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TEINTURE
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potasse, après l’avoir mêlé de deux fois son poids desable ou de verre en poudre pour multiplier les sur-faces, il se dégage de l’acide carbonique en mCune temp.>qu’il se condense dans le récipient un liquide particu-lier, base des magnifiques couleurs rouges et violettesdont la chimie vient de doter l’art de la teinturo. Celiquide constitue l'am/i'ne, qu’on avait désignée succes-sivement sous les noms de cristnlline , de benzidame,d’a mide phéniffue, de njnnol , jusqu'à l’époque à laquelleJe nom d’aniline prévalut dans la science.
Jm/me.—Nous venons d’indiquer deux circonstancesdans lesquelles l’aniline prend naissance; clics sont très-variées, et nous croyons devoir en indiquer quelquesautre> parce qu’elles pourront peut-être un jour fourniraux besoins de l’industrie.
1 ° Ta nitrobenzine en dissolution alcoolique, saturéed’abord par de l’ammoniaque, puis par de l’hydrogènesulfuré, donne un dépôt de soufre et des aiguilles jaunescristallines à 0", qui par le repos se transforment enaniline ; on la dégage par l’ébullition. Chauffée sur de lachaux rouge, la benzine nitrique se transforme encoreen ce même liquide.
2° Le phénate d’ammoniaque, scellé dans un tube deverre pour être abandonné quinze jours dans un four àdes températures convenables, fournit de l’aniline.
3° Rungc et Hoffmann en ont constaté la présencedans l'huile de goudron.
4* Par la distillation de la salieylamide sur de lachaux vive, il se dégage de l'aniline, si la températuren'est pas trop élevée.
•j u Les espèces chlorées et bromées du genre Latine,de même que l'isatinc, mêlées à de la potasse et dis-tillées avec ménagement, fournissent de l’aniline.
Jusqu’en 1854, l’aniline n’était considérée quecomme une substance curieuse ; on ne la connaissaitguère que dans les laboratoires, l’industrie ne s’enpréoccupait en aucune façon tant son prix était élevé;cette situation dut changer quand on entrevit pourFin lustrio la possibilité d'en tirer parti. Grâce aux tra-vaux de MM. Renard frères et Franc, grâce aux recher-ches suivies de M. Béchamp , ainsi qu’aux travauxpratiques de M. Tabourin, la fabrication de l’anilineest aujourd'hui courante industriellement, et cettematière peut être livrée sous le prix de 20 à 25 fr. lekilogramme.
Voici la méthode proposée par M. Béchamp ; dansune cornue spacieuse on introduit une partie de nitro-benzinc, 1,2 de limaille de fer bien décapée, une partied’acide acétique concentré du commerce (vinaigre deMollerat) exempt d’acide minéral. La quantité d’acideacétique doit être telle que le fer y soit complètementimmergé; bientôt, sans chauffer, la réaction s’établitd’elle-mêmc ; elle devient excessivement vive, la tem-pérature s’élève, et le liquide entre en ébullition: onrefroidit le récipient, il se forme de l’aniline, de l'acé-tate d’aniline, et un peu de nitrobenzine qu’on recueilledans un récipient ajusté sur la cornue. Lorsque la cor-nue est refroidie, on ajoute ce qui s’est déjà volatilisé,puis on dLtille aux trois quarts. On verse dans la cor-nue un lait de chaux presque pâteux, puis on distilletant qu'il passe de l’aniline. Au produit distillé onajoute un excès d'une dissolution concentrée de potasse,ou de carbonate de smide, ou d’hydrate de chaux; l'a-niline hydratée se sépare et vient à la surface. En ajou-tant la nitrobenzine par petites portions à la fois, onmodère l'opération, qui est tellement régulière queMM. Renard frères et Franc, à Lyon , fabriquent ac-tuellement jusqu’à 100 kilog. d’aniline par jour.
La nitrobenzine se prépare avec la benzine retirée dugoudron. Les huiles légères de houille à 27 degrésdonnent à la distillation, entre 70 et 80 degrés, de 25à 30 p. 100 de benzine, qui fournit environ 90 p. 100
de nitrobenzine Dans ces bonnes conditions, l'anilinerentre à 20 fr. le kilog. ; on vend à Londres 25 fr. lekilog. d'aniline anglaise. I/industrie française produitdonc l'aniline au prix que M. Béchamp avait fixé.M. Rerkin, en Angleterre, régularisant Faction del’acide chromiquc sur l’aniline, a préparé le violetd’aniline que MM. Franc et Tabourin fabriquent, sousle nom d'indisine, sur une vaste échelle. MM. Renardfrères et Franc ont ouvert mie voie nouvelle d'appli-cation de l'aniline, en étudiant avec M. Vcrguin lamagnifique couleur rouge que l’aniline produit dansdes circonstances variées; on en tirera bientôt du bleu.
A l’état de pureté, l’aniline est un corps incolored'une densité de 1,028, doué d'une odeur aromatiqueforte et désagréable; peu soluble dans l’eau, elle semélange en toutes proportions avec l’alcool et l’éther.Le contact de l'air la colore en brun rouge brunâtre etfinit par la transformer en une résine jaunâtre. FJlebout à des températures qui ont été fixées entre 182et 228°; elle coagule l’albumine.
La solution des hypochlarites alcalins sc colore parl’aniline en bleu foncé violacé ; le chlorure de chauxproduit le même effet; la couleur est variable d'inten-sité, suivant la concentration du liquide. Cette couleurpasse au rouge sale au contact des acides.
L’aniline décompose les sels de peroxyde et de pro-toxyde de fer ; il se précipite des oxydes hydratés; elleprécipite aussi les sols de zinc et d’alumine. Elle pré-cipite encore les chlorures de mercure, de platine, de, oalladium et d’or. Les nitrates d’argent et de mercureîcsistent sans altération. L’aniline forme avec les acide ?des composés définis qui cristallisent dans l'alcoolet dans l’eau; les alcalis minéraux régénèrent ram-line inaltérée. Le chlore gazeux l.i noircit avec déga-gement il'acide chlorhydrique; nu bout de quelquesinstants tout le liquide ne forme plus qu’une masserésinoïde noire, 3 de l’acide phonique trichloré
lorsqu’on la soumet à la distillation.
L’acide nitrique étendu (fissout l’aniline sans l’ai-térer; il se forme «lu nitrate d’aniline qui rougit à l’air.Mais l’acide concentré fumant la transforme en unprincipe qui devient jaune, et finit par se transformeravec une réaction très-vive en acide picrique.
iiouf/e d'aniline. — Telles étaient les propriétés con -nues de l’aniline, lorsque M. Vcrguin, attaché commechimiste au laboratoire de MM. Renard frères de Lyon ,découvrit la transformation remarquable que ce corpssubit lorsqu'on le met en conta.t à la température del’ébullition avec le bicblorurc d’étain. Cette réaction del'aniline et du bichlorure d’étain est tellement tran-chée que, quelles que soient les proportions du mé-lange, on obtient touiours la magnifique colorationrouge-groseille qui caractérise la fuchsine. Elle seforme tout aussi bien en présence d’un excès du bichîo-rure d’étain que lorsqu’il y a de F aniline en excès. Onforme dans une marmite en fonte émaillée (de Logeâtfrères à Lyon ) un mélange de 8 kilogrammes d'anilineanglaise et de 4L5 de bichlorure d'étain (liqueur fu-mante «le Libavius ). Cette marmite est placée au-dessusd'un foyer mobile. On prépare le mélange à froid enajoutant le bichlorure par petites portions et agitantlégèrement sous une hotte dans laquelle on lance de lavapeur pour activer le tirage. On le laisse au reposune heure ou deux, puis on chauffe en agitant et main-tenant à l’ébullit'on durant le temps nécessaire audéveloppement de la nuance, c’est-à-dire environ 20 mi-nutes. On la juge en regardant par transparence latige de verre.qui sert d’agitateur. La masse, d’un rougevif intense et d'une consistance mielleuse, est aban-donnée quelques instants au refroidissement et couléedans des vases de grès pesés ; on en retire environ12 kilog.; on la livre au commerce sous le nom defuchsine. Elle doit ce nom, non pas à ce fait qu’en al-