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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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TEINTURE.

TEINTURE.

Cette dernière entre en ébullition à 290 degrés, puiselle distille sous forme de sirop, sans laisser de résidu.Aucun sel métallique ne la précipite, à l’exception dusous-acétate de plomb; ce sel fournit un précipitélourd, caséeux. Au contact de l’air et des alcalis, la so-lution aqueuse d’orcine brunit fortement. Au contactde l’ammoniaque, elle forme un produit coloré d’unenuance violette des plus riches ; c’est l’orcéinc, matièrecolorée des orseillcs.

Orcéine. — Tl faut, pour la formation de l’orcéine, leconcours simultané de l’air humide et de l’ammo-niaque ; l’ammoniaque seule est absorbée par l'orcinc,sans modification, puisque, par simple évaporation del’alcali volatil, Porcine reparaît avec ses propriétésprimitives, l’eau se borne à la dissoudre. L’oxygènesec est sans action sur elle. J1 n’en est ptus de mêmesous l’influence simultanée de ces trois agents. Il seforme d’abord de l’orcéine, puis de l'orce'inate d'ammo-niaque.

Pour exécuter cette transformation, on met Porcineen poudre dans une soucoupe à fond plat, qu’on placesur un verre à pied contenant de l’ammoniaque liquide,puis on recouvre le tout d’une cloche. Dans l’espacede 24 heures l’orcine prend une couleur brun foncé,elle finit par devenir violacée; elle se dissout alorsdans l’eau, qu’elle colore eu un magnifique violet.

L’orcéine se dissout dans l’ammoniaque à laquelleelle communique une couleur pensée très- riche, et dansles alcalis lixes avec une couleur rouge violacée. L’ad -dilion d’un acide sépare l’orcéine de ces dissolutions.Par distillation sèche, elle répand une odeur ammonia-cale ; ce qui prouve qu'elle est azotée. Les sels deplomb et d’argent déterminent dans la dissolutiond’orcéinate d’ammoniaque des précipités d’un rougenoirâtre foncé. Le sulfhydrate d’ammoniaque fait dis-paraître la couleur rouge de la dissolution ammonia-cale. La couleur rouge réparait au contact de l'air.

Les relations qui lient les compositions par les-quelles on représente la lécnnorine, Porcine et l’orcéine,sont des plus simples. Si l’on admet la formule

C 18 II 8 O 8

pour représenter la composition de la lécanorinc, l’é-quation

3 (HO), +C’ 9 H 8 0 3 ^C 16 II 8 OU 3 (HOJ-f-2 (CO : )rend parfaitement compte de sa transformation enorcine, et l’équation

C ie H 8 0 1 ,3(H0)-{-0 î ’o+AzH 3 =C 16 II ü Àz0 7 -f-6{H0)explique la formation de l’orcéine dans laquelle les troiséquivalents d’eau de Porcine sont entrés à titre nouveaupar un nouvel arrangement moléculaire.

Mais, si simples que soient ces calculs, il est vrai-semblable que les orseilles du commerce doivent leurspropriétés à des principes plus variés qui jouissent àdes degrés différents de la propriété de se décolorer àPair; nous allons le voir en cherchant à faire connaîtreles conditions dans lesquelles on a préparé les orseillessolides.

On a proposé, comme on l’a vu dans le t.II de ce Dic-tionnaire à l’article orseillk, pour faire l’orseille unmoyen très-simple, l'épuisement par Peau chaude etle tiaitement des dissolutions par l’ammoniaque commedans les anciennes méthodes. Ce procédé, breveté le3! octobre 1848 en faveur de M, Ch. Pommier , estdécrit de la manière suivante dans la description dubrevet et dans un certificat d’addition du 5 novembre4848.

« Ma méthode consiste à prendre à l’état brut unlichen tinctorial quelconque, même Porseille de terrede diverses provenances, I’épuiscr au moyen de Peaubouillante par des lavages successifs, et traiter simple-ment ces eaux de lavage par les moyens connus de la

fabrication (Porseille, c’est-à-dire par les alcalis, l’u-rine, la chaux, et, dans certains cas, par des additionsd’acides et de sels différents.

« Dans certains cas, je me réserve le droit d’épuiser,soit à chaud, soit à froid, les matières tinctoriales dési-gnées dans mon brevet, soit avec de l’urine, do Peaualcaline ou saturée de chaux.

« Après l’épuisement des lichens ou des orseilles deterre par Peau bouillante, l’urine ou l’eau alcaline sa-turée de chaux, je me réserve aussi le droit de filtrerces liquides ou de les laisser déposer pour les décanterensuite, afin de les débarrasser d’une matière étrangèreà celle coloraute et les mettre après cette opération enfabrication, comme je Pai décrit dans mon brevet.

« Je me réserve aussi le droit d’extraire la matièrecolorante des lichens ou des orseilles de terre désignésdans mon brevet, par la distillation, et la mettre en-suite en fabrication , après l’axoir débarrassée des ma-tières étrangères principalement résineuses. »

Le tribunal de la Seine , ne voyant dans ce procédéqu’une séparation préalable, a jugé que ce brevet deM. Ch. Pommier u’était qu'une contrefaçon de celuide Frezon dont nous croyons devoir exactement don -ner la description ; il est fâcheux qu’à cette époque lesintéressants travaux de M. Stenhouse n’aient pas étéplus connus en Franco ; le tribunal eût conclu tout au-trement.

M. Frezon agit sur la matière blanche détachée de lafibre ligneuse par frottement et macération ; il la main-tient en suspension dans Peau froide et se débarrassedu ligneux par une filtration grossière qui joue lerôle d’un véritable tamisage. L’eau qui retient en sus-pension la matière blanche, c'est-à-dire la matière utile,est soumise à l’influence d’un sel d’étain qui produit uneespèce d’encollage, et rassemble sous forme d’un préci-pité cette matière blanche qui, plus tard, se change enmatière colorable par l’action de Peau, do Pair et dol’ammoniaque. Nous le laisserons parler. .

Pour obtenir ce qu'il nomme orseille pure et univer-selle, pure, parce qu’elle ne contient aucun des corpsinutiles et nuisibles que reuferment les orseilles ducommerce, universelle , parce qu’elle s’emploie tell jqu’on la livre au consommateur, soit pour la teinture,soit pour l’impression et dans tous les genres, il dit :

« Pour fabriquer mon orseille pure, je me sers indis-tinctement de toutes espèces de lichens et de variolaires ;le travail étant le même pour toutes ces plantes, je neparlerai que des lichens. •

« Après avoir enlevé aux lichens les corps nuisi-bles à la fabrication, je les soumets à un lavage d’eausimple que j’exécute comme suit :

« Pour faire le lavage des lichens je me sers de troisbarques en bois, n oS 1, 2 et 3, je les remplis d’eaujusqu’à hauteur convenable pour pouvoir y mettre leslichens que je veux laver et pouvoir les brasser.

« En supposant que les barques dont'je veux meservir soient assez grandes pour contenir chacune33 kil. de lichens, je dispose d’une partie de lichens dupoids de 100 kil. que je divise en trois parties égales.J'en prends une première portion que je mets dans labarque n° 1, et je la brasse à peu près pendant 20minutes soit avec une fourche ou un bâton, puis je laretire dans un panier que je place sur l’un des bouts dela barque pour que l’eau qui s’en égoutte tombe de-dans ; de là je la mets dans la barque n° 2, dans la-quelle je la brasse aussi longtemps, et je prends lesmêmes précautions pour la retii*er; ensuite je latransporte dans la barque n° 3, et après avoir été bras-sée comme dans les précédentes barques je la lève dansle panier, et quand elle est assez égouttée je la metsdans une grande cuve en bois blanc; je fuis suivre auxdeux autres portions de la même partie la même mar-che que j’ai suivie pour la première, et je réunis tous