alun dans 64 parties d’eau, une deuxièmefois par 1 kilog. d’alun dans 64 kilog. d’eau, une troi-sième par 500 grammes d’alun dans 64 kilog. d’eau,une dernière fois par 40 litres d’eau pure ; les liqueurssont réunies et traitées par 500 gr. d’acide sulfurique,à 50 degrés Baumé : on remue, on laisse déposer, ondécante et on lave. On obtient de la sorte une pâteorange ou brun rouge qu’il faut dépouiller des tracesde parties ligneuses qui sont échappées à la filtration ;à cet effet, 10 kilog. d’extrait pâteux sont traités par