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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

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\ kiîog. d’ammoniaque caustique ; <fti étend ensuite aubout de quelque» heures dans K à 8 litres d’eau.

La solution ammoniacale, épaissie facilement à lagomme, sort à l’impression; elle présente une magni-fique couleur violette, et peut être conservée sans alté-ration dans des vases fermés ; elle s’imprime sans diffi-culté, comme nous le verrons en nous occupant do lateinture proprement dite.

8. Bois de Brésil {brésiline, brésiléine).

Ladénominatîon de bois' de Brésil oudcFernnmbouc,simplement brésii dans le commerce, s’applique à plu-sieurs espèces de bois provenant de différents arbres dugenre cresalpinia. Ces bois renferment tons une matièrecoloruntcrougeàlaquelleM. Chevreut a donné le nom debrésiline, et dont nous nous occuperons particulièrementici, renvoyant aux articles dois de teinture etextraits de ce Dictionnaire pour les renseigne-ments qui concernent les bois eux-mêmes.*

Caractères de la décoction. — L’infusion aqueuse debois de Brésil précipite par la chaux, par la baryte,par le protochlorure d’étain, par l’acétate de plomb deslaques d’un rouge cramoisi. Ou l’emploie dans les Indesdepuis les temps les plus reculés. On n’en avait jamaisfait usage en Europe avantladécouverte de l’Amérique .On s’en sert pour obtenir la teinture en cramoisi ; ladécoction doit être conservée plusieurs mois pourdonner des tons vigoureux. On arrivera peut être àtrouver des nuances solides; quant à présent, les cou-leurs qu’on en obtient manquent de fixité, elles sontdues à la brésiléine.

Iirésilèinc. — La brésiléine pure cristallise en petitesaiguilles de couleur orangée, solubles dans l'eau, l'al-cool et l’éther; l’acide sul l'hydrique décolore sa dissolutionaqueuse, elle vire au jaune par quelques gouttes d’acidesulfurique; les alcalis forment avec elle des composéslaqueux violets et pourprés. Les protoxydes d’étain etde plomb forment des composés insolubles; l'hydrated’alumine forme une laque de couleur intermédiaire àcelle que fournissent les alcalis et les acides.

Sous rinflncnce de la chaleur, la brésiléine sedécom-pose; il distille une eau légèrement acide, un produitalcalin, et dans le résidu pourpré se retrouverait sansdoute la brésiléine cristallisée.

La décoction dans l’eau ne s’altère pas ; loin de là,l’expérience journalière des ateliers prouve que la dis-solution ancienne est plu* riche que celle qui n’est pré-parée que depuis quelques jours.

Sous la double influence des alcalis hydratés et del’air, la brésiléine s'altère en absorbant de l’oxygène.

D’après M. Preïsser, de Rouen , il existerait dans leboisdeseæsalpinia, quelles que soientleurs variétés, unematière incolore qui, sous l'influence de l’oxygène del’air, se transformerait en brésiléine. Ce principe inco-lore, qu’on pourrait nommer brésiline , aurait une saveursucrée avec un arrière-goût légèrement amer; il seraitsoluble dans l’ean, dans l’alcool, dans l’éther. L’ébulli-tion de la liqueur aqueuse suflirnit pour déterminer latransformation de ce principe en brésiline; l’acide sul-furique lecolorcen jauned’aborl, puis en une substancenoire résinoïde ; l’acide chlorhydrique et l’acide azotiquele colorent en rouge vif. A\ec ce dernier acide, sousl’influence de la chaleur, il se dégage des vapeurs ruti-lantes qui sont accompagnées de la formation d’unequantité notable d’acide oxalique.

Lorsqu’on met en contact la brésiline avec de l’acidechromique on du bichromate de potasse en poudre fine,il se fait une vive effervescence, il sc forme des quan-tités notables d’acide formique qu’on sépare par distil-lation, la liqueur se colore de plus en plus, puis il seforme une laque cramoisie contenant de la brésiline etde l’oxyde de chrome. Sous l’influence de l'acide chlor-

hydrique, le principe colorant disparaît, il ne resteplus que de l’oxyde vert de chrome.

9. Bois de santal {santaline). %

On désigne sous le nom de santal rouge le bois quiprovient du plærocarpus santalinus. Il donne en teinturedes nuances qui varient du fauve au rouge; il ne secolore presque pas par l’eau bouillante. Le principecolorant de ce bois a reçu le nomde santaléine.

Santaléine .— La santaléine est une substance d’appa-rence résineuse rouge brun, fusible h 400 degrés. Peusoluble dans l*eau, elle se dissout dans l’alcool, qui de-vient jaune ou rouge, suivant les proportions dissoutes ;l’éther la dissout aussi.

Les dissolutions aqueuses dépotasse, de soude, d’am-moniaque dissolvent la santaline et la colorent enrouge violet. Une addition d’un acide faible en préci-pite la santaline sans altération. La dissolution alcoo-lique précipite en pourpre par le chlorure d’étain, enviolet par les sels de plomb, en écarlate par le bielilo-rurc de mercure, en violet foncé par le sulfate de fer,en rouge brun parle nitrate d’argent ; les sels d’alu-mine ne la précipitent que par leur eau de dissolution.

M. Preïsser a décomposé la santaline en divers prin-cipes, au nombre desquels il indique un composé cris-tallisable incolore qu’il regarde comme le principe actifde la santaline. Ce principe non azoté peut être isolépar le traitement au moyen de l'hydrogène sulfuré d’unelaque plombique obtenue par la solution de santaline.La matière colorable est dissoute dans L’éther et séparéepar l'évaporation. Cette matière se colore à Pair avecle contact des alcalis; elle prend une nuance très-viverouge pur.

10. Bois d’amarante (amaraniine).

On comprend sous le nom de bois d’amarante, boisviolet, etc., différentes sortes de bois d’ébénisterie ori-ginaires de l’Amérique méridionale et des Antilles ; onest encore dans la plus grande incertitude quant à l’es-pèce botanique et même à la lamille à laquelle ils appar-tiennent, M. Anuiudon a fait l'examen d’un grand nom-bre de ces bois dans le but de trouver quelques caractèresdistinctifs qui pussent en former un groupe purementchimique, que l’on désignerait sous le nom de boisd’amarante, et qui viendrait se ranger dans la série desbois de teinture. l)e ses minutieuses recherches il ré-sulte que les différents bois de ce groupe, notammentle pao Colorado , le bois violet de Cayenne , le peuple beat,le tanané, le palo morado, etc., contiennent tous unemême matière incolore susceptible de se transformersous l’influence de la lumière en une autre matière decouleur rouge pourpre.

La chaleur, avec ou sans le concours des acides quine font qu’accélérer le changement, conduit aux mêmesrésultats ; mais il paraît démontré que la matière colo-rable, susceptible de devenir colorée, passe à cet étatet devient rouge pourpre par une cause autre quel’oxydation.

Il semble résulter des recherches de M. Arnaudoncette conclusion, qu’il faudra peut-être généraliser,que cette cause doit être plutôt recherchée dans unemodification moléculaire des cléments préexistantsdans le bois que dans une absorption d'oxygène pris àl'extérieur, et que la matière colorable est en plus forteproportion dans les bois de ce groupe qui sont lesmoins colorés à l’intérieur.

Ce mémoire de M. Arnaudon est d’un grand intérêtpour les chimistes qui se livrent à l’étude des matièrestinctoriales. 11 peut offrir à l’art de la teinture desnuances nouvelles qui sont susceptibles de satisfaireaux caprices de la mode en introduisant dans les ate-liers une matière tinctoriale inconnue. C’est en consi-dération de ce vœu que nous avons placé le travail de